dimanche 20 mars 2011

Pourquoi j'aime la nuit et pourquoi la nuit m'aime

Je roulais cours de la Marne et puis mon vélo a déraillé. 
Un jeune homme pas pressé parce que c'était la nuit m'a gentiment aidée à remettre la chaîne dans les crans de la roue. 
Merci à lui et désolée de ne pas t'avoir, secourable inconnu, proposé un mouchoir pour t'essuyer les mains. 
Que la nuit et la vie te soient douces !

samedi 19 mars 2011

à Télérama, ils découvrent la vraie vie et ça les indigne drôlement

J'ai lu un article fort intéressant dans Télérama (on est abonnés parce que ça reste un programme de télé moins abruti que les autres, mais parfois, faut quand même se les faire...).

Nos amis de Télérama découvrent un truc horrible : les jeunes, avant d'avoir un appart, ils galèrent des fois drôlement longtemps, des fois même des années, tellement c'est compliqué d'avoir un appartement quand on n'a pas de salaire qui tombe ric rac tous les mois et comme le côté « ric rac tous les mois » s'amenuise pour pas dire qu'il tend à disparaître... 

Dans la série, je propose aussi : Putain, en ce moment, comment c'est dur de trouver du boulot avec un salaire décent, ou bien : En France, t'as pas intérêt à dépasser les 35 ans parce que Soleil vert, c'est presque pour tout de suite maintenant ou bien Oh non, c'est trop bizarre, plus il y a de CDD, plus il y a de précarité !

Je crois que j'ai mauvais caractère, parce qu'encore une fois, je vais le dire : la situation n'a rien de nouveau. Je crois que tout le monde dans ma génération (la fameuse génération X spécialiste des mac jobs), enfin je veux parler des gens normaux qui ont eu des parcours juste de base, a connu :
1/ le chômage en sortant de l'école (par chez nous, certains ne pouvaient même pas aller en fac alors qu'ils avaient suivi une voie générale avec à la clé un bac littéraire, c'est-à-dire peau de balle sur le fameux marché de l'emploi), 
2/ les galères de logement. 

Ce qui une fois de plus me troue le cul, c'est comment tout le monde a l'air de découvrir cette réalité-là, comme si d'un seul coup ça devenait crucial de la regarder en face. Comme si d'un seul coup, c'était un problème collectif et sociologik aux données macroéconomiks et pas les petites emmerdes sans intérêt d'une petite bande de minables trous du cul.

Je vais reprendre mon sempiternel couplet : peut-être que le sort des bac + 5 issus des classes moyennes intéresse plus les lecteurs de Télérama, eux-mêmes issus de ces classes ? 

Alors que nous, on était des grosses feignasses mal formées et mal orientées (et tout ça à cause de notre incurie native et désespérante pour tout lecteur de Télérama épris des Lumières et ouvert sur le monde souffrant qui l'entoure), voilà-t-il pas que leurs enfants bien éduqués et parfaitement dans leurs droits d'obtenir la belle situation qui leur échoit se retrouvent dans une belle merde, la belle merde que leurs parents leur ont préparée et que nous avons boulottée en silence pendant des années. Mais où va-t-on, je vous le demande ?

jeudi 17 mars 2011

temps de merde + temps de merde = faut hiberner !

En ville, les bourgeons font rien qu'à tendre leurs petits bras musclés aux passants et certains arbres ont déjà explosé sur les placettes bordelaises. 

Snoopy content printemps, etc.

Hier soir, concert de choeur d'enfants : ça a un côté sublime qui met un peu mal à l'aise, surtout dans une église. Surtout, surtout, on sait que ces voix ne vont pas tarder à muer et ces enfants bientôt tellement grandir qu'on ne les reconnaîtra plus sous leurs boutons d'acné et leurs airs bravaches...

lundi 14 mars 2011

books, books, books, books, books, books, books, books, books, books !

Je me suis remise à lire, et ça fait du bien de récupérer ses facultés intactes. Parce que c'est pas pour dire, mais le travail à haute dose, ça lamine les neurones, et les gens qui le prônent devraient un peu s'appliquer l'ordonnance à eux-mêmes.

Derniers livres fort intéressants (un peu marre de dire des méchancetés, par moments) : Quelque chose à te dire, Hanif Kureishi + De la beauté, Zadie Smith.

Ni l'un ni l'autre ne sont des nouveautés, mais je n'ai jamais dit non plus que je tenais un blog de critik littéraire. 

La dernière fois qu'on est allés dans notre favorite librairie, on était bien contents de ressortir de là avec des livres appétissants, un peu comme des gamins qui auraient explosé la vitrine du marchand de bonbecs (on a juste un peu fait chauffer la CB et ce n'est pas trop le moment, mais on ne peut pas non plus vivre que dans la crainte que le banquier nous tombe dessus avec sa vision du monde).

Une pensée pour les Japonais, ça ne va pas leur changer la vie, mais bon...

jeudi 10 mars 2011

Je n'achète pas d'écrivains français, mais on me prête leurs livres

Ma belle-mère, qui a une bibliothèque bien garnie, achète régulièrement des livres et lorsque je vais chez elle, je fouine toujours dans l'étagère des nouveautés (elle est bibliothécaire et elle range bien ses livres, faut reconnaître, c'est pratik).

La dernière fois qu'on est allés la voir, elle m'a donc prêté Les années cannibales, de Christine Arnothy. 

Je ne sais pas si vous voyez qui c'est, elle a écrit J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir, qui fut un gros succès apparemment. Je dois reconnaître que je n'ai pas lu cette œuvre majeure de cet écrivain génial. 

Mais je me suis tapé Les années cannibales, sobrement sous-titrées autobiographie. Je suis curieuse et comme je ne lis pas la presse people, il faut que je satisfasse mon petit côté voyeur. 

Ordonc, on apprend que la dame est ravissante, belle, cultivée, génialissime (c'est elle qui écrit le bouquin, elle se connaît mieux que personne), issue d'une magnifique famille de nobles qui ont connu bien des vicissitudes (intéressantes et dignes d'être racontées, cela va sans dire), qu'elle a produit une œuvre majeure et pléthorik. 

Elle a aussi, n'en jetez plus la cour est pleine, une histoire familiale assez compliquée (elle aussi digne d'être racontée, je ne vais pas non plus tout vous répéter), et surtout elle affronte tout cela avec son incroyable intelligence/fermeté/génie/beauté/noblesse.

