jeudi 2 mai 2013

El dos de mayo

J'avais cette date dans la tête ce matin et il a fallu que j'aille vérifier de quoi donc que ça causait. Si ça vous titille aussi, faites donc comme moi, allez vous renseigner.
 
Sinon, hier, c'était le 1er Mai, je le dis pour ceux qui ne travaillent pas, moi j'ai failli oublier, on est con quand on est chômeur. Ceux qui travaillent ne risquent pas d'oublier, bien sûr.
 
Et donc, il semblerait que les défilés étaient plutôt maigrelets entre La Bastille et République cette année. Soit c'est l'itinéraire qui lasse, soit c'est que les travailleurs-travailleuses en ont assez qu'on les prenne pour ce qu'ils ne sont pas, soit ils avaient peur de passer à la télé et que leur patron les voie, il paraît que c'est pareil au moment de Roland Garros.
 
Je rigole, mais n'empêche : il semblerait que les représentants habituels et ordinaires du peuple soient sérieusement désavoués ces temps-ci.
 
Il y aurait comme une demande de changement sous-jacente que ça ne m'étonnerait pas. Une lassitude des antiennes et des slogans galvaudés, une fatigue généralisée rien qu'à l'idée de devoir encore se farcir la morne répétition, avec, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes conséquences et les mêmes discours rodés, éculés et usant jusqu'à la trame les oreilles obligées de se les fader.
 
Je suis passée hier devant une tente de syndicalistes qui s'en mettaient plein la lampe, tandis que deux gamines distribuaient les cartes de visite de leur papa qui assurait la logistique alimentaire pour les festoyeurs assis et pleins de boustifaille. Des fois, on voit des choses et on hallucine tellement c'est caricatural.
 
Entendons-nous bien, je ne critique pas le principe de représentation syndicale, je suis même violemment pour. De même que je suis violemment pour la démocratie.
 
Mais j'ai tendance à me demander (et avec moi un paquet de monde, je crois) si les structures actuelles n'ont pas pourri un paquet de belles idées à force de corruption interne et d'oubli à tous les niveaux de ce que l'on appelle le bien public.
 
Si vous n'avez jamais croisé un représentant du personnel qui s'est surtout fait élire pour le statut de salarié protégé que cela procure, vous n'avez sans doute jamais fréquenté le monde du travail. Vous n'aurez pas non plus croisé de syndicalistes à qui cette position confère surtout l'oreille de la direction pour assoir leur prestige personnel au sein de l'entreprise. Et pas non plus de représentants du personnel qui harcèlent leurs collègues et font surtout passer les « revendications » qui arrangent leurs petites affaires.
 
Lorsqu'on a été confronté à ces aberrations, on a beaucoup moins envie de se rapprocher d'un syndicat, ou bien d'aller gentiment brandir une pancarte quand on vous le demande pour faire joli dans la rue.
 
Il doit encore exister quelques syndicalistes et quelques hommes politiques qui n'ont pas perdu de vue leur rôle et ce pour quoi ils furent élus, m'est avis qu'ils sont rares. Et plutôt discrets.

Rions un peu avec la langue de bois






Toujours
en passant,
encore ça...



 

Le navet masqué/dazibao



En passant, 
un blog 
 en anglais 
avec des dessins

lundi 29 avril 2013

Un gros article roboratif d'un économiste et j'ai presque tout compris !

Je viens de lire cet article, que j'ai trouvé super intéressant : http://mouvements.info/De-chacun-volontairement-selon-ses.html
 
C'est un économiste belge qui travaille depuis longtemps sur l'allocation universelle.
 
Vous le savez sans doute, une initiative citoyenne européenne est en route actuellement, qui propose de débattre du sujet au niveau européen. Pour ce faire, elle doit recueillir un million de signatures.
 
Plein d'infos (y compris de la part de gens peu recommandables...) circulent sur le Net à ce propos, il y a aussi, je pense, tout ce qu'il faut dans les bibliothèques si on veut creuser le sujet.
 
Pour ma part, je préfère ce genre d'initiative, aussi dingos puissent-elles paraître au premier abord, que les promesses de pauvreté et de semi-esclavage.
 
 

Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! (4)

- Je trouve tout de même étrange
ce départ impromptu pour la Chine,
mais je suppose que tu as tes raisons...
Je n'oublierai pas de saluer ma femme de ta part !

Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! (3)

Aaaaaaaaaaaaah ! Le voilà !
C'est engageant, non ?


 
   

Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! (2)

- J'ai entendu parler d'un tout petit pays européen
qui tient remarquablement le coup face à la crise
grâce à une politique audacieuse en matière d'emploi.
Attends, j'ai un flyer à te montrer...
Où est-ce que j'ai mis ce foutu papelard, moi ?...



















Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! (1)

- Tu me dis que tu es au chômage,
mais est-ce que tu cherches vraiment ?








- As-tu vraiment fait le tour des opportunités à l'étranger ?
Aujourd'hui, on ne peut plus se permettre
de ne pas être mobile,
il faut savoir s'adapter
aux nouvelles données économico-mondiales.
Tu as raison de sortir ton carnet de notes,
ce chili m'a donné une patate d'enfer
et je fourmille d'idées.


samedi 27 avril 2013

D'où qu'tu causes ?

Pascale Clark anime du lundi au jeudi une émission le matin sur France Inter. Elle est journaliste et spécialiste du posage de question qui interloquent.
 
L'autre matin, c'était à propos du livre qu'a écrit un ancien chroniqueur de Canal +. Le récit de sa participation à l'émission Le Grand Journal, l'émission conduite par Michel Denisot. Plutôt un livre à charge, apparemment.
 
Je précise que je n'ai pas lu ce livre.
 
Je précise également que je ne regarde pas l'émission dont il est question, il y a à la même heure d'autres choses qui m'intéressent beaucoup plus si je veux regarder la télévision.
 
Et puis on s'en fout.  Revenons à la question de Pascale Clark. L'autre matin, donc, cette question était la suivante : « Est-ce que ça méritait un livre ? »
 
C'est intéressant comme question, je trouve. On pourrait la poser pour des tas de choses. Un exemple, au passage : « Est-ce que nous méritons les journalistes que nous avons ? » « Est-ce que nous méritons la presse, la radio et la télévision que nous avons ? »
 
Est-ce que nous méritons ces journalistes qui se croient investis du pouvoir de décréter quel livre mérite ou non d'être écrit ?
 
Il y aurait donc, si on décortique ce qui se cache derrière cette question en apparence anodine (Pascale Clark a tendance à s'exprimer dans ma radio comme si elle était dans un dîner en ville et qu'il était important qu'elle fasse preuve face à ses commensaux bâtis plus ou moins sur le même modèle qu'elle de cette acuité d'esprit, de ce mordant qui signale l'individu connecté et averti à qui on ne la fait pas), il y aurait donc des livres qui ont le droit et d'autres non.
 
Il y aurait donc des gens qui ont la grande outrecuidance d'écrire un livre sans demander d'abord aux journalistes une autorisation, voire un bon de commande ? Des mal informés, des foutraques, des bêtas, qui ignoreraient qu'il leur faut la permission de Madame Clark ? Mais dans quel monde vivons-nous, je vous le demande un peu !
 

lundi 22 avril 2013

Tous à poil, d'accord, mais en musique !

Et sinon, vous avez entendu parler de l'ANI ?

