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samedi 13 avril 2013

Un peu de lecture

Mais que m'arrive-t-il donc ? Au lieu de penser à mon avenir, je parcours la toile à la recherche de je ne sais pas trop quoi et je lis des livres.

Sur la toile, je suis tombé sur ce blog.

Et puis ce livre : Hommage à la Catalogne (plus ça va, plus Orwell me troue le cul, je le dis avec tout le respect dont je suis capable).

La première partie décrit les embuscades entre fascistes et républicains pendant la guerre civile espagnole. Il paraît que déjà, certains jeunes Espagnols ne savent pas qu'une telle guerre a eu lieu dans leur pays, le monde est une source perpétuelle d'étonnement.

Orwell faisait partie du POUM. Là, j'en suis à la partie lors de laquelle il décrit la difficile relation du parti communiste et du POUM, avec pour conclusion, tous ceux qui ont lu Le Poulpe le savent, la destruction du POUM.

Le système totalitaire décrit par Orwell dans 1984 relève autant du nazisme que du stalinisme (sans qu'Orwell ait jamais renoncé à ses convictions socialistes). J'insiste sur ce point car je viens de lire un bouquin qui s'appelle Bonjour Paresse, dans lequel il n'est question que du stalinisme, ça m'énerve quand on déforme comme ça la pensée d'un auteur. Un système totalitaire, c'est un système totalitaire, point barre.

Le nazisme est un système totalitaire basé sur une idéologie raciste et violente et qui affiche clairement son désir de supprimer une partie de l'humanité et de réduire une autre partie en esclavage.
Le stalinisme est un système totalitaire basé sur une idéologie qui prône la collectivisation des moyens de production et qui s'inspire d'idées généreuses, qui ne plaisent pas à tout le monde, d'autant que leur mise en œuvre a débouché sur des systèmes totalitaires en Chine, en URSS et à Cuba. La question que je me pose est la suivante : le système totalitaire est-il une conséquence inévitable des idéologies, aussi généreuses soient-elles à la base ? La question ne se pose pas à mon sens pour le nazisme, qui portait en germe le totalitarisme.

Si quelqu'un a des lectures à me conseiller sur ce sujet, je suis preneuse. 

mardi 12 juillet 2011

Boulot très chiant avec organisation orwellienne

En ce moment, je suis en train de lire 1984 (comme tout le monde, je croyais l'avoir lu, mais comme tout le monde ou presque, j'en avais surtout entendu causer). Ça m'aide dans ma vie de merde de tous les jours pour garder la distance qu'il faut.

Et surtout, ça me fait marrer, tous ces gens qui s'en sortent, qui réussissent à passer entre les gouttes et qui pensent que tout cela est finalement assez logique et que si l'on se comporte bien et que l'on accepte les règles du jeu, le vent mauvais nous épargnera. 

Quelles sont les règles ?
Où est l'arbitre ?

mardi 5 avril 2011

Un peu de vocabulaire

Un mot qui me sort par les trous de nez : réinsertion. 

On me le sert à toutes les sauces en ce moment. À peine te fais-tu éjecter de la cohorte des travailleurs que les réinséreurs se mettent en branle, sourire plein de commisération en bandoulière. Ils veulent ton bien et ont bien l'intention de te le faire savoir. 

Moyennant quoi des individus qui ont compris le sens du vent te font la leçon (n'oublie jamais que tu es du mauvais côté de la barrière). 

Il y a plusieurs sortes de réinséreurs mais globalement, ils partent du principe que tu as tout faux (mauvais côté de la barrière) et qu'ils ont forcément raison (bon côté de la barrière). Ils sont sur un créneau porteur (vu le nombre de mongoliens de ton espèce qui s'obstinent à se retrouver du mauvais côté de la barrière) et tu es leur terrain de jeux.

Ils ont dû lire des livres ou voir des films, en tout cas, ils te connaissent, ils savent comment faire pour régler tes problèmes. Ils sont plus intelligents que toi, n'oublie pas.

Que tu aies travaillé auparavant, ils s'en foutent, que tu aies des diplômes, ils s'en foutent, que tu aies atteint l'âge adulte depuis un certain temps, ils s'en foutent : ils sont là pour te réinsérer.

Certains te répéteront le mot à loisir, des larmounettes tremblotant au bord de leurs yeux. La première fois, tu auras le réflexe de te demander pourquoi on te sort des mots qui fâchent comme ça, pourquoi ces larmes et pourquoi diantre te filer ce rôle nullos dans ce mélo inepte. 

C'est que c'est plus rassurant pour le réinséreur de se persuader que tu y as forcément mis du tien, que la situation qui t'échoit ne peut absolument pas lui tomber sur le carafon. Lui, il a tout compris et il est bien plus intelligent que toi. Il anticipe et prévoit et question insertion, c'est un champion. 

Alors que toi, il faut bien le dire, tu désoles un peu les bonnes volontés. 

Comment ça tu as fait des études, tu causes trois langues, tu maîtrises l'informatique et ta langue maternelle ? Ah mais ça ne suffit pas, il y a les savoir-être aussi (maintenant qu'on ne peut plus reprocher aux gens leur manque de formation, on va leur reprocher leur personnalité, leur manque de niak, bref, leur infernale et crasse  inaptitude sociale) 

L'autre jour, une prof de philo se désolait à la radio : ses élèves issus de milieu modeste manquent cruellement d'aisance sociale et ça va les desservir dans leur future carrière, il est donc urgent qu'ils aient plus d'heures de philo (elle était prof de philo, on peut donc en inférer que son discours dissimulait une forme de logique).