Bref, si vous avez envie de bien vous fendre la pipe en compagnie d'un génie des alpages de gauche, foncez ! 

Vous apprendrez tout de même au passage deux trois choses intéressantes sur la vie de la presse parisienne, l'intéressante et géniale Christine ayant vécu avec le patron du Parisien libéré

Ah oui, juste pour la déconne, le livre contient entre autres fautes typo vénielles mais relativement surprenantes pour un livre portant la griffe Fayard, une énorme faute, celui qui la trouve gagne un Carambar !

Étonnements dilettantes et amateurs

One - « The'll give U medals, if U specialize », chante Marilyn et tout le monde pense qu'elle est idiote.

Mais, mais, mais remarquez à quel point le diplôme et le brevet d'exercer satisfont on ne sait quel instinct bien français, qui aime, ne nous le cachons pas, à estampiller, cloisonner et distribuer des médailles lors de divers comices (ça faisait marrer Flaubert, passons...).

Et donc, si tu veux faire toubib, fais l'école (là, je dirais, je préfère que tu la fasses, y'a tout de même des tas de trucs que j'aimerais mieux que tu n'ignores pas, comme ne pas confondre le péroné et le tibia, le foie et les poumons, tout de même). 

Mais pour ce qui est de l'artisserie, faut m'expliquer pourquoi les artisses qui vont dans les zécoles et ont des 'plômes sont plus des zartisses que les autres.

Ils ont une fonction, ils la remplissent, c'est plutôt chouette, mais je ne vois pas pourquoi ils regardent de haut les amateurs et dilettantes. J'ai quelques artisses dans mes connaissances et ma famille et cette circonstance m'a toujours frappée. 

Faire l'artisse, ce ne serait pas produire ou faire, mais être reconnu comme tel par une institution, ses pairs ou un diplôme ?

Les artisses officiels ont un certain mépris pour ceux qui se mêlent d'artisserie sans demander de 'plôme (mettons qu'ils partent du principe que l'art est un truc qui appartient à tout le monde et que si tu te sens artisse, ben t'as qu'à faire des écrivures, des dessins, des photos).

Le Net et les blogs permettent aux artisses non officiels de faire leur petite sauce (ce qui les meut, je dirais si je n'avais pas peur des grands mots qui tachent un peu, c'est donc de faire, et d'être vu ou lu, car un artisse qui artisse tout seul dans son coin, c'est juste de la sale manie, on est bien d'accord). 

Mais même dans cet espace qui se réclame libre et ouvert, on sent bien qu'il y a les ceusses qui se reconnaissent entre eux et eux-mêmes comme ayant le droit à la parole (par la sainte grâce d'un diplôme, certificat, brevet, etc.) et les autres. 

Two - Je suis un peu gonflée en ce moment par certains écrivains qui nous abreuvent de leur vie leurs malheurs et qui fonctionnent un peu en vase hermétique.  

Extasions-nous pour la millième fois sur les si intéressantes circonvolutions de fond de crâne de Machin ou Machine, ça fait juste un demi-siècle qu'ils tiennent le crachoir et nous bassinent et rebassinent. 

Ces derniers temps, on donne dans le frère ou la sœur morts. Ils vous expliqueront avec tout leur savoir-faire et leur infinie légitimité ce qu'il convient de ressentir, vous prouveront une fois encore qu'ils sont dotés d'une sensibilité hors du commun et vous les retrouverez sur toutes les ondes qui prétendent vous cultiver l'intérieur de la cervelle.

Si une postière ou une ouvrière s'avise de prendre la plume pour raconter qu'elle aussi a perdu une sœur et elle aussi a ressenti... (ici, tu peux compléter, amie postière ou ouvrière, je me garderai bien de parler en ton nom, démerde-toi !), les mêmes brameront qu'il ne s'agit pas de littérature, que les émois d'une provinciale (montés à la capitale pour en décrocher les lauriers, ils ne snoberont jamais assez ceux qui leur ressemblent pour leur faire accroire qu'ils sont au-dessus du lot, par essence, par artisserie innée) aux extractions douteuses n'intéressent personne.

Je les chope parfois dans leurs péroraisons sur les ondes et en général, je coupe le son. Et, pour garder mon sérieux, tout en riant du monde qui m'entoure et que je suis parfois comme tout le monde bien obligée de subir, j'achète tout, absolument tout, sauf des livres écrits par des écrivains français.

The logical Song - Supertramp with composer Roger Hodgson.

mercredi 9 mars 2011

À monsieur Lagerfeld

Vous prêtez votre image et votre humour ravageur à une publicité pour une voiture (décalé, décalé, j'adore !) qui cause très mal français. 
Votre hauteur modistik s'encombre certes peu de ces détails mais comme par ailleurs vous vous la pétez  plutôt grave dans le genre dandy, je tenais tout de même à vous le signaler. 
On ne dit pas, même dans des endroits que vous ne fréquenteriez pas, même armé d'un gros appareil photo qui ressemble à une mitraillette, on ne dit pas donc : « rarement des équipements n'auront eu autant d'allure » mais « rarement des équipements auront eu autant d'allure ».

La vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais il y en a qui charrient

Lors d'un stage, on a évalué mon « tact » et ma « discrétion ». Je dois dire que je n'ai pas eu une très bonne note. Sans doute parce que j'avais dit ma façon de penser. 
Lors de ce même stage, on m'a parlé comme si j'avais 3 ans et pas beaucoup de facultés intellectuelles. Et des débiles moyens épargnés par la vie et n'ayant rien fait d'autre qu'encaisser les dividendes des Trente Glorieuses se sont permis de nous expliquer la vie. Marrant.

Il y a aussi les gens à qui vous envoyez des CV et qui se permettent de ne pas vous répondre (la politesse devient une perte de temps, la prochaine fois, ils bousculeront une vieille dame et enculeront un cycliste, aussi bien).

Et enfin, à vélo par les temps qui courent, faut drôlement de courage. Certains automobilistes n'hésitent pas à faire rugir leur gros moteur sur ton pneu arrière et s'inquiètent si par malheur tu manifestes ton mécontentement de façon un peu virulente. Car l'automobiliste peut et doit faire rugir son gros moteur, tandis que le cycliste (d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une cycliste) doit fermer sa gueule et péter de trouille en silence.

Malheur aux récalcitrants et aux agacés, gloire aux péteux et aux imbéciles (relire  La Conjuration des imbéciles, tiens, au passage) !