En ce moment, je travaille comme employée de restauration, un titre ronflant pour dire que je balaie, je nettoie et fais la plonge dans une cantine d'entreprise. Les gens sont gentils, ça me change un peu des gros mongoliens que j'ai été obligée de me fader ces derniers temps. C'est très physique, ça détruit les mains (je mets des gants roses, mais au bout d'un moment, l'eau rentre quand même et les doigts marinent en milieu humide), ça casse le dos, mais je suis en bonne forme et bouger un peu ma carcasse me fait plutôt du bien après ces longs mois pendant lesquels j'ai été prisonnière d'une chaise et d'un casque dans un centre d'appels. Et puis ça ne dure que quatre heures par jour, c'est largement suffisant pour entretenir sa forme...
 
Je remplace une dame, que je ne connais pas, qui est intérimaire depuis un bon bout de temps, et qui ayant trouvé une autre mission de trois semaines, l'a acceptée.
 
Pour ma part, je fais 60 kilomètres aller-retour pour aller travailler 4 heures. Je suis payée au SMIC (9,43 € brut/heure, pour ceux qui auraient des lacunes sur les données économiques de base). Vous connaissez le prix de l'essence, faites un rapide calcul. Vous y êtes ? Hé oui, vous avez bien compté : je lâche le montant d'une heure de travail par jour pour aller travailler.

Plus fort : ce boulot, je ne le fais pas tous les jours, parce qu'on ne fait appel à moi que lorsque le nombre de couverts le justifie. Depuis que j'ai commencé, j'ai travaillé en moyenne 4 jours par semaine, parce que c'est la saison haute en ce moment dans la boîte qui a recours à mes services. Je ne sais pas comment fait la dame que je remplace, en tout cas, moi je ne peux pas me permettre de travailler dans ces conditions.
 
Je viens d'expliquer à mes collègues (fort gentils, je le répète) qu'en venant travailler selon cette formule, je m'appauvrissais et que donc, je n'allais pas m'installer dans cette situation. En effet, ils étaient contents de moi et envisageaient de me proposer (sans que ce soit vraiment dit) de remplacer la collègue qui leur avait fait défaut. À l'heure où tant de monde est au chômage, ça paraît hallucinant de dire qu'on refuse un poste, je sais.
 
La comptable qui m'a proposé aujourd'hui, pensant me rendre un signalé service, deux jours de boulot pour la semaine prochaine et à qui j'ai opposé un refus argumenté et ferme est, je crois, encore sous le choc.
 
Avec ma collègue, on a discuté un peu flexibilité et précarité, elle était d'accord que venir travailler pour s'appauvrir, ce n'était pas vraiment une bonne chose. D'un autre côté, elle semblait perplexe : les futurs emplois, ce seront de toutes façons des missions en intérim et des contrats précaires, et les travailleurs vont devoir être flexibles.
 
J'ai répondu que, flexible, je l'étais depuis déjà un bon moment. Elle a opiné du bonnet et m'a dit : « C'est sûr que les patrons, ils ne se rendent pas compte. Ils ne voient pas les situations que ça crée pour les gens » « Je ne crois pas, j'ai répondu, alors du coup, il faut bien que, les comptes, moi, je les fasse. »
 
La dame que je remplace va donc vraisemblablement conserver son emploi précaire et pouvoir continuer à faire preuve d'une flexibilité à toute épreuve.
 
Petite remarque en passant : sa défection a été assez mal vécue, ce qui signifie qu'il faut être précaire, flexible et en plus ne surtout jamais faire défaut, sinon, on te jette sans état d'âme et on propose ton boulot au premier qui fait l'affaire.
 
 
 

mardi 16 avril 2013

Les mauvais jours finiront... peut-être...

Les mauvais jours finiront... peut-être...

Encore des questions, toujours des questions...
Cette fois-ci sous forme de film, 52 minutes, ça prend du temps...
Pas beaucoup de réponses, mais il faut bien commencer par interroger notre train-train et nos routines...

dimanche 14 avril 2013

Pourquoi tant de haine ?

En couverture de Télérama, cette semaine, une photo d'Emmanuelle Devos avec cette accroche : « Les acteurs sont des boucs émissaires » Dans l'article, l'actrice s'étonne :
 
« C'est très bizarre tout de même, cette société qui s'attaque à des saltimbanques sous prétexte qu'ils sont riches, alors que les neuf dixièmes ont du mal à survivre... On est passé directement de la cour du Roi-Soleil aux Jacobins, à Robespierre, aux coupeurs de têtes. Bizarre que la société s'attaque à ces gens qui après tout ne font de mal à personne et qui la symbolisent. Car c'est bien ce que nous sommes : le reflet de tous ceux qui viennent nous voir. Le miroir de leurs doutes, leurs problèmes... Qu'il y ait deux ou trois stars qui se goinfrent, OK. Sauf que Dany Boon est ses Ch'tis ont rapporté des millions à Pathé. En plus, s'il se plante une ou deux fois, son salaire dément, il ne l'aura plus... Pourquoi faire des acteurs les boucs émissaires du mal-être général ? Je ne comprends pas... »
 
Je n'ai suivi que de très loin la polémique à laquelle elle fait allusion, la preuve, je ne savais pas que des têtes avaient roulé sur le billot et que nous étions en pleine révolution...
 
En ce qui concerne le fait que les acteurs soient des miroirs des gens, je ne vois pas en quoi ça devrait donner un statut particulier aux acteurs. Nous avons besoin les uns des autres pour vivre, et pour ma part, le boulanger chez lequel je vais acheter un pain bien cuit est tout aussi important que l'actrice qui reflète mes doutes et mes problèmes.

Il se trouve que dans l'industrie cinématographique, certains acteurs gagnent très bien leur vie, ça doit s'expliquer par des tas de raisons. Pour Emmanuelle Devos, il est normal que les saltimbanques précaires qui rapportent beaucoup d'argent touchent des salaires importants. Je suis totalement d'accord avec elle.
Malheureusement, cela ne semble concerner que quelques-uns des saltimbanques précaires et, par exemple, pas du tout le travailleur lambda. N'importe quel salarié rapporte de l'argent à la personne qui l'emploie (qui s'empresserait dans le cas contraire de lui prouver à quel point c'est pas facile tous les jours la vie de saltimbanque précaire), mais la plupart des salaires ne tiennent pas compte de cette donnée. Donc, certains acteurs et certains footballeurs et certains personnages publics touchent des sommes faramineuses pour faire ce qu'ils font, tandis que la plupart des gens ne touchent pas un salaire en rapport avec ce qu'ils sacrifient pour aller gagner leur vie.
 
Les acteurs font en outre partie de la machine médiatique qui nous cisaille le cervelet. Ils sont invités à nous raconter leur vie, à nous faire part de leurs angoisses, à nous faire partager leurs trucs et astuces, les dames vident leur sac et nous conseillent telle poudre libre et tel mascara, prennent fait et cause pour tel sac si pratique, tel parfum envoûtant. Les messieurs ne sont pas en reste et nous proposent parfums, pâtes, assurances, banques et jambons. 
Parlons enfin du mal-être général dont les acteurs seraient les boucs émissaires.
La société française est totalement éclatée, atomisée, ventilée aux quatre coins de la stratosphère. Une partie de plus en plus importante des membres de cette société est soumise à une insécurité grandissante, à des conditions de travail et de vie intenables.
 Alors, ils s'en prennent verbalement (après vérification, aucune tête n'a été brandie au bout d'une pique, ouf !, on respire !) aux plus exposés de ceux qui représentent le système qui les broie et les condamne à une vie de merde, à ceux qu'ils contemplent d'ordinaire bouche bée, lorsque, dans leurs beaux smokings et leurs belles robes, ils arpentent les tapis rouges, participent à des fêtes, honorent des galas de bienfaisance de leur Véritablement Indispensable Présence. Il y a aussi ceux qui annoncent avec tambours, trompettes, pertes et fracas qu'ils n'ont pas d'autre choix que l'exil parce que c'est trop injuste tout l'argent qu'on leur retire sur leurs cachets mirobolants.
 
