mardi 26 mars 2013

Salaire net et monde de brutes

Un blog marrant qui décrit les joies des boulots alimentaires (les petits boulots ou tafs de merde).
 
Bon là, ils sont tous les deux jeunes et ce qui les a fait tenir, c'est la perspective de trouver enfin un travail dans leurs cordes, ce qui a fini par leur arriver...

C'est un peu moins marrant quand ça repart pour un tour parce qu'on a passé la date limite de consommation...C'est pour ça, tout ce qui permet d'en rire est bienvenu !

jeudi 21 mars 2013

Ça, c'est fait...

En ce moment, comme j'en ai assez de déprimer dans mon coin, je cherche des gens avec qui déprimer et râler en groupe, histoire de rêver que de nos grogneries communes naîtra la lumière (je crois que j'ai bien fait de ne pas faire poète).

Ordoncques, depuis quelque temps, un groupe nommé Roosevelt 2012 avait attiré mon attention. Ils proposent des trucs pour sortir du merdier ambiant, dont notamment le partage du travail (c'est pas con, ça permettrait à tout le monde d'être un peu chômeur, autant partager les bonnes choses).

J'ai donc rencontré les membres de ce mouvement citoyen ce soir et  je n'ai pas été très convaincue. 

Nous étions une douzaine. Deux militants PS dont une élue, des retraitées de l'Éducation nationale, un ingénieur, un chef de projet, un employé des douanes, etc. J'étais la seule précaire et rien que ça, je me sentais un peu bizarre. La moyenne d'