Pour madame Lagarde

Comme vous étiez compassionnelle et intéressante aujourd'hui à la télé, et concernée et drôlement concentrée aussi.

Levez le pied et éteignez la clim, que vous préconisiez aux gros mongoliens qui vous servent d'administrés, afin que nous réduisions nos factures d'essence.

De même, avec compassion, concentration et tout ce qu'il faut, je me penche vers votre long long cou et vous conseille de calculer combien coûtent un avion présidentiel et certaines retraites, certains abus, certaines prévarications, certains avantages et certains privilèges à notre République à tous, et je vous recommande vivement de vous trouver d'autres croisades, moins ridicules et moins bouffonnes.

Cordialement !

Faut de la patience...

Je consulte dans ma boîte mail les annonces qui correspondent à mes critères de recherche.

Je clique sur le lien dans l'une d'entre elles, et je me retrouve connectée au site de Pôle Emploi pour postuler. Après avoir rentré mes codes, j'accède à l'annonce et remplis ou coche les cases comme demandé. J'ai oublié de cocher une case et la machine ne me le fait pas dire. 

Au moment où je vais valider mon formulaire de postulation, la machine me déconnecte brutalement. Elle s'excuse mais c'est comme ça. 

Plus qu'à tout refaire.

J'imprime l'annonce pour recommencer plus tard directement à partir du site. Je réitère toute la manœuvre depuis le début, clique, coche, remplis mais la machine est encore plus enrhumée que tout à l'heure et me déconnecte encore plus tôt. 

Je pue le pâté ou bien ?

Je vais attendre un peu. Peut-être que la machine aura moins d'accrocs plus tard dans la journée ?

16 heures : Toujours fâchée, la machine...  Bon, j'irai demain à l'agence avec mon petit numéro d'annonce voir si c'est possible de machiner sans la machine... ou je retenterai peut-être le 3949, selon mon humeur...

vendredi 25 février 2011

Arrête de sourire comme ça, tu vas faire peur aux poissons rouges !

Entendu ce matin à la radio, sur France Inter, dans Comme on nous parle : sourire commercial = ruine de l'âme. Ça mènerait même à la dépression ! 

Je repense à mon ancienne Chef, cette grosse malade  ignare, inculte et mal éduquée, qui aiguisait son sourire et vous le jetait comme un pavé dans la gueule et j'espère, je souhaite, je prie pour qu'elle se tape une méga dépression, qu'elle en crève, de son sourire de hyène et de la bêtise qu'elle exsudait en continu. 

Quant à se ruiner l'âme, elle n'en a pas, juste une façade humaine à peine présentable et qui ne trompe personne. Elle a beau se prendre pour une cador, et  saouler tout le monde avec ses rodomontades, c'est juste une pauvre fille qui ne se rend même pas compte qu'on la prend pour ce qu'elle est : une imbécile en plein surplace.

Au cul les Velrans !!

Et sinon, est-ce que Madame Servan-Schreiber pourrait arrêter de nous prendre pour des chétifs du ciboulot, avec ses conseils qui enfoncent les portes ouvertes, y'en a vraiment qui doutent de rien ! 

Quand on pense à tous ces arbres qu'on abat !

Elle était hier soir sur le plateau de Canal et elle se la pétait grave à regarder tout le monde de haut avec sa Compréhension des Choses de la Vie, une Vraie Plaie ! En plus le titre : 3 kifs par jour, vraiment, fallait le trouver ! 

Demain, je réinvente la roue et je fais un bouquin en vente dans toutes les bonnes librairies pour vous expliquer comment c'est trop pratique pour se déplacer... [Rires]

Quelques idées de bouquins qui devraient se vendre : Encore plus fort : 4 kifs par heure !- Dormir pour se reposer - Se reposer pour ne pas s'endormir en pleine réunion avant d'aller acheter des chaussures - Acheter des chaussures, ça le fait juste trop grave - J'achète des chaussures et je suis juste trop trop contente de kiffer grave - Je kiffe mes chaussures 3 fois par jour - Demain, je triple le kif de mes chaussures - Je me fais greffer une troisième jambe pour acheter encore plus de chaussures - Si je meurs, je veux qu'on m'enterre dans un magasin de chaussures - Le train kiffera 3 fois...

C'est tout, vous pouvez fumer !

Muppet Show. Kermit and Robin - Octopus' Garden (s3e12)

jeudi 24 février 2011

Madonna - Into The Groove



Danser, surlookés, dans des lieux enfumés
sur des airs syncopés
en attendant que la nuit
finisse par devenir l'aube
et attraper un taxi ou un camion-poubelle
et rentrer aux heures hindoues
ravagés délatés et gavés de décibels

mercredi 16 février 2011

De la distraction appliquée

Je regardais un feuilleton policier anglais bien flippant avec option psychopathe tueur d'enfant. Pourquoi je regarde des trucs pareils ? J'arrête demain. Je me faisais un peu chier entre le flic dur à cuire et l'angoisse ambiante, alors je me suis laissé distraire par les hauts de placard dans la cuisine de la mère du gosse assassiné. 

Et j'ai ri ! Dès que le plan changeait et que la caméra revenait après une absence sur la cuisine, le haut du placard était différent. On a eu le droit à des vases bien rangés, à un empilement de trucs et de bidules pas identifiables. Je ne mens pas : trois plans, trois hauts de placard différents.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais mes hauts de placards sont remarquablement peu évolutifs, j'y stocke les trucs qui bougent le moins dans ma cuisine, et en général, comme je suis une personne ordonnée parce que feignante (horreur de chercher les trucs, alors je préfère les ranger), mes hauts de placards sont d'une grande immuabilité dans le rangement.

Ben, la dame du feuilleton, son gosse était mort, alors elle passait son temps à changer ses hauts de placard, à déplacer des vases... Que la nature humaine est surprenante et les feuilletons anglais parfois un peu faits à l'arrache...

mardi 15 février 2011

De la distraction

─ J'ai cette malformation, docteur, depuis toute petite. Je suis dans la lune, à l'ouest de l'ouest, je capte aux grillons...
─ Pardon ?
─ Je suis distraite, quoi ! Je ne fixe pas mon attention sur certaines choses, je me laisse distraire facilement par des insignifiances. À l'école, je regardais par la fenêtre les moineaux voleter et ça m'occupait considérablement. Hier, j'ai cherché une chaussette pendant des heures. C'est grave, docteur ?
─ Très. Vous nuisez à l'efficacité du schéma global tendu vers une productivité constante et perpétuelle. Vous me prendrez trois cachets de ci et douze pilules de ça par jour.
─ Le problème, c'est que je vais certainement oublier...

lundi 14 février 2011

Le monde entier est un cactus !