En plus, les acteurs font des photos qui paraissent en couverture des journaux, sur lesquelles on les voit, avec des airs de tête à claque, se rouler dans des draps, arborant un fin sourire. Et après, ils ne comprennent pas.

Des mickeys qui rendent moins con

Comme j'ai de la chance, mes amies m'ont offert un bouquin excellent en cadeau : La survie de l'espèce. Je vous le conseille fort chaudement : c'est chié dessiné et en plus, ça explique certains mécanismes économiques que des fois il faut se lever tôt pour comprendre (à croire que c'est fait exprès, si si).

samedi 13 avril 2013

Un peu de lecture

Mais que m'arrive-t-il donc ? Au lieu de penser à mon avenir, je parcours la toile à la recherche de je ne sais pas trop quoi et je lis des livres.

Sur la toile, je suis tombé sur ce blog.

Et puis ce livre : Hommage à la Catalogne (plus ça va, plus Orwell me troue le cul, je le dis avec tout le respect dont je suis capable).

La première partie décrit les embuscades entre fascistes et républicains pendant la guerre civile espagnole. Il paraît que déjà, certains jeunes Espagnols ne savent pas qu'une telle guerre a eu lieu dans leur pays, le monde est une source perpétuelle d'étonnement.

Orwell faisait partie du POUM. Là, j'en suis à la partie lors de laquelle il décrit la difficile relation du parti communiste et du POUM, avec pour conclusion, tous ceux qui ont lu Le Poulpe le savent, la destruction du POUM.

Le système totalitaire décrit par Orwell dans 1984 relève autant du nazisme que du stalinisme (sans qu'Orwell ait jamais renoncé à ses convictions socialistes). J'insiste sur ce point car je viens de lire un bouquin qui s'appelle Bonjour Paresse, dans lequel il n'est question que du stalinisme, ça m'énerve quand on déforme comme ça la pensée d'un auteur. Un système totalitaire, c'est un système totalitaire, point barre.

Le nazisme est un système totalitaire basé sur une idéologie raciste et violente et qui affiche clairement son désir de supprimer une partie de l'humanité et de réduire une autre partie en esclavage.
Le stalinisme est un système totalitaire basé sur une idéologie qui prône la collectivisation des moyens de production et qui s'inspire d'idées généreuses, qui ne plaisent pas à tout le monde, d'autant que leur mise en œuvre a débouché sur des systèmes totalitaires en Chine, en URSS et à Cuba. La question que je me pose est la suivante : le système totalitaire est-il une conséquence inévitable des idéologies, aussi généreuses soient-elles à la base ? La question ne se pose pas à mon sens pour le nazisme, qui portait en germe le totalitarisme.

Si quelqu'un a des lectures à me conseiller sur ce sujet, je suis preneuse. 

Occupy Bordeaux

Promenade-manifestation dans les rues ensoleillées avec le collectif du 13 avril « Nous ne payerons pas leur dette ». Nous étions au moins 25 !
Les passants avaient le sourire, quelques-uns ne se retenaient pas d'exprimer la franche hilarité que leur inspirait le côté disparate de notre marche, sans mégaphone, sans slogans bien arrêtés et sans organisation, avec quelques jeunes punks munis de canettes de bière. Un drapeau de la CNT a flotté place de la Bourse et cela a découragé une dame de nous suivre. Elle ne voulait pas participer à une manifestation qu'un quelconque mouvement (et surtout pas les anarchistes) puisse s'approprier.

J'ai fait une sale blague et proposé de chanter L'Internationale pour le bénéfice des clients attablés à la table du Gabriel, pour lesquels nous devions représenter une distraction assez réjouissante. Une jeune femme sympa nous a expliqué qu'il ne fallait pas croire, mais les riches étaient aussi dans la contestation et ne voulaient pas payer les dettes des banques. Elle se comptait parmi les riches parce qu'elle gagne un salaire décent, ainsi que son compagnon. C'est fou, ça : maintenant, les prolos qui gagnent normalement leur vie se prennent pour des riches et font jouer la solidarité de classe !
On a marché dans le centre ville, parmi les shoppeurs du samedi après-midi, qui nous croisaient sans trop savoir au final pourquoi on défilait. Il y a eu des sourires un peu méprisants, des vrais sourires, une dame blonde, à première vue pas franchement concernée par la problématique de la dette publique et encore moins par celle de la dette tout court, a éclaté de rire : « Ils sont dix ! »
Le monsieur des RG chargé de s'assurer que nous ne nous livrions pas à des activités séditieuses de masse devait trouver ça moyennement marrant de devoir couvrir un rassemblement avec si peu de monde, c'est pas facile pour se fondre dans la foule.
Sur Facebook, le groupe comptait 486 participants. Les RG, la réalité virtuelle, ça commence à les gonfler sévère ! Ils sont obligés de sacrifier leur samedi et voilà le résultat !  

vendredi 5 avril 2013

La croissance du niveau du PIB

« Les travailleurs âgés sont loin d'être un parasitisme handicapant souligne Jean-Olivier Hairault, bien au contraire.
Démonstration : « plutôt que l'augmentation des prélèvements obligatoires, la première piste à privilégier est la croissance du niveau du PIB. Parce que la productivité horaire est déjà en France à un niveau très élevée, l'augmentation du taux d'emploi offre des marges beaucoup plus importantes. Parce qu'il n'est pas nécessairement efficace d'augmenter celui des plus jeunes qui doivent passer du temps à s'éduquer, repousser l'âge moyen de la retraite à 65 ans peut permettre d'élever fortement le PIB par habitant. »

Estimation : 5 années supplémentaires de travail pour 50 % de Français sur 40 années en moyenne actuellement représenteraient un formidable réservoir de croissance, de l'ampleur d'une réduction du taux de chômage de 10 à 5 %.
»
 


C'est tiré du webmag de Pôle Emploi. Certains raisonnements ont une telle puissance qu'ils tireraient les larmes, on en défaille de saisissement, on se frappe le front : « Mais comment n'y avait-on pas pensé plus tôt ? » Je reconnais, l'article date de 2012, mais ça fait rire quand même.

Estimation à vue de nez : Pinceau - échelle [(puissance du vent x âge du capitaine) - (prix du ballon de rouge au comptoir² + gros pétard)] + (formation en économie - formation intellectuelle de base) = jus de crâne puissance dix.

jeudi 4 avril 2013

Citoyens, achetez des bagnoles !

C'est fort grave : le marché de l'automobile est en berne.

Le Français, entre deux accès de calme, devrait acheter des voitures, histoire de relancer l'économie, au lieu de se demander comment ça se fait qu'un proche de Marine Le Pen trempe dans une histoire louche de compte suisse.

