Je ne sais pas vous, mais moi, je trouverais pour le moins singulier que l'État (autant dire nous, qui payons nos impôts et votons gentiment quand on nous le demande) mette en place une subvention destinée à maintenir en place un système qui appauvrit ceux qui en sont les chevilles ouvrières, condamne de pauvres bêtes à l'enfer concentrationnaire et nous autres à bouffer de la merde. #Les éleveurs et la FNSEA
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mardi 21 juillet 2015
mardi 27 août 2013
Carrefour de Buci
Pas mal marché, on cherche une terrasse pour prendre un verre et fumer une cigarette avant de repartir. Terrasse avec sièges jaunes et rouges, à l'ancienne, pas mal de place. On s'installe en déplaçant un peu tables et chaises, les tables pèsent un âne mort, c'est sympa l'ancien, quoiqu'assez peu transportable. Le serveur s'amène et esquisse un sourire à l'énoncé de la commande : un café (pour moi) et un coca (pour la gamine, qui ne boit que des sodas et des jus de fruits, vous étiez pareils à son âge, avouez).
Le serveur revient avec notre commande et la gamine pousse un cri d'horreur : 6 euros le coca. Le café plafonne à 2,80 euros. On comprend mieux le sourire fin du serveur. A ce prix-là, on va la savourer, notre pause. Et surtout surtout, bien enregistrer cette donnée essentielle : ne jamais plus au grand jamais retenter l'expérience. On avait oublié cette vérité essentielle : prendre un verre en terrasse à Paris relève d'un luxe inouï.
Un peu dégoûtées quand même, on s'apprête à savourer comme il se doit les breuvages olympiens et quasiment mythiques que le serveur a déposés devant nous. Mais le blaireau qui attendait un auditoire se déclenche.
Vous connaissez le phénomène : vous vous attablez quelque part et le blaireau de la table d'à côté, dont le but dans la vie est de prouver à la Terre entière qu'il est un astre parmi les astres, monte le son et vous fait partager sa vie passionnante. La personne qui l'accompagne est en général un accessoire plaisant dans le cirque qui se met en place.
Vous connaissez le phénomène : vous vous attablez quelque part et le blaireau de la table d'à côté, dont le but dans la vie est de prouver à la Terre entière qu'il est un astre parmi les astres, monte le son et vous fait partager sa vie passionnante. La personne qui l'accompagne est en général un accessoire plaisant dans le cirque qui se met en place.
Le monsieur, la cinquantaine, cheveux gris, écharpe grise et look germanopratin (un subtil mélange de lin et de matières nobles, donc) nous fait face. Sa copine, tailleur blanc et cheveux très soignés, nous tourne le dos. Impossible d'échapper au déluge sonore, accompagné des rires cristallins de la dame en tailleur blanc :
« Oh, tu sais, Alexandre, il se débrouille très bien. Il est en train de boucler sa licence à Penninghen (école d'art très payante et très cotée dans le monde du graphisme). On croit qu'il ne fait rien, mais il gère. Je lui ai prêté 800 euros parce qu'il voulait prendre des photos de ses copains sur des plaques de plexi. Il a déjà réussi à en tirer 1 500 euros. Ce n'est pas pour autant qu'il va me rembourser, mais bon, je suis son père, après tout... Tu vois qu'il s'en tire mieux que ce qu'on pouvait craindre... »
Comme on s'en fout un peu de la vie fastueuse du talentueux Alexandre et malgré notre plaisir de savoir que les étudiants ne connaissent pas tous la crise, mal remises du choc de l'addition faramineuse, nous quittons plus rapidement que prévu l'exorbitante terrasse, soulagées malgré tout : les écoles d'art françaises sont en pleine renaissance.
dimanche 17 mars 2013
C'est pas poli de regarder dans l'assiette du voisin !
En ce moment, il y a une espèce de polémique sur ce que gagnent certaines catégories de la population, artistes et footballeurs, par exemple.
A la base, ce genre de débat, je m'en fous un peu et surtout l'énormité des chiffres annoncés me sidère tellement qu'une partie de mon cerveau bloque, comme si les faits évoqués provenaient d'une planète très lointaine.
Sauf que l'autre jour, j'ai entendu un mini-échange à ce propos entre Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Alessandra Sublet sur France 5.
Jean-Pierre Bacri rappelait à juste titre la précarité vécue par les acteurs et Agnès Jaoui rabrouait la présentatrice sur l'air de « Les présentateurs télé ont eux aussi des salaires pharamineux et personne ne leur en fait grief, alors hein, bon ! »
Pour finir, Jean-Pierre Bacri demanda qu'on laisse les acteurs amasser de quoi assurer leurs vieux jours le temps de leur brève carrière.
C'est vrai ça, quoi, merde !
Bien entendu, personne ne réclame à C à vous de traiter les débats de fond, ce n'est pas le propos de cette émission, qui a plutôt pour vocation de détendre le chaland.
Mais tout de même : reprenons l'argument de la précarité et de la brièveté de la carrière et appliquons-le à tous les boulots précaires qui pullulent à l'heure actuelle.
Imaginez qu'au lieu du rituel 9,43 € de l'heure qu'on vous propose pour aller bosser dans des conditions que la pression du chômage rend de plus en plus difficiles et mortifères, on tienne compte de votre précarité, du fait qu'on va vous éjecter du monde du travail vers 45 ans, mais aussi de votre désir légitime de vous assurer un train de vie décent qui vous permette de vous soigner lorsque vous en avez besoin, de vous loger dans des conditions correctes voire agréables, de cotiser pour que vos vieux jours ne se résument pas à Canigou Ron-Ron et déprime sévère devant la télé à regarder Alessandra Sublet...