Dans une dynamique travaillistik de haute tenue, tu t'es rendue en vélo, profitant de la clémence des cieux, à Pôle Emploi pour demander un rendez-vous à ton conseiller, histoire d'accélérer un peu les choses. Car tu souhaites vivement valoriser tes nouvelles compétences sur le marché du travail. Ayant discuté de cette perspective pleine d'avenir avec des professionnels de la profession, ceux-ci t'ont recommandé de suivre une formation complémentaire sur les normes HACCP, afin d'alourdir un peu ton CV et de le rendre un peu plus convaincant.

Tu arrives à Pôle Emploi et tu constates avec satisfaction que le psychopathe n'est pas au guichet. Alors tu prends ta place dans la file d'attente et tu attends. Début d'après-midi, tranquille, pas trop de monde (une vingtaine de personnes). Lorsque ton tour arrive, la dame t'apprend que tu n'es pas au bon guichet, qu'il faut que tu refasses la queue à l'autre guichet, pour voir son collègue. 

Tu changes de file d'attente et tu réattends (le chômeur est patient et disponible et pratique certainement la méditation zen). Devant toi, des dossiers épineux qui mobilisent au minimum trois agents (le papier machin est envoyé par l'Afpa, mais en fait non, il ne devrait pas, alors là, il faut en référer au directeur). Et puis le gars devant, il veut un dossier mais en fait, non, il l'a déjà rempli, lui fait remarquer de façon relativement peu aimable le préposé aux destins des chômeurs.

Ton tour arrive et tu réexpliques ton cas : tu souhaites prendre rendez-vous avec ton conseiller référent pour éventuellement compléter ta formation. Le préposé tapote des trucs sur son ordi et t'annonce finalement qu'il va aller voir en vrai ton conseiller référent, qui est en entretien dans son bureau. 

Et ne pourra pas t'envoyer de convocation à un entretien avant un mois.

Moi je dis, les mecs, bougez-vous le cul, si vos conditions de travail sont si pénibles, râlez contre Pôle Emploi mais arrêtez de nous traiter comme des merdes qui vous dérangent, vous assaillent et vous compliquent la vie.

J'ai cherché et trouvé moi-même la formation qui me convenait, je suis autonome, je demande juste à mon conseiller référent de me recevoir pour signer les papiers et les formulaires et à chaque fois, j'ai l'impression que je lui pourris la vie, ça commence vraiment à me fatiguer. 

Heureusement que je suis en pleine forme et que j'ai bon moral. Parce que si le chômeur se décourage, on lui reproche son manque de réactivité et d'enthousiasme qui l'a mené à sa ruine.

Et sinon, en sortant de là, un blaireau m'a pratiquement roulé dessus avec sa caisse pourrie parce que je n'allais pas assez vite (mon vélo n'a pas de moteur et je ne vais pas me tuer les mollets pour un sale con assis dans sa bagnole qui trouve malin de foutre la pression à un cycliste). Et m'a fait un doigt d'honneur avec un air bien content de lui parce que je manifestais mon mécontentement de façon bien sentie. 

Sans compter l'abruti qui trouve malin de claquer sa porte et qui nous a concassé les oreilles ce dimanche et ce matin.

Où est le pays des Barbapapa et des Bisounours, j'aimerais bien aller y prendre un peu de vacances, ça me reposerait un peu des toutes ces brutes mal embouchées et mal éducaillées ?

Tu t'acharnes à te réinscrire

Tu as pris ta douche, tu as fumé quelques clopes (les chômeurs, ça dépense ses sous n'importe comment, au lieu de s'acheter des biftecks et des actions), tu te saisis de ton combiné et tu composes le 3949.

La Voix est toujours aussi pimpante, ça rafraîchit drôlement le conduit auditif.

La Voix te demande encore des codes, tu composes sur ton clavier téléphonik ton numéro de département, puis tu lui sussures « Inscription » parce que maintenant, tu le connais, le mot clé de la rubrique qui t'intéresse (tu es une vraie pro, hé hé !), tu saisis les 7 chiffres de ton numéro identifiant. Tu attends un petit moment avec dans ton noreille de la musak. Ensuite, une dame décroche et te donne son nom, mais tu ne comprends rien parce qu'elle bouffe la moitié des mots (genre « Charbovary » ou un truc du style). 

Tu lui annonces, toute fière d'être arrivée sans encombre à bon port, que tu souhaites te réinscrire et que tu n'as pas pu le faire sur le site Internet (parce qu'en général, quand tu finis, après avoir tapoté maintes touches de ton combiné téléphonik, coché des croix et décliné tous tes codes, par obtenir un être humain au téléphone, le premier truc qu'il te dit, c'est que tu aurais pu te connecter au site Internet au lieu de chercher à entrer en communication avec lui).

Et là, ça part en vrille direct : déjà la dame est bien agacée que tu n'aies pas utilisé le site Internet (tu viens de lui expliquer que tu avais essayé mais que ça n'a pas marché). 

Puis elle est toute désolée de t'apprendre que tu es sur une ligne Employeur, alors que ce n'est pas du tout là que tu devrais être, non mais qu'est-ce que tu crois ? « Vous devez dire "Inscription" », qu'elle te reproche, avec dans la voix, une trace de beaufitude de base qui caractérise les connasses de son acabit. Tu rétorques qu'il doit y avoir un problème dans l'acheminement des chômeurs, que tu as juste suivi les consignes de la Voix et que l'aiguillage est sans doute défectueux. Elle répète, pinçant certainement ses lèvres finement ourlées en cul de poule : « Vous devez dire "Inscription" ! » Tu t'agaces, tu lui rérépètes que oui, tu as bien compris le problème qu'elle a, mais comment faire ? 

Et là, elle a une idée de génie : « Je vais raccrocher, et vous direz "Inscription" ! », qu'elle caquète, d'un ton vraiment mal embouché. Et elle raccroche ! Même pas elle essaie de te connecter avec la ligne d'un de ses collègues, ni rien, elle raccroche, cette pouffe !