Comment ça, le Français n'a pas de sous ? Comment ça, le Français a un salaire de merde ? On a dit qu'on gardait son calme.

Citoyens, gardez votre sang-froid !

Chopé au vol ce soir, dans l'émission 28 minutes. Alain Duhamel, dans son costard gris bien comme il faut, avec des mines de Raminagrobis, à Elisabeth Quin qui lui demande si les citoyens n'auraient pas un rôle à jouer (il venait d'être longuement question de la déplorable affaire Cahuzac, bien sûr, et de son impact non moins déplorable sur le vote des Français, qui risquent de se tourner vers l'extrême droite ou l'abstention pour cause de ras-le-bol de se faire prendre pour des pigeons), Duhamel donc, lève les yeux au ciel, fait « Bof ! » avec sa bouche et trouve la solution : « Il faut que les Français gardent leur calme. » 

Le Français est cartésien, pragmatique et redoute l'hypertension : il va prendre ses cachets pour continuer à assister au numéro extrêmement bien rodé que lui sert la classe politique qui est censée le représenter : les mecs de gauche s'indignent quand c'est les mecs de droite qui se la donnent et les mecs de droite s'indignent quand c'est le tour des mecs de gauche de taper dans la caisse.

Tout ça sous le regard d'excités aux desseins louches qui guettent le moment où ils pourront enfin mettre tout le monde au pas de l'oie. 

On a trop peur que les fachos fassent un score honorable, alors on vote utile, on vote mou, on vote contre. On n'ose même pas voter blanc.

Du coup, les autres, qu'est-ce que tu veux qu'ils en aient à foutre du vote sanction ? Ils attendent juste que ce soit leur tour de récupérer les clés du coffre (parce qu'en plus, on leur laisse les clés !).

C'est vrai qu'on ne voit pas pourquoi on s'énerverait pour si peu.

Je regrette amèrement de m'être inscrite sur les listes électorales, parce que les vieux anars avaient raison : élection = piège à cons !




mardi 2 avril 2013

Retour au meilleur des mondes, Aldous Huxley

Un bouquin facile à lire (mais vaut mieux tout de même avoir lu Le Meilleur des Mondes et 1984). Huxley revient en 1958 sur Le Meilleur des Mondes, écrit en 1931, avec l'éclairage de 1984, écrit lui en 1949 (si la chronologie de ces dates ne vous dit rien, ne continuez pas votre lecture, vous perdriez sans doute votre temps).

Il y a comme un air d'actualité troublant. Je pourrais vous expliquer plein de trucs que ça m'évoque, mais allez-y voir vous-mêmes, c'est facile à lire. Je répète : c'est facile à lire et c'est en poche.

Quelques morceaux pour vous appâter :

« En politique, l'équivalent d'une théorie scientifique ou d'un système philosophique parfaitement achevé, c'est une dictature totalitaire.
En économie, l'équivalent d'une œuvre d'art harmonieusement composée, c'est l'usine fonctionnant sans à-coups dans laquelle les ouvriers sont parfaitement adaptés aux machines.
La volonté à ordre peut faire des tyrans de ceux qui aspirent simplement à déblayer le gâchis.
La beauté du rangement sert de justification au despotisme. »

Bon, la prochaine fois, je lis un Picsou, pour me détendre.

mardi 26 mars 2013

Salaire net et monde de brutes

Un blog marrant qui décrit les joies des boulots alimentaires (les petits boulots ou tafs de merde).
 
Bon là, ils sont tous les deux jeunes et ce qui les a fait tenir, c'est la perspective de trouver enfin un travail dans leurs cordes, ce qui a fini par leur arriver...

C'est un peu moins marrant quand ça repart pour un tour parce qu'on a passé la date limite de consommation...C'est pour ça, tout ce qui permet d'en rire est bienvenu !

jeudi 21 mars 2013

Ça, c'est fait...

En ce moment, comme j'en ai assez de déprimer dans mon coin, je cherche des gens avec qui déprimer et râler en groupe, histoire de rêver que de nos grogneries communes naîtra la lumière (je crois que j'ai bien fait de ne pas faire poète).

Ordoncques, depuis quelque temps, un groupe nommé Roosevelt 2012 avait attiré mon attention. Ils proposent des trucs pour sortir du merdier ambiant, dont notamment le partage du travail (c'est pas con, ça permettrait à tout le monde d'être un peu chômeur, autant partager les bonnes choses).

J'ai donc rencontré les membres de ce mouvement citoyen ce soir et  je n'ai pas été très convaincue. 

Nous étions une douzaine. Deux militants PS dont une élue, des retraitées de l'Éducation nationale, un ingénieur, un chef de projet, un employé des douanes, etc. J'étais la seule précaire et rien que ça, je me sentais un peu bizarre. La moyenne d'âge tournait aux alentours des 50 ans, sauf un jeune ingénieur de 30 ans.

J'ai commencé par dire que j'avais travaillé dans un centre d'appels, ça a tout de suite installé une ambiance terrible. Les gens de gauche, ils aiment les précaires et les pauvres. De loin. 

J'ai vite demandé ce qu'ils comptaient faire en précisant bien que les partis politiques et leur fonctionnement, ça ne m'intéressait pas du tout. On m'a gentiment expliqué qu'il était question de lobbying et de pédagogie envers les élus (car, a-t-on pris la peine de m'expliquer, ce sont eux qui votent les lois). J'ai bien aimé le petit ton un peu condescendant avec lequel tout cela me fut exposé.

J'ai tout de même indiqué que je croyais moyennement à tout ça, vu que les partis politiques avaient démontré et amplement leur incurie et que surtout ils ne représentent plus du tout le peuple. Que je n'avais pas du tout envie de rejoindre un satellite d'un parti politique. J'ai bien senti que mes questions et mes réticences agaçaient mais j'avais pris la peine de me déplacer pour faire connaissance, j'étais fermement décidée à faire le tour de la question.

Après, comme la question des moyens (lobbying et pédagogie, donc) était épuisée, ils ont débattu des prochaines actions. Et la prochaine action, c'était de défiler avec une banderole pour le ler Mai (« Oui, mais est-ce qu'on a le droit et combien doit mesurer la banderole ? »). Je n'invente rien.

Une dame a proposé de creuser la question des banques coopératives et des SCOP. Le sujet n'a pas semblé enflammer les foules. Un des gars a balayé le sujet d'un large revers de la main, après avoir affirmé que l'ADIE est un organisme qui prête 100 ou 200 euros aux chômeurs et confondu la MNEF et La Nef. Rien de plus qui m'énerve que ces imposteurs qui ne savent rien mais le disent sur un ton tel que personne n'ose les reprendre.

Armé d'un Smartphone, il pontifiait. Il semblait avoir une connaissance intime de ce qui était important et brûlait de nous la communiquer. C'était une réunion informelle, alors quand il a commencé à me parler comme un petit chef pénible, je lui ai expliqué que j'avais un peu du mal avec ses façons depuis le début de la réunion.

Le côté leader auto-proclamé qui pérore et prend les rênes du débat en main, distribue la parole, interrompt la discussion et adopte un ton péremptoire, on doit déjà l'endurer dans le monde du travail. Hors contexte, aucune raison de le subir. Un autre type a tenté de m'expliquer que je me faisais des idées et je l'ai envoyé promener : « Tu penses ce que tu veux, et moi aussi, restons-en là. » Le leader charismatique de mes fesses se l'est tenu pour dit et a mis un bémol à son numéro de pénible autocrate. Cela fait un an que le groupe se réunit, si j'ai bien compris. Si ça fait un an qu'ils supportent ce chefaillon sans lui dire de la boucler, je n'ai vraiment rien à leur dire, voilà ce que j'ai pensé.