Imaginez donc que les salaires tiennent compte de tous ces paramètres : il est probable que tout le monde gagnerait correctement sa vie et on n'en serait pas à regarder dans l'assiette bien garnie du voisin en tordant le nez.
Ça fait réfléchir, non ?
Restez calmes, c'est pas demain la veille : on va continuer à parier que la précarisation et la paupérisation d'une partie de la population (les feignants, les médiocres et les maillons faibles) est un gage de sécurité et de bien-être pour une autre partie de la population (qui bien entendu le mérite, au nom de son talent et de son travail).
Et surtout, demander à la première catégorie de trouver ça normal, voire le lui expliquer par tous les moyens.
jeudi 10 mars 2011
Je n'achète pas d'écrivains français, mais on me prête leurs livres
Ma belle-mère, qui a une bibliothèque bien garnie, achète régulièrement des livres et lorsque je vais chez elle, je fouine toujours dans l'étagère des nouveautés (elle est bibliothécaire et elle range bien ses livres, faut reconnaître, c'est pratik).
La dernière fois qu'on est allés la voir, elle m'a donc prêté Les années cannibales, de Christine Arnothy.
Je ne sais pas si vous voyez qui c'est, elle a écrit J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir, qui fut un gros succès apparemment. Je dois reconnaître que je n'ai pas lu cette œuvre majeure de cet écrivain génial.
Mais je me suis tapé Les années cannibales, sobrement sous-titrées autobiographie. Je suis curieuse et comme je ne lis pas la presse people, il faut que je satisfasse mon petit côté voyeur.
Ordonc, on apprend que la dame est ravissante, belle, cultivée, génialissime (c'est elle qui écrit le bouquin, elle se connaît mieux que personne), issue d'une magnifique famille de nobles qui ont connu bien des vicissitudes (intéressantes et dignes d'être racontées, cela va sans dire), qu'elle a produit une œuvre majeure et pléthorik.
Elle a aussi, n'en jetez plus la cour est pleine, une histoire familiale assez compliquée (elle aussi digne d'être racontée, je ne vais pas non plus tout vous répéter), et surtout elle affronte tout cela avec son incroyable intelligence/fermeté/génie/beauté/noblesse.
Bref, si vous avez envie de bien vous fendre la pipe en compagnie d'un génie des alpages de gauche, foncez !
Vous apprendrez tout de même au passage deux trois choses intéressantes sur la vie de la presse parisienne, l'intéressante et géniale Christine ayant vécu avec le patron du Parisien libéré.
Ah oui, juste pour la déconne, le livre contient entre autres fautes typo vénielles mais relativement surprenantes pour un livre portant la griffe Fayard, une énorme faute, celui qui la trouve gagne un Carambar !
lundi 14 février 2011
mardi 1 février 2011
La télé, ça peut aussi agacer un tantisoit...
Hier, en début de soirée, alors que je me préparais à comater devant le poste après une journée de dur labeur, que vis-je ?
Un reportage sur deux enclumés (un tout mou et sa nana) qui avaient décidé de se rendre à pingots loin très loin, cherchez pas, vous irez jamais, moi non plus.
Ils ont le droit. Ils ont tous les droits.
Déjà, scène attendrissante, on les voyait scratcher leurs cartes bancaires (plusieurs, dont une gold, pour des trentenaires, c'est plutôt mieux qu'une Rolex). Et là, ils te vous la jouaient élan mystik, comme si des milliers de gens n'étaient pas obligés de vivre sans carte bleue... Passons.
Ils avaient à peine fait 30 bornes que Madame se prit à geindre que marcher c'est fatigant et patati et patata.
Il faisait beau, ils avaient des chemins creux et des bas-côtés partout, et Madame souffrait des arpions. Pompes de marche à 5 000 aux pieds, tout de même...
Ils avaient des grands bâtons genre chef de tribu, un peu ridicules.
Comme ils sont malins, nos deux marcheurs, ils décident de s'arrêter dans une caserne de pompiers pour demander asile. Un gaillard pompier leur ouvrit la porte d'un garage. Madame faisait un tantisoit la gueule, mais fit contre mauvaise fortune bon cœur, sacrée elle.
Ensuite, elle s'extasia sur les casques des pompiers, posa tout un tas de questions tellement idiotes que les pompiers avaient honte pour elle.
Bon.
Vint un autre soir, et on comprit mieux l'utilité des bâtons surdimensionnés : c'était pour bâtir dans la forêt, à l'aide d'une toile idoine et ad hoc, une tente. Ils sont forts et drôlement équipés, ces bobos !
Monsieur alluma un feu et Madame remplit son carnet de voyage : elle avait des tas de trucs méga intéressants à se raconter et après, au retour, elle le montrerait à ses copines et on verrait qu'elle avait quand même des talents de raconterie et de dessinerie et aussi, une capacité de retour sur elle-même dans les forêts.
Là, on a zappé, j'avais pas assez de vocabulaire pour exprimer ce que m'inspire ce genre de bouffons pénibles et médiatiks.
En ce moment, si tu ressens la nécessité urgente de te gravir des sommets et de t'affronter à la dure réalité qui tache, il y a de quoi faire juste en bas de chez toi, ne nous encombre pas le poste avec tes risibles exploits, hé ! Chose !
Et aussi, je voudrais bien savoir qui commandite et donne des sous pour des programmes aussi indigents que c'est nous qu'on paie la redevance, merci bien !
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