Tu rappelles et tu tombes, un peu échaudée (si quelqu'un te dit encore de façon malpolie que tu es tombée sur la ligne Employeur, tu te transformes en onde téléphonik et tu lui bouffes l'oreille), sur une sympathik nana qui t'explique tout comme il faut, et même pourquoi tu n'as pas pu te réinscrire sur le site (ton compte n'avait pas été modifié et tu étais toujours considérée comme en formation), qui a une jolie voix et qui ne te prend pas le chou.

Pôle Emploi, ton nom est grand et je suis toute petite !

Ne pas réagir à chaud, qu'ils disaient...

Tu as reçu un courrier de Pôle Emploi t'indiquant qu'à l'issue de ton stage, il faudrait que tu te réinscrives dans les 5 jours suivant la fin de ta formation.

Ce matin, alerte et munie de chaussettes (ça rime et ça tient chaud), tu te rues sur ton clavier pour aller sur le site www indiqué dans le courrier. 

On ne sait jamais, si tu laisses passer la date fatidik, il pourrait t'arriver tout un tas de bricoles. 

Tu préfères anticiper aussi : des fois, les démarches, ça a l'air simple, mais si tu t'y prends au dernier moment, tu t'en mords les doigts, il faut toujours prévoir les impondérables et les ratés de la machine.

Tu te connectes au site en question. Ils ont passé le week-end à le maintenir, tu te dis que tu vas drôlement y gagner en clarté et en facilité de balade dans les différentes rubriques (le gars qui a conçu le site est un gros marrant, il aime perdre les gens en route et te faire cliquer sur mille machins avant de te dévoiler, alors que tu es au bord de l'apoplexie, la fameuse rubrique qui t'intéresse et que tu as oublié de noter comment tu avais fait la dernière fois pour y accéder).

Ah ! Contente ! Sur la première page, tu trouves direct la rubrique qui t'intéresse. Tu cliques et tu rentres des codes comme la machine te demande. Que se passe-t-il après ? Rien. 

Tu réitère, tu persistes, tu codes à tout va, les doigts agiles sur le clavier. Que se passe-t-il ? Nibe de nibe. 

Tu parcours le site, ouvre la FAQ (qui te recommande de faire exactement ce que tu viens de t'user les mirettes et les doigts à faire et refaire), télécharges un document bien présenté sur lequel une accorte jouvencelle rit de toutes ses dents du plaisir qu'elle a de se réinscrire tellement c'est trop facile. Tu es contente pour elle mais ça ne fait pas trop avancer tes affaires, vu que le document se contente de te redire ce que tu as déjà lu dans la FAQ. 

Tu changes de tactik. 

Tu téléphones au 3949. Tu es connecté à une Voix  pimpante et électronik qui te demande de lui causer. Tu  beugles « Inscription » (heureusement, tu es seule dans ta maison, sinon, tu pourrais passer pour une gogole). Après t'avoir bien baladé dans tous les tuyaux de sa petite maison, la Voix t'informe que tu peux raccrocher, qu'il faudra que tu rappelles à 9 heures, que le service est fermé. Tu aurais dû t'en douter, aussi. 

Paradoxalement, ce service qui te réclame des flexibilités démentes et des horaires de taré fonctionne selon des horaires super normaux, pauvre hère que tu es de l'avoir oublié et d'avoir raqué pour qu'une machine bien aimable te remette la mémoire à niveau.

Il te reste un peu plus d'une heure pour formaliser ta demande de façon intelligible et concise, tu vas t'entraîner et préparer ton laïus (comment expliquer que tu es allée sur le site, que ça marche pas , sachant que la personne au bout du fil est persuadée d'avoir affaire à quelqu'un qui ne sait pas utiliser un ordinateur et qu'elle t'embrouille du fait de sa propre incapacité informatik ?). 

La dernière fois, rien que pour que ton interlocutrice  accepte de tenter de comprendre ta question, la communication téléphonik avait duré 5 bonnes minutes. Et quand la dame au bout du fil avait enfin compris, après avoir tenté de t'aiguiller vers tout un tas de trucs dont tu n'avais strictement rien à secouer,  histoire de se débarrasser vite fait de toi, elle avait eu l'air de te reprocher des problèmes majeurs de communication.

Si l'approche téléphonik ne marche pas, il faudra te résoudre à te déplacer jusqu'à l'agence où un agent d'accueil mal luné sévit au guichet. Tu sais qu'il est plutôt du matin, alors tu te dis que tu iras plutôt en tout début d'après-midi, car tu ne souhaites pas servir de défouloir à ce pauvre type. 

Il peut être surmené, stressé, agressé, tu t'en fous, tu refuses de compatir : il touche un salaire et pas toi. 

C'est un incompétent mal élevé et on sent qu'il a bien compris la leçon : les chômeurs sont des losers et méritent ce qui leur arrive. Rien que d'aller dans cette agence, tu te sens devenir clocharde et les escarres te poussent.

Certains matins, la machine et les crétins qui la font prospérer te fatiguent.

Big Brother te demande de donner ton numéro de portable !

Lu ça ce matin.

Il a l'air vachement normal et inséré, le gars, limite flippant, et pourtant...

rhâh lovely !

L'enfant est parti s'aérer, alors on se laisse aller à nos bas instincts de grosses loches.

C'est délicieux !

C'est fou comme d'élever un petit est prenant (« full time job », dirait mon beau-père), intéressant, stressant, agaçant, mais surtout fatiguant.

C'est que ça a de l'énergie à revendre, des tas de questions à poser, des tas de trucs à dire (qu'on médite au passage), des chaussures qui font du bruit, un gosier chantonnant, une propension effarouchante à semer le bordel dans le nid... 

Et ça n'aime pas ci et ça vous regarde comme des vieux cons (ça commence de + en + tôt), ça cause d'une manière !, ça vous bouffe, ça vous pompe, ça vous prend le chou, ça vous fait des bisous, ça rigole, ça danse, ça se cogne dans les meubles (« Je t'avais dit de faire gaffe ! »), ça se fait des bobos et ça hurle quand on veut mettre du pschitt désinfectant, ça aime des drôles de trucs, ça fait nananinanère avec ses cheveux, c'est marrant et ça grandit des pieds tout le temps.