Bref : on était très contents de se quitter à la fin de la réunion. Comme j'aime rire, en partant je leur ai dit « À bientôt ! » alors que pas du tout. 

Je crois que je ne suis pas faite pour les regroupements de gens de gauche, enfin pas celui-là, parce qu'à vue de nez, ils sont articulés selon un modèle qui ne me convient pas du tout et ils n'aiment pas beaucoup le fluo non plus...

dimanche 17 mars 2013

C'est pas poli de regarder dans l'assiette du voisin !

En ce moment, il y a une espèce de polémique sur ce que gagnent certaines catégories de la population, artistes et footballeurs, par exemple.

A la base, ce genre de débat, je m'en fous un peu et surtout l'énormité des chiffres annoncés me sidère tellement qu'une partie de mon cerveau bloque, comme si les faits évoqués provenaient d'une planète très lointaine.

Sauf que l'autre jour, j'ai entendu un mini-échange à ce propos entre Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Alessandra Sublet sur France 5.

Jean-Pierre Bacri rappelait à juste titre la précarité vécue par les acteurs et Agnès Jaoui rabrouait la présentatrice  sur l'air de « Les présentateurs télé ont eux aussi des salaires pharamineux et personne ne leur en fait grief, alors hein, bon ! » 

Pour finir, Jean-Pierre Bacri demanda qu'on laisse les acteurs amasser de quoi assurer leurs vieux jours le temps de leur brève carrière.

C'est vrai ça, quoi, merde !

Bien entendu, personne ne réclame à C à vous de traiter les débats de fond, ce n'est pas le propos de cette émission, qui a plutôt pour vocation de détendre le chaland.

Mais tout de même : reprenons l'argument de la précarité et de la brièveté de la carrière et appliquons-le à tous les boulots précaires qui pullulent à l'heure actuelle.
 
Imaginez qu'au lieu du rituel 9,43 € de l'heure qu'on vous propose pour aller bosser dans des conditions que la pression du chômage rend de plus en plus difficiles et mortifères, on tienne compte de votre précarité, du fait qu'on va vous éjecter du monde du travail vers 45 ans, mais aussi de votre désir légitime de vous assurer un train de vie décent qui vous permette de vous soigner lorsque vous en avez besoin, de vous loger dans des conditions correctes voire agréables, de cotiser pour que vos vieux jours ne se résument pas à Canigou Ron-Ron et déprime sévère devant la télé à regarder Alessandra Sublet...

Imaginez donc que les salaires tiennent compte de tous ces paramètres : il est probable que tout le monde gagnerait correctement sa vie et on n'en serait pas à regarder dans l'assiette bien garnie du voisin en tordant le nez. 

Ça fait réfléchir, non ?

Restez calmes, c'est pas demain la veille : on va continuer à parier que la précarisation et la paupérisation d'une partie de la population (les feignants, les médiocres et les maillons faibles) est un gage de sécurité et de bien-être pour une autre partie de la population (qui bien entendu le mérite, au nom de son talent et de son travail).

Et surtout, demander à la première catégorie de trouver ça normal, voire le lui expliquer par tous les moyens.

mardi 12 mars 2013

Mots croisés, l’émission de Yves Calvi, lundi 11 mars à la télé.

M. Woerth reproche à Olivier Besancenot, qui ne défaille pas de ravissement devant la logique libérale, d’être un garçon haineux. Mme Parisot, pour sa part, s’indigne qu’il soit incapable, dévoré qu’il est par une idéologie néfaste, de comprendre les mécanismes de l’économie. M. Woerth et Mme Parisot sont bien entendu étrangers à toute idéologie et à toute haine. Ce sont des esprits cartésiens assaillis par une plèbe ignare et prompte à la détestation.

La populace, de quoi donc qu’elle se plaindrait ? Elle esquisse une caricature de révérence, malaxe son béret entre ses doigts gourds, remercie avec ses pauvres mots maladroits M. Woerth et Mme Parisot et les prie de continuer de l’arroser de leur gros amour compétent et qui réchauffe.

samedi 2 mars 2013

Pasta per tutti !

En Italie, ils ont voté pour un drôle de gars ni de gauche ni de droite, un populiste, un clown. Apparemment, il est très content de foutre le bordel dans un système politique qui le lui permet amplement.

Si j'étais une journaliste sérieuse, je ferais des recherches sur la légendaire instabilité politique de l'Italie, mais je ne suis pas journaliste, pas très sérieuse non plus. Vous ferez ça très bien sans moi.

Des gens sérieux, il y en a un bon paquet qui défilent à la radio en ce moment pour faire le point sur la politique de M. Monti et expliquer doctement qu'il n'a pas eu le temps de faire les réformes rigoureuses et nécessaires qu'il préconisait.

Ils auraient dû comprendre, les Italiens, qu'il fallait qu'ils en chient encore un peu. Ils avaient la chance d'avoir Monti pour guider la barque mais ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et ça les empêche de voir le bout du tunnel.

Les politiques de rigueur, qu'elles soient de gauche ou de droite, ne font pas tellement recette en Europe : les andouilles qui se les prennent dans les dents votent mal et idiot, bien que les journalistes se tuent à leur expliquer que le pays tout entier y trouverait son compte... 

Les pauvres, non seulement, ça ne comprend rien à l'économie, mais en plus ça vote...

A force de faire n'importe quoi avec la démocratie, des petits privilèges aux régimes spéciaux en passant par le cumul des mandats et autres façons plus ou moins gracieuses de prendre le bon peuple pour un gogo, on finit par trouver épatant que des lasagnes au cheval retirées de la vente pour tricherie sur la marchandise puissent être redistribuées aux nécessiteux.

vendredi 15 février 2013

Enlightened

Une série intéressante, sur HBO, bien sûr et sur le câble en France : Enlightened.
La première saison se traînait un peu (mais permettait d'installer les personnages), la deuxième saison est vraiment très bien.

Plus ça va, plus la vie devient complexe

Des fois, la journée, j'ai un peu de temps à perdre, alors j'achète un journal. Si j'avais un smartphone, je n'y penserais même pas, mais ceci est une autre histoire.
L'autre jeudi, donc, j'achète Libération que ça fait des années, j'avoue, que je n'ai pas lu. Il y avait un long article sur un duo de tontons flingueurs bien comme on les aime chez Libération. Sauf que j'ai eu du mal à comprendre l'article : impossible de savoir s'il s'agissait d'une rencontre avec les deux bandits en question chez Bocuse ou quoi ou qu'est-ce tellement le truc était écrit avec les pieds.
Bon.
Je continue à feuilleter le journal, survolant les encadrés à droite à gauche. J'ai failli m'étrangler quand je suis tombée sur une chronique économique signée, je vous le donne en mille... Alain Duhamel.
Et sinon, vous en pensez quoi, vous, de tous ces mecs qui se font cramer d'un bout à l'autre de l'Hexagone ?

jeudi 14 février 2013

Tu sais jouer de la mandoline japonaise, toi ?