Tout le monde est bien d'accord : Liberté, Égalité, Fraternité, du baratin, des foutaises pour faibles et désinsérés, haro sur les inaptes sociaux ! Vive la loi de la jungle et les réinséreurs ! 

Le rêve : une société composée de 50 % de réinséreurs qui oeuvrent dans la bienfaisance face à 50 % de désinsérés et d'inaptes sociaux, qui ne rêvent que d'une chose : qu'on les réinsère dans le meilleur des mondes...

lundi 14 février 2011

Ne pas réagir à chaud, qu'ils disaient...

Tu as reçu un courrier de Pôle Emploi t'indiquant qu'à l'issue de ton stage, il faudrait que tu te réinscrives dans les 5 jours suivant la fin de ta formation.

Ce matin, alerte et munie de chaussettes (ça rime et ça tient chaud), tu te rues sur ton clavier pour aller sur le site www indiqué dans le courrier. 

On ne sait jamais, si tu laisses passer la date fatidik, il pourrait t'arriver tout un tas de bricoles. 

Tu préfères anticiper aussi : des fois, les démarches, ça a l'air simple, mais si tu t'y prends au dernier moment, tu t'en mords les doigts, il faut toujours prévoir les impondérables et les ratés de la machine.

Tu te connectes au site en question. Ils ont passé le week-end à le maintenir, tu te dis que tu vas drôlement y gagner en clarté et en facilité de balade dans les différentes rubriques (le gars qui a conçu le site est un gros marrant, il aime perdre les gens en route et te faire cliquer sur mille machins avant de te dévoiler, alors que tu es au bord de l'apoplexie, la fameuse rubrique qui t'intéresse et que tu as oublié de noter comment tu avais fait la dernière fois pour y accéder).

Ah ! Contente ! Sur la première page, tu trouves direct la rubrique qui t'intéresse. Tu cliques et tu rentres des codes comme la machine te demande. Que se passe-t-il après ? Rien. 

Tu réitère, tu persistes, tu codes à tout va, les doigts agiles sur le clavier. Que se passe-t-il ? Nibe de nibe. 

Tu parcours le site, ouvre la FAQ (qui te recommande de faire exactement ce que tu viens de t'user les mirettes et les doigts à faire et refaire), télécharges un document bien présenté sur lequel une accorte jouvencelle rit de toutes ses dents du plaisir qu'elle a de se réinscrire tellement c'est trop facile. Tu es contente pour elle mais ça ne fait pas trop avancer tes affaires, vu que le document se contente de te redire ce que tu as déjà lu dans la FAQ. 

Tu changes de tactik. 

Tu téléphones au 3949. Tu es connecté à une Voix  pimpante et électronik qui te demande de lui causer. Tu  beugles « Inscription » (heureusement, tu es seule dans ta maison, sinon, tu pourrais passer pour une gogole). Après t'avoir bien baladé dans tous les tuyaux de sa petite maison, la Voix t'informe que tu peux raccrocher, qu'il faudra que tu rappelles à 9 heures, que le service est fermé. Tu aurais dû t'en douter, aussi. 

Paradoxalement, ce service qui te réclame des flexibilités démentes et des horaires de taré fonctionne selon des horaires super normaux, pauvre hère que tu es de l'avoir oublié et d'avoir raqué pour qu'une machine bien aimable te remette la mémoire à niveau.

Il te reste un peu plus d'une heure pour formaliser ta demande de façon intelligible et concise, tu vas t'entraîner et préparer ton laïus (comment expliquer que tu es allée sur le site, que ça marche pas , sachant que la personne au bout du fil est persuadée d'avoir affaire à quelqu'un qui ne sait pas utiliser un ordinateur et qu'elle t'embrouille du fait de sa propre incapacité informatik ?). 

La dernière fois, rien que pour que ton interlocutrice  accepte de tenter de comprendre ta question, la communication téléphonik avait duré 5 bonnes minutes. Et quand la dame au bout du fil avait enfin compris, après avoir tenté de t'aiguiller vers tout un tas de trucs dont tu n'avais strictement rien à secouer,  histoire de se débarrasser vite fait de toi, elle avait eu l'air de te reprocher des problèmes majeurs de communication.

Si l'approche téléphonik ne marche pas, il faudra te résoudre à te déplacer jusqu'à l'agence où un agent d'accueil mal luné sévit au guichet. Tu sais qu'il est plutôt du matin, alors tu te dis que tu iras plutôt en tout début d'après-midi, car tu ne souhaites pas servir de défouloir à ce pauvre type. 

Il peut être surmené, stressé, agressé, tu t'en fous, tu refuses de compatir : il touche un salaire et pas toi. 

C'est un incompétent mal élevé et on sent qu'il a bien compris la leçon : les chômeurs sont des losers et méritent ce qui leur arrive. Rien que d'aller dans cette agence, tu te sens devenir clocharde et les escarres te poussent.

Certains matins, la machine et les crétins qui la font prospérer te fatiguent.

Big Brother te demande de donner ton numéro de portable !

Lu ça ce matin.

Il a l'air vachement normal et inséré, le gars, limite flippant, et pourtant...