Et même quand c'est pas là, ça prend une de ces places...

dimanche 13 février 2011

La nuit, tous les chats sont gris

Fumant ma clope, j'ai vu ce chat gris marchant précautionneusement sur l'herbe froide, s'arrêtant de temps en temps pour compisser les murs blancs et puis reprenant sa petite balade matinale (j'ai failli mettre « vespérale » mais j'ai vérifié dans le dico, ça veut dire « du soir »).
Comme je ne veux pas imposer à un chat de vivre sans jardin, je ne pourrai plus les regarder que de loin, ça me manque, la cohabitation avec un félidé gracieux.  
Nekka, où que tu sois, je te salue.

samedi 12 février 2011

Fin de formation, retour sur le marché des esclaves (2)

Il  paraît que dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, ils ont du mal à recruter.

Deux questions : 

1/ Est-ce que ça ne serait pas un peu lié par hasard aux conditions de travail (patrons atrabilaires, voire psychopathes, et formation à grands coups de pompe dans le cul, entre autres) ?

2/ Est-ce que ça ne serait pas un peu lié par hasard aux conditions de travail (salaires merdiques, protection sociale pleine de trous et exigences sans fin) ?

Tous les ans, dans ce secteur, des tas de postes ne trouvent pas preneur. Ces chômeurs, c'est vraiment des feignasses !

Je le dis bien clairement : j'ai déjà donné, je ne suis pas volontaire pour les travaux forcés.

Mais comme je suis chômiste de longue durée et que mon indemnisation prend fin pas plus tard que tout de suite maintenant, sûr que les gentils organisateurs de Pôle Emploi vont me proposer de super offres et que si j'en refuse une, je me ferai drôlement engueuler, bouh !

Reconversions envisageables : plante verte, éponge, caillou...

Je vais chercher encore, je vais bien finir par trouver un truc où on n'est pas obligé de résoudre la quadrature du cercle tous les matins dès le réveil.

Faire partie de la génération X, c'est vraiment un sport extrême de compète. 

Vous me direz, ça maintient en forme...

Fin de formation, retour sur le marché des esclaves (1)

Dans pas longtemps, je vais devoir retrouver (plutôt fissa si je ne veux pas faire pleurer mon bailleur de logement et mon épicier et déprimer mon frigo) du travail.

J'ai tout bien fait comme on m'a dit (dans les grandes lignes, disons), reconverti mes compétences sur un métier en tension (si), assisté à tous les cours, pris des notes.  Je bosse en ce moment sur mon dossier de fin de formation pour qu'on me délivre le diplôme de niveau V (niveau CAP) qui me permettra de réintégrer le front haut et les bras tout prêts à mouliner le marché de le travail.

Et comme d'hab', j'en entends des vertes et des pas mûres (mais qu'est-ce que vous avez, les gens, des fois ?).

Il y a d'abord les ceusses qui me promettent la malemort. 

Je commence à être habituée, à force une sorte de champ protecteur se construit doucement autour de ma carcasse, désinsensibilisant certaines parties de mes facultés auditives aux moments opportuns : tu commences à seriner des machins zarbs et je débranche mes noreilles. Tout le monde gagne du temps. Et le temps c'est de l'argent, comme dirait Onc'Picsou.

Ils m'assurent, d'un air pénétré, que si je ne veux pas me tuer à la tâche je ne trouverai pas de boulot car patati patata. Ils m'indiquent des orientations chiantes comme la mort que rien que de s'entendre causer, ils s'ennuient eux-mêmes. Sympa.

Il y a les ceusses qui doutent de mes choix, mais comme c'est ma vie, en définitive, je fais comme toujours, je les regarde de mes grands yeux vides et abrutis. Grâce à ça, j'ai failli atterrir en section spéciale pour enfants attardés dans mon enfance. C'est dire si je maîtrise.

Heureusement qu'il y a tout de même des ceusses que ça amuse, mes tribulations, autant que moi parfois, et qui me le font savoir, parce que sinon...
Je précise que je me suis déjà tapé un burn out (le truc que tu te crèves la paillasse, que tu te retrouves sur le flanc et qu'après ton employeur te dit que tu as soudoyé ton médecin pour qu'il te fasse un arrêt maladie de complaisance). 

Je précise aussi qu'il existe un cadre légal pour le travail, qui porte encore le doux nom de Code du travail, et qu'il est destiné entre autres à éviter certains excès nocifs pour la santé du travailleur.

Mes dernières expériences de la justice sociale (pouf ! pouf !) n'ont pas été très probantes, je reconnais, mais c'est pas parce que les juges et les élus des salariés ne font pas respecter la loi qu'il faut les encourager. Je dirais même : au contraire.

Donc, voici le programme : j'ai l'intention de trouver un boulot correctement payé avec des horaires qui n'entament pas ma bonne humeur native. Il vaut mieux se fixer des objectifs ambitieux, hein ! 

Ça devrait être obligatoire de se fixer un tel objectif, plutôt que de tendre le cou en bêlant pour se faire trancher la tête. Plutôt que de réclamer que les autres se la fasse trancher parce que c'est dans la tendance, c'est comme ça, on n'y peut rien.

Et sinon, il fait beau, c'est le week-end, youpi !

vendredi 11 février 2011

Un bon éclat de rire en étendant le linge, ça fait du bien !!

Vous pouvez y aller, c'est !

Bonne journée ;-D

Perplexité, perplexité

Vous me direz, t'es toujours énervée, tu dois être fatiguée, à force.

Je vous répondrai que ce n'est pas moi qui ai commencé. Petite, j'étais tellement cool et tranquille que mes parents avaient bien de l'inquiétude quant à ma capacité à affronter ce cruel world et sa réalité qui des fois dépasse la fiction.

Mais passons au cœur du sujet sur l'heure :

Je bosse en ce moment sur un projet pour monter ma petite entreprise. Ne riez pas, c'est amusant, je sais, mais moi, je fais ça sérieusement, je m'applique et même, je donne dans le besogneux.

J'ai donc suivi une formation en cuisine et aussi des cours de gestion, de fabriquage de tableaux horribles avec des chiffres dedans que seuls un comptable ou un banquier peuvent comprendre leur poésie intrinsèque. 

Mettons.

Les banquiers et les gens de la structure associative qui suivent mon projet et m'accompagnent en tant que cas social avéré sur la route épineuse de la création de mon bouclard à moi sont surprenants : alors même que leur association est censée accompagner donc des cas sociaux limite déchets (moi en ce moment, en fin de droit, éjectée sur le bas côté de la joie du travail et de la fabrication mensuelle de revenu fixe), voilà-t-il pas que nous avons appris que pour monter sa petite entreprise en temps de crise, il fallait avoir des ronds au départ et pas qu'un peu.