Lors de  mon apprentissage éclair de la cuisine, j'ai utilisé une mandoline normale : c'est pratique mais franchement pas facile à régler et cher. Mais pratique. J'ai eu des bons cadeaux pour Noël par la boîte où je travaillais et j'ai trouvé cette mandoline japonaise chez un marchand de trucs à vendre pour ceux qui aiment cuisiner et c'est drôlement bien (rien que pour faire les tranches pour le gratin dauphinois, déjà). 

Tout ça pour dire que comme je ne travaille pas, je me remets à cuisiner : ce soir, c'est patates douces au four + salade de poulet mariné à la mangue et à l'avocat.

Bon appétit !

mercredi 13 février 2013

Picasso et des souvenirs










Dans Hors les murs, une des procureurs avait une reproduction de ces tableaux dans son bureau, ça a fait remonter pas mal de souvenirs. 

Par parenthèses, dans le reportage, dans le bureau de ladite procureur, il y a une belle scène de foutage de gueule jouée par deux avocats qui ont endossé leur belle robe, je vous la recommande tout particulièrement.

Les pauvres, ça regarde la télé

Les pauvres, c'est imbécile. Au lieu d'épargner pour pas crever la dalle dans quelques mois, ça dépense ses sous pour acheter des télés. Bon, en même temps, si on n'achète pas de machins, la conjoncture est morose et la crise galope et du coup, y'a encore plus de pauvres, ces imbéciles. Ha ouais, quand même...

Je disais donc, on vient de s'acheter la première télé de notre vie payée avec notre argent (et aussi un peu beaucoup celui des parents de mon mari, la honte, putain, y'a des jours, on voudrait être babyboomer, tiens... Non je plaisante...). Dans ma vie, on m'a filé des télés, pas mal, j'en ai échangé une une fois contre une Mobylette orange, mais acheter une télé neuve, ça ne m'était encore jamais arrivé.

Je ne vais pas vous fatiguer avec les différents épisodes pourtant passionnants de l'achat de cette télé. 

Ce soir, on était contents de notre achat : on a regardé à 20 h 35 Les Réseaux de l'extrême, de Caroline Fourest, sur France 5, on a enchaîné sur Hors la loi, de François Chilowicz, sur France 2 et on est restés sur la même chaîne pour La mise à mort du travail, de Jean-Robert Viallet.

Ce dernier documentaire m'a fait réaliser que j'avais participé bien malgré moi à créer un monde de cinglés. J'ai travaillé pendant des années sur des ouvrages de management de la qualité (enfin, de «produisons plus avec moins de gestes et moins de gars si on est chanceux»). J'avoue que ça fait vraiment mal au cul de voir un grand imbécile à lunettes appliquer en live les principes du Kanban avec le plus grand sérieux. Lorsque je relisais ces bouquins, je trouvais les principes décrits du plus haut comique. C'est toujours aussi comique en vrai, sauf que le gars qui est chargé de faire appliquer et prospérer les principes du Kanban, lui, il n'a aucun sens de l'humour ! Et sans doute de bonnes raisons pour ça, genre un crédit à la con à payer, comme tout le monde...

Attention  ! Ne regardez pas ce documentaire si vous trouvez votre boulot nul, mal payé et abrutissant, vous risquez de mal le prendre, car son réalisateur aurait tendance à laisser croire que tout ça, ces souffrance au travail et ces vies de merde de millions de gens qui se cassent le cul à gagner des clopinettes dans un boulot pas marrant dans lequel on exige toujours plus, sans compter ceux qui crèvent de misère, c'est pour qu'un sale type puisse valser avec une brune maigre qui a une tronche en biais. A moins que ça ne vous console de vous dire qu'il y en a au moins un qui s'amuse...

Et c'est pas pour dire mais pour voir certains trucs, faut vraiment veiller tard, ça m'étonne moins certaines discussions d'andouilles à la machine à café dans les entreprises...

mercredi 30 janvier 2013

Au revoir Président, au revoir !

J'aurai tenu 10 mois, 
je n'en reviens pas !

Parmi les CDI ou les CDD longue durée, certains de mes collègues, sachant que je pars bientôt, commencent à me saluer le matin.

Avec les nouveaux, on se demande encore ce qui explique le comportement de ces connards de CDI qui se croient autorisés à ne pas dire bonjour le matin (sans compter les abrutis de CDD qui font pareil pour montrer qu'ils ont bien compris le genre de la maison). 

Quand j'étais seule à me prendre des grands vents polaires le matin, c'était limite angoissant, maintenant qu'on est plusieurs, ça reste affligeant, mais on peut en rire.

Mon imbécile de sous-off de chef me fout une paix royale. Je l'ai envoyé chier lors d'un coaching dernièrement : « OK, je suis nulle et mon travail est catastrophique, t'as qu'à noter ça, et puis on en reste là, d'autant que n'oublions pas que je me tire à la fin du mois ! » Et j'ai expliqué que certainement, tout ça c'était à cause de mon mauvais caractère. L'autre sous-doué a marmonné des contestations vagues mais comme je m'en foutais, je l'ai laissé divaguer. 

Un peu plus tôt dans le mois, j'avais expliqué à la troupe des managueurs et au chef managueur que je ne ferais pas les frais de leur joli numéro de déglingage de ma pomme, lors de la fameuse séance de debriefing de l'appel enregistré de manière aléatoire. Le managueur en chef m'a alors fait remarquer que mon attitude démontrait mon manque de maturité (« nous sommes entre adultes, Madame ! ») 

L'argument ne manquait pas de sel parce que leur managuement consiste surtout à nous infantiliser gravement tous les jours. Il m'a ensuite démontré que si j'étais en train de faire du 300 sur l'autoroute, je voudrais me faire flasher pour pouvoir corriger mon comportement.

C'était bien cool d'être comparée à une délinquante, mais j'ai quand même, avec la plus grande immaturité, persisté dans mon refus de participer à leur machin.

Se faire déchirer à belles dents sans pouvoir plaider sa cause, si on accepte une fois, c'est de la curiosité, si on y retourne, c'est du masochisme ou de la connerie. J'ai outrageusement abusé de ma position de travailleuse précaire bien décidée à ne surtout pas signer de CDI et ça m'a fait un bien fou.

Dans les semaines qui ont suivi mon refus, j'ai entendu certains de mes collègues se demander à voix haute si ça ne serait pas une solution que tout le monde refuse d'assister à ce cirque, histoire que les managueurs comprennent. J'ai fait celle qui n'entendait pas. Hé ho ! dans la connerie et la candeur, j'ai déjà donné !

Certains des nouveaux me demandent tous les jours comment je me sens à l'idée de ma prochaine évasion et je leur envoie un grand sourire.

Bientôt la quille, les amis !

Je compatis avec eux, tous ces longs jours qu'il leur reste à accomplir, mais en même temps, je suis leur soleil matinal, leur preuve sur pattes que leur calvaire connaîtra une fin dans quelques mois.

Ils me causent facilement de leur peu d'appétence pour la culture d'entreprise (la quoi ?) et le management (le quoi ?) de cette boîte. Et ça me rassure infiniment que les mêmes causes provoquent les mêmes dégoûts, parce qu'à force d'entendre mon blaireau d'ex-chef se gargariser, de voir certains de mes collègues se vautrer dans des comportements louches, j'avais fini par avoir de sacrés doutes sur ma santé mentale.

