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mardi 29 septembre 2015

Le retour de la Grande Glose

Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir grandi dans un milieu populaire, où l'on cultive une certaine méfiance envers tous ces gens qui glosent et causent, parce qu'on attend le moment - qui ne manquera pas d'arriver - où ils finissent par vous retourner un bon coup de bâton sur la gueule en vous disant que ça ne fait pas mal du tout, de toutes façons vous avez le cuir solide, arrêtez d'essayer de les apitoyer avec vos larmes de crocodile, mais en ce moment, je l'avoue, certains blablas sur le féminisme me fatiguent.

Surtout s'ils émanent de femmes qui ont largement répandu une image frelatée des femmes, de préférence l'archétype de la jeune bourgeoise gâtée et épanouie dans un travail créatif et intelligent. 

Leurs mères nous ont déjà bien concassé les nerfs dans les années 70, avec leur bonne conscience de femmes évoluées, nous avons maintenant droit aux filles, qui véhiculent ce même archétype, un peu renouvelé pour l'occasion, qui décourage toutes les femmes/filles qui n'appartiennent pas à la caste choyée et se morfondent parfois dans des vies un peu banales un peu médiocres un peu nazes, dans lesquelles elles n'ont pas accès aux opportunités que ces jeunes femmes considèrent comme basiques.

Que fatiguent tous les discours, d'où qu'ils viennent.

 

jeudi 19 mai 2011

Se lever tôt, bosser dur et se faire arnaquer...

J'ai reçu ma fiche de paie pour ma semaine en tant qu'employée de restauration. 

Le taux horaire indiqué sur la fiche de paie est inférieur à celui indiqué dans le contrat et, bien sûr, mes heures supplémentaires ne sont pas prises en compte.

Moralité : boulot de merde déjà payé en soi une misère, mais en plus, tu es censé travailler gratos (pour montrer que tu es motivé ou je ne sais quelle connerie du genre). 

Si encore il s'agissait d'un boulot qui te gratifie d'une manière ou d'une autre, mais non. Du pur labeur inintéressant où tu te fais en plus chier sur la gueule par des bureliers persuadés qu'ils ne seront jamais à ta place et que si tu y es, à ta place, c'est que tu l'as bien cherché et que tu es une tâche.

J'ai envoyé une belle lettre de protestation en recommandé avec AR. 

Je précise que la société qui essaie de m'estamper de belle manière n'est pas une petite affaire au bord du gouffre mais une grosse machine, avec des bénéfices et tout le bazar. 

Plus ça va, plus ça va, moi je dis... Et je dois dire que je regrette encore moins d'avoir mis les bouts et de ne plus travailler pour ces margoulins.

samedi 19 mars 2011

à Télérama, ils découvrent la vraie vie et ça les indigne drôlement

J'ai lu un article fort intéressant dans Télérama (on est abonnés parce que ça reste un programme de télé moins abruti que les autres, mais parfois, faut quand même se les faire...).

Nos amis de Télérama découvrent un truc horrible : les jeunes, avant d'avoir un appart, ils galèrent des fois drôlement longtemps, des fois même des années, tellement c'est compliqué d'avoir un appartement quand on n'a pas de salaire qui tombe ric rac tous les mois et comme le côté « ric rac tous les mois » s'amenuise pour pas dire qu'il tend à disparaître... 

Dans la série, je propose aussi : Putain, en ce moment, comment c'est dur de trouver du boulot avec un salaire décent, ou bien : En France, t'as pas intérêt à dépasser les 35 ans parce que Soleil vert, c'est presque pour tout de suite maintenant ou bien Oh non, c'est trop bizarre, plus il y a de CDD, plus il y a de précarité !

Je crois que j'ai mauvais caractère, parce qu'encore une fois, je vais le dire : la situation n'a rien de nouveau. Je crois que tout le monde dans ma génération (la fameuse génération X spécialiste des mac jobs), enfin je veux parler des gens normaux qui ont eu des parcours juste de base, a connu :
1/ le chômage en sortant de l'école (par chez nous, certains ne pouvaient même pas aller en fac alors qu'ils avaient suivi une voie générale avec à la clé un bac littéraire, c'est-à-dire peau de balle sur le fameux marché de l'emploi), 
2/ les galères de logement. 

Ce qui une fois de plus me troue le cul, c'est comment tout le monde a l'air de découvrir cette réalité-là, comme si d'un seul coup ça devenait crucial de la regarder en face. Comme si d'un seul coup, c'était un problème collectif et sociologik aux données macroéconomiks et pas les petites emmerdes sans intérêt d'une petite bande de minables trous du cul.

Je vais reprendre mon sempiternel couplet : peut-être que le sort des bac + 5 issus des classes moyennes intéresse plus les lecteurs de Télérama, eux-mêmes issus de ces classes ? 

Alors que nous, on était des grosses feignasses mal formées et mal orientées (et tout ça à cause de notre incurie native et désespérante pour tout lecteur de Télérama épris des Lumières et ouvert sur le monde souffrant qui l'entoure), voilà-t-il pas que leurs enfants bien éduqués et parfaitement dans leurs droits d'obtenir la belle situation qui leur échoit se retrouvent dans une belle merde, la belle merde que leurs parents leur ont préparée et que nous avons boulottée en silence pendant des années. Mais où va-t-on, je vous le demande ?