Il me fut même reproché vertement de ne pas avoir fait d'éconocroques, ô imprévoyante cigale que je suis, moi qui dépense tout mon argent, c'est incroyable, dans des choses aussi dépensières qu'un loyer, des courses pour le manger et des habits de tous les jours.

Chez nous, on éteint les lumières, on sait ce que c'est que de faire ses courses avec une calculette histoire de ne pas dépasser le fatidik montant, enfin bref, on ne roule pas sur l'or. 

On mange tous les jours, mais on ne peut pas dire qu'on ait la capacité financière de l'écureuil ou de la fourmi, pour rester dans la parabole animalière.

Il se trouve que je n'ai pas non plus hérité, ni ne bénéficie des largesses de mes parents. Et dans ce cas, je te le donne Émile, il te faut faire avec les revenus que tu génères par ta force de travail.

Si je fais le compte, j'ai bien dépensé ma force de travail, mais le salaire en face ne fut pas à la hauteur de l'énergie déployée. Consécutivement, il ne fut pas question d'économiser car le flot de monnaie sortait du porte-monnaie aussi vite qu'il y était entré pour régler factures et autres machins agaçants.

Le sourcil gauche levé en circonflexe, j'interroge les nuées : « Pourquoi donc une association censée accompagner les personnes ordinairement rejetées dans leur demande de crédit par les banques s'avise-t-elle de leur demander, à ces impécunieux imprévoyants, des 20 000 euros d'apport ? »

Rassurez-vous, il n'est plus question pour moi de m'endetter jusqu'à l'os pour enrichir une banque, je boucle mon dossier de projet avec l'intention bien ferme de ne surtout pas monter mon affaire. 

À moins que je ne me décide à vendre mon mari ou mon enfant ou bien mon rein gauche ?


PS : Une petite fable, ça ne peut pas faire de mal... Et la deuxième fable dont Jean de La Fontaine cause dans la première strophe du Lion et le Rat : La Colombe et la Fourmi.


C'est tout, vous pouvez fumer.

mardi 8 février 2011

Deux petites choses qui m'agacent en sourdine

One : Les provinciaux montés à la capitale qui pleurent tout l'hiver parce que le ciel est gris et patati et patata. 

Paris et l'île de France, c'est comme ça :  léger et bleu frais au printemps, étouffant  en été mais d'un bleu, mais certains matins te font défaillir d'allégresse. Et en hiver, c'est gris et les lumières des voitures brillent sur les trottoirs mouillés la nuit. 

Cette ville ouverte, généreuse, accueillante, les bras ouverts sur la Seine, on l'a quittée, nous, les Parisiens, pour laisser place aux divers Rastignac éblouis qui de tout temps sont venus conquérir richesse, honneurs, gloire et beauté, qu'ils soient venus de Corrèze (dont le célèbre Chirac), de Bretagne, de Corse ou d'ailleurs. Elle a de tout temps joué son rôle cosmopolite et tu peux même croire qu'elle t'appartient certains soirs quand tous les feux se mettent au vert sur ton passage.

Mais elle sera toujours un pot de chambre en hiver, faut t'habituer, faut faire avec. 

Le couvercle baudelairien, c'est pas nouveau, c'est pas d'hier, t'étais pas au courant ?

Pense à tous ceux qui voudraient bien eux aussi vivre dans la plus belle ville du monde, à tous ceux qui arpentent ses trottoirs le nez levé vers les fenêtres allumées et qui cherchent chaleur et réconfort. 

Alors, profite de ce froid revigorant, de ces petits matins vifs quand tu t'engouffres dans le métro et que l'odeur te prend les narines.

Profite des grands boulevards et de leur foule mouvante et des petits spectacles impromptus de la rue, assis bien au chaud derrière la vitre d'un bistro où ton café refroidit dans une tasse bien lourde et où le serveur râle ou tire la tronche.

Profite des quais de Seine qui en hiver t'offrent de la mélancolie et des gris que tu ne verras nulle part ailleurs, achète quelques marrons au marchand ambulant, engouffre-toi ans une salle de cinéma et mate pour la quinzième fois Laura ou La Mouche, va rue du Faubourg-Montmartre et enquille-toi une bonne glace ou quelques bonbons, escalade les marches de Notre-Dame de Lorette, descends la rue Saint-Georges, flâne boulevard Barbès, monte tout en haut de la tour Montparnasse et tu verras Paris d'en haut, ses rues convergentes, son ciel de près. 

Et cesse de nous concasser les oreilles avec tes jérémiades.

Two : Les gens qui crachent dans la rue au moment où je passe. Je ne m'y habituerai jamais, ça m'a toujours gonflée, que ce soient des femmes, des gamins, des vieux ou des jeunes.

Il y a plusieurs écoles, du glaviot longuement préparé à forts coups de raclements de gorge sonores et menaçants au crachat qui glisse du coin de la bouche dans un chuintement. Toutes me dégoûtent autant, que le crachat soit accompagné d'un regard arrogant, fuyant ou de pas de regard du tout. 

Voilà, c'est dit : à bas les crachoteurs et glavioteurs !

samedi 5 février 2011

Yes !

J'ai fait une omelette !!!!

Bon, un peu fracassée et pas mal à l'arrache, mais enfin, j'ai fait une omelette !

Et une adresse que ça vaut le coup d'aller y faire un tour.

mardi 1 février 2011

La télé, ça peut aussi agacer un tantisoit...

Hier, en début de soirée, alors que je me préparais à comater devant le poste après une journée de dur labeur, que vis-je ?

Un reportage sur deux enclumés (un tout mou et sa nana) qui avaient décidé de se rendre à pingots loin très loin, cherchez pas, vous irez jamais, moi non plus. 

Ils ont le droit. Ils ont tous les droits.

Déjà, scène attendrissante, on les voyait scratcher leurs cartes bancaires (plusieurs, dont une gold, pour des trentenaires, c'est plutôt mieux qu'une Rolex). Et là, ils te vous la jouaient élan mystik, comme si des milliers de gens n'étaient pas obligés de vivre sans carte bleue... Passons.

Ils avaient à peine fait 30 bornes que Madame se prit à geindre que marcher c'est fatigant et patati et patata. 

Il faisait beau, ils avaient des chemins creux et des bas-côtés partout, et Madame souffrait des arpions. Pompes de marche à 5 000 aux pieds, tout de même...

Ils avaient des grands bâtons genre chef de tribu, un peu ridicules. 