Autre sujet de contentement qui démontre la furiosité de mon immaturité : la connasse de fayote fourbe qui m'insupporte (championne du monde du refus de salutation matinale, entre autres) est unanimement considérée pour ce qu'elle est par les nouveaux. Cela m'enchante vraiment de le savoir, parce que j'ai été obligée de la supporter pendant la formation et le tutorat avec une autre imbécile de son acabit avec qui elle formait un tandem d'une rare stupidité. Je pensais être la seule à ne pas supporter cette intolérable pimbêche mais je me trompais. 

Bref, je rayonne, je jubile, je savoure. Dernière journée demain chez les mongoliens, ensuite je touche mon chèque et je l'aurai bien mérité !

vendredi 30 novembre 2012

un peu de lecture, pour oublier qu'il faut bosser pour payer le loyer

En ce moment, je lis un bouquin un peu écrit avec les pieds parfois, mais bien intéressant. Il y a différents contributeurs, et le style de certains est fort indigeste, mais leur intervention permet toutefois de se faire une idée (en s'accrochant parfois fort aux branches, il faut le reconnaître) des débats qui pourraient exister sur la question.

La question ? Le travail et son avenir. 

Si certains parmi les auteurs débattent, avec des arguments datés, du partage du temps de travail et des 35 heures (le bouquin n'est pas d'hier, je l'ai attrapé sur l'étal de mon bouquiniste préféré de Saint-Michel), d'autres envisagent déjà la situation dans laquelle nous pataugeons à l'heure actuelle.

Ils questionnent la valeur travail, remettent en cause la notion de plein emploi (une notion toute récente, selon certains auteurs, et surtout héritée des Trente Glorieuses) et se demandent si la façon dont on envisage globalement la chose n'aurait pas urgemment besoin d'un bon coup de brainstorming.

Si l'on en croit les joyeuses conneries qu'on continue à entendre tous les jours, d'où qu'elles viennent, cette urgence n'est pas partagée par tout le monde, loin s'en faut.

Je bouquine quelques pages le midi, dans le centre commercial d'une hideur qui dépasse tout que je suis obligée de fréquenter pour ma pause déjeuner, et ça fait du bien à la tronche, au milieu du flot mainstream, clonique et triomphant qui va et vient de boutique en boutique. 

Parfois au sein de la foule se glissent quelques non-inclus, au look improbable, qui flottent là-dessus comme des grumeaux que rien ne saurait dissoudre, ça fait du bien de les voir, même si je me doute que leur vie n'est pas plus facile que la mienne.


jeudi 29 novembre 2012

Tu devrais être contente d'avoir un boulot, par les temps qui courent...

Le matin, on a droit à un mail agressif, genre « Vous êtes des buses, vous ne faites pas vos chiffres, vous craignez tellement qu'on se demande ce que vous foutez là ». Ça met en jambes pour la journée. 

Si un appel dure un peu trop longtemps, on se fait allumer. Les gens à l'autre bout du fil, et qui appellent pour demander des infos sur leur dossier, râler parce qu'ils n'ont pas eu leurs sous, ne sont pas au courant qu'on doit les expédier en 4,30 minutes.

4,30 minutes pour vérifier leur adresse, leurs numéros de téléphone, leur envoyer leurs codes d'accès, les abonner au service de e-relevés, répondre à leurs questions, leur demander s'ils ont tout compris, verrouiller la conversation en leur demandant si on peut faire autre chose pour eux. C'est là que certains repartent pour une autre question et tu ne peux tout de même pas les envoyer chier. Si ? 

En plus, tu dois leur proposer un contrat de prévoyance, parce que si tu ne fais pas tes chiffres, tu vas te prendre un autre mail dans la journée (en plus de celui du matin où on t'a bien expliqué que tu étais une merde) dans lequel ton managueur développe à quel point tu es vraiment une pure merde, tellement tu as eu d'appels et tu n'as pas fait tes chiffres, pas assez proposé de prévoyance, pas fait de bilans, pas respecté les 4,30 minutes de durée moyenne de communication et les 45 secondes de temps de saisie. 

Pour chaque appel, tu dois vérifier le dossier avec un logiciel très con et fort peu convivial (genre toutes les infos sont soigneusement dissimulées à des endroits improbables et pour les découvrir, c'est un vrai jeu de piste à base de trois milliards de clics), et tout en faisant ça, tu dois en même temps (tu es une merde multitâche) renseigner le logiciel de traçage et indiquer pourquoi le gars t'appelle (il y a des menus déroulants dans lesquels tu peux choisir, mais bien sûr, tous les cas n'ont pas été prévus et on  peut te péter la tête si tu ne choisis pas comme il faut), éventuellement lui envoyer un mail avec un doc à l'aide d'un outil agaçant de lenteur (les documents ne sont bien sûr pas centralisés à un seul endroit, ça serait trop simple, il faut aller les chercher à droite à gauche en haut en bas, et si tu perds du temps, tu te sens devenir la grosse merde qu'on t'a déjà expliqué que tu étais), et puis passer rapidement à l'appel suivant.

Mon temps moyen de communication est d'au moins 6 minutes (je crois que je bats tous les records de merditude !!), je suis rarement à l'objectif pour les propositions de prévoyance, j'oublie souvent de réaliser des bilans (des questions à la noix sur les dossiers, surtout destinées à placer encore et toujours des contrats de prévoyance, ça dure des plombes, un message te signale en début de communication que tu dois le faire, mais si la communication est un peu ardue, tu perds le fil et tu te rends compte que tu as oublié le bilan au moment où tu raccroches et tu dis des gros mots...).

Je crains de ne pas avoir un vrai tempérament de commerciale. Je fais ce boulot pour gagner ma croûte, pas par vocation, les conditions dans lesquelles je l'exerce ne me semblent pas propices à un dépassement de ma compétitivité car je ne suis pas du genre que les coups de pompe dans le cul galvanisent.

Cette semaine, on a déjà eu droit à deux mails de notre managueur, qui nous explique que respecter nos objectifs fait partie de notre fiche de poste (pas eu le temps d'aller consulter cette fiche de poste, moi) et qu'il est lassé de nous rappeler à l'ordre constamment.

Pour nous aider à sortir de notre merde, on a le droit aussi à des doubles écoutes en live : le managueur prend un écouteur et nous flique pendant une communication ou deux. Après, il démonte systématique tout ce qu'on a fait, afin de nous aider à progresser, il paraît. Nos communications sont enregistrées de manière aléatoire. Ces enregistrements sont debriefés par tous les managueurs réunis en aréopage, toi au milieu qui te fais redémonter. Si tu te risques à émettre des objections, il y aura toujours quelqu'un pour te dire que le but de la manœuvre c'est de te faire progresser, alors ne le prends pas mal. 

Tu as tout le temps tort, tout ce que tu fais est nul et sujet à caution, il faut admettre le fait dès le départ, sinon tu risques d'y laisser des plumes. 

Le pire, c'est qu'il n'existe aucune solidarité entre collègues, qu'on ne peut absolument pas faire front, parce que notre boulot, toujours au téléphone, avec 10 minutes de pause le matin et l'après-midi fait qu'on ne peut pas échanger plus de 3 secondes avec les autres galériens qui nous entourent. Cela fait deux jours que je n'ai pas pu prendre mes pauses.

Il y a quelques personnes qui respectent les temps imposés sur le plateau d'appels. Nos chiffres sont affichés à côté de l'entrée et les bad boys sont indiqués en rouge. Il y a finalement assez peu de vert, je trouve, si on tient compte du nombre de rappels à l'ordre et de menaces voilées qui sont censés nous remettre dans le droit chemin. 

Je jette juste un coup d’œil de loin certains matins à ce truc pour constater la persistance du rouge, qui me rassure : je ne suis pas la seule merde, finalement. Certaines de mes collègues se délectent de ces informations, je me demande si elles ont une vraie vie en dehors de ce petit univers étouffant et mesquin dans lequel elles s'épanouissent.

J'ai discuté trois secondes l'autre matin avec une de mes collègues, le matin très tôt avant de commencer à bosser, en prenant le café : j'étais soulagée et elle aussi de partager enfin, si peu que ce soit, ces sales moments, parce qu'au bout d'un moment, le mal-être et la colère, tu te persuades que c'est parce que tu es une merde que tu les éprouves.

dimanche 25 novembre 2012

En parlant de Chinois...

Je me suis gondolée comme une bossue en faisant un tour sur le site (très laid) d'une boîte de pas beaux chez qui j'ai travaillé il y a quelques années.

Cette boîte fait fabriquer la plupart de ses produits (des jouets) en Chine, mais sur son site, elle communique haut et fort sur la Fabrication Française et Européenne des ses produits (les majuscules sont d'origine, ces gens n'ont aucun goût et aucune culture typographique).

J'ai travaillé notamment sur la mise en page de leurs packagings avec la boîte qui gère leur production en Chine, et ça m'étonnerait qu'ils aient rapatrié leurs usines en France et en Europe, on en aurait entendu causer dans les chaumières.

Je serais Chinois, je le prendrais drôlement mal.

L'ami Ricoré a des amis dans la pub

La pub, c'est un univers à part. Un monde protégé plein de gens et de meubles blonds. Une fenêtre ouverte sur la quatrième dimension.

Exemple : ils ont tous les deux trente ans ou à peu près. Ils bataillent pour savoir qui va pouvoir se morfaler le dernier gâteau. Le débat est consistant mais courtois. Monsieur a deux réunions dans la journée et Madame une seule réunion mais avec des Chinois. Monsieur objecte qu'il mérite le gâteau parce que lui sa réunion c'est avec les informaticiens, et c'est pire que du chinois, ah ah ah ! Madame rétorque qu'elle a rendez-vous à 11 h 30 avec la directrice de l'école. Monsieur reconnaît qu'en effet, il ne peut pas lutter et concède le gâteau à Madame. 

Passé trente ans, les pubs c'est toujours pour des couches anti-fuites ou des assurances obsèques, avant vingt ans pour des yaourts ou des gels pour les cheveux, je ne sais pas si c'est révélateur, je constate, c'est tout.

Pour en revenir à cette pub, on est quand même très contents que la dame, malgré son emploi du temps hyper de la ouine, puisse assister à des rendez-vous avec la directrice de l'école de son enfant, ça prouve que dans le monde merveilleux de la pub, on peut gratter quelques heures dans sa journée pour gérer sa vie. Essayez dans la vraie vie et vous allez voir comment vous allez vous faire recevoir par votre boss !

lundi 19 novembre 2012

La tête hors de l'eau

Il me reste 2 mois et demi à tenir !


Dans deux mois et demi, la question ne sera plus « Comment je fais pour tenir ? » mais « Comment on fait pour bouffer ? »

Youpi tralala.

Je viens de faire un tour à droite à gauche pour regarder les annonces de boulot et ça donne toujours autant envie de rigoler massivement. 

De ci de là, des blogueurs s'indignent, communiquent leur désespoir et leur impuissance face à une situation qui nous échappe tellement qu'on se reprend à rire, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire.

Il y a aussi ceux qui ont des solutions intelligentes à proposer. 

Tiens, l'autre jour au Zapping, un type éructait dans une langue étrangère qu'il allait falloir mettre les chômeurs au pas, qu'il était bien fini le temps où on pouvait choisir de travailler ou pas.

Par parenthèse, quelqu'un a-t-il souvenir de cette époque bénie ? Moi pas. J'ai toujours dû travailler pour payer mes factures et mes menus plaisirs, sauf quand je me suis retrouvée sans boulot sans l'avoir choisi, mais je m'égare. 

Ordoncques, le monsieur disait comme ça d'un ton extrêmement convaincu que c'était bien fini la chienlit et le brossage de mouches, qu'il allait falloir que les chômeurs comprennent que s'ils ne travaillaient pas (vous vous rendez compte : un chômeur qui ne travaille pas, mais le monde est devenu une pétaudière !!!), ils n'auraient pas d'allocation et pis c'est tout !

C'est intéressant comme solution, parce que les allocations que perçoivent les chômeurs, c'est encore, jusqu'à preuve du contraire, des sous qu'ils ont cotisés quand ils travaillaient (avant de décider de ne plus travailler, sur un coup de tête et parce que c'est vraiment des inconscients qui ne prennent pas la pleine mesure de la crise.).

En gros, le monsieur fâché remet en cause un principe bien couillon : sur ton salaire, tu cotises à une caisse de solidarité, pour le cas où tu te retrouverais au chômage, parce que les factures, elles, continueront de tomber. Et que donc, lorsque tu te retrouves au chômage (parce que tu l'as bien cherché, vu que le chômeur, c'est jamais qu'un travailleur qui fait sa mauvaise tête), tu es indemnisé avec ces sous.

Comme dirait l'autre, au moment de te prendre tes sous, tout le monde est d'accord, mais au moment où tu passes à la caisse, y'a toujours une dame pointue ou un type convaincu pour te regarder de travers et te demander si par hasard t'aurais pas un peu un fier culot.


Le truc, c'est que les gens qui travaillent, ils en ont assez de cotiser pour les glandus crasseux qui se complaisent dans leur oisiveté et leur incurie, le Nord en a marre de payer pour le Sud, tout ça tout ça. 

C'est sûr qu'au train où vont les choses, les chômeurs se reproduisant comme des lapins (l'oisiveté mère de tous les vices, histoire connue), la crise s'éternisant et se propageant, le marasme s'installant, les caisses de solidarité sont fort sollicitées.  

La solution est lumineuse : faisons cotiser les futurs chômeurs à des caisses de solidarité et puis refusons-leur une prise en charge décente, foutons-les dans la merde, la misère noire et l'indigence, ça leur apprendra à ces trouducs !

Puisqu'on vous dit que c'est la crise, vous croyez quoi ? Qu'on va vous payer à rester devant votre télé dorloter votre petite déprime ? Qu'on va vous laisser vous empiffrer comme des gorets au Leader Price ?
Ha ça non ! 

Une saine révolte monte et gronde dans le pays, les nantis du RSA et de Pôle Emploi n'ont qu'à bien se tenir, le peuple souverain nimbé de lumière est debout ! Citoyens, l'heure est grave, il est urgent et nécessaire, indispensable et salutaire de faire rendre gorge à ces odieux profiteurs qui nous mangent la laine sur le dos depuis trop longtemps et nous narguent avec leurs odieux privilèges. Nous ployons sous le joug mais déjà nous relevons notre front pur vers les cieux céruléens et, le poing dressé face à l'iniquité, l'adversité et toutes ces choses, nous marchons, soulevés par un espoir immense.

C'est con, ça faisait un moment que je n'avais pas écrit sur ce blog, je reconnais que d'écrire des petites conneries, ça détend.

C'est tout, vous pouvez fumer.