Comme ils sont malins, nos deux marcheurs, ils décident de s'arrêter dans une caserne de pompiers pour demander asile. Un gaillard pompier  leur ouvrit la porte d'un garage. Madame faisait un tantisoit la gueule, mais fit contre mauvaise fortune bon cœur, sacrée elle. 

Ensuite, elle s'extasia sur les casques des pompiers, posa tout un tas de questions tellement idiotes que les pompiers avaient honte pour elle.

Bon.

Vint un autre soir, et on comprit mieux l'utilité des bâtons surdimensionnés : c'était pour bâtir dans la forêt, à l'aide d'une toile idoine et ad hoc, une tente. Ils sont forts et drôlement équipés, ces bobos !

Monsieur alluma un feu et Madame remplit son carnet de voyage : elle avait des tas de trucs méga intéressants à se raconter et après, au retour, elle le montrerait à ses copines et on verrait qu'elle avait quand même des talents de raconterie et de dessinerie et aussi, une capacité de retour sur elle-même dans les forêts.

Là, on a zappé, j'avais pas assez de vocabulaire pour exprimer ce que m'inspire ce genre de bouffons pénibles et médiatiks.

En ce moment, si tu ressens la nécessité urgente de te gravir des sommets et de t'affronter à la dure réalité qui tache, il y a de quoi faire juste en bas de chez toi, ne nous encombre pas le poste avec tes risibles exploits, hé ! Chose !

Et aussi, je voudrais bien savoir qui commandite et donne des sous pour des programmes aussi indigents que c'est nous qu'on paie la redevance, merci bien !

dimanche 30 janvier 2011

Un film de SF qui dépote !

Vu à la télé (le machin que tu as dans ton salon et des fois tu te demandes à quoi il sert) : un film jubilatoire de SF, marrant, qui brasse un peu toutes les nerderies avec humour. Il y a même une fourmi géante, pour les amateurs...

Si tu as lu La Route et que tu ne t'en es pas remis, mate ce film, tu vas rigoler (ça fait du bien de rire parfois, ugh !) !!

samedi 29 janvier 2011

Arrh !

Après un mois de folie constructive et restauratrice, je reprends ma fourrure de lémurien déguisé en chat et je m'offre un vrai week-end de pure glande ! 

Parce que le travail, c'est peut-être la santé, mais tout le monde sait que c'est pour ça qu'il faut en laisser un peu pour les autres...

Prochaine incarnation : quèque chose autour des fourneaux, ça me va bien, faut juste trouver les bonnes personnes pour ça.

La preuve qu'on peut travailler dur sans se prendre la tête et dans la bonne humeur, je viens de l'avoir avec deux types géniaux et marrants, alors maintenant, les pue-de-la-gueule et les malfaisant(e)s, va falloir qu'ils et elles s'accrochent ! 

Heu, même, tiens, qu'ils et elles restent dans leur bauge, en fait, voilà, c'est ça !

samedi 22 janvier 2011

IAM Je Danse le Mia

Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît ! (Audiard, natif qu 14e)

Je travaille en ce moment dans un restaurant et je fais accessoirement du service.


Cela suscite en moi de nouvelles interrogations. Une partie de la population prend vraiment l'autre pour des cons (pas très français, comme formulation, je vous le concède).


Ainsi, notre clientèle, plutôt centrée sur l'urbain cadre moyen dans les trente ans, a une fâcheuse tendance à confondre service et paillassonnage.

Certaines donzelles mal élevées et malpolies se permettent de parler à la serveuse comme si c'était une pauvre merde. Ce serait mon restaurant à moi, je les enverrais se faire dorer avec vigueur et vocabulaire. 


Je pratique ordinairement le contact avec ces péronnelles comme un exercice de maîtrise de soi et de respiration. Mais je vais quand même le dire parce que ça soulage : FUCK U !!!!

mardi 18 janvier 2011

Gainsbourg meets Piaf, etc.

Photo : Blue Cat Junior

Alors 
que le jour
est sur le point 
de pointer son nez pour nous offrir une nouvelle journée ensoleillée

dimanche 16 janvier 2011

Purcell: King Arthur - The banquet (Ze Banquette)



Un petit lien qui fait rire, j'adore la tronche de Guenièvre qui a l'air de bien se faire tartir et la trogne rubiconde des abbés.

Merci Rose !

samedi 15 janvier 2011

Chat en pleine décompression

Sauter d'un toit à l'autre, rester bien comme il faut en silhouette devant la lune, fouiller les poubelles délicatement sans me salir, repeindre tous les matins en bleu ma fourrure d'animal synthétique et cosmique, vomir et rebondir, esquiver les obstacles urbains, étirer les fentes de mes yeux orange pour mieux vous regarder et vous observer et étirer mes longues pattes fourbues, tout cela me fatigue grandement. 

Comme tout fauvicule éreinté, je cherche le confort de la couette et des chaussettes épaisses, le repli et l'intime.

Et pourtant, il s'en passe des choses, et des belles, dans le monde, en ce moment...

Devant ma télé, je souhaite au peuple tunisien de trouver enfin la liberté et la justice.

samedi 8 janvier 2011

Le vendredi, tout nous sourit

  • J'aimerais savoir pourquoi disparaissent des parfums excellents et frais comme Eau Folle de Guy Laroche alors que pullulent des machins dégueu qui endorment le nez ?
  • Pourquoi Habit Rouge, de chez Guerlain, est-il soudain si peu porteur d'acte d'achat ?
  • Parfois, on aimerait faire son Rimbaud le long d'un fleuve rêveur...
  • À ce propos, j'ai vraiment du mal à croire qu'on puisse arrêter d'écrire une fois qu'on a commencé.
  • Ailleurs les ibis rêvent et les paons font la roue (ce n'est pas de moi, mais c'est joli, non ?).
  • Les femmes ont un avantage certain sur les hommes : elles peuvent s'habiller en homme sans qu'on les emmerde trop. Par contre, le gars qui sort dans la rue habillé en jupe, il est mal...
  • Demandez la nationalité écossaise, les gars !

dimanche 2 janvier 2011

Le menu fretin vous salue bien !

Entendu l'autre jour à la radio cette dame photographe appeler les gens de la rue, les vouzémoi, les toi moi lui et nous, « le menu fretin ».

Pour de vrai, il y a des gens qui parlent ainsi. 

Qu'ils aient eux aussi une bonne année 2011, pleine de menu fretin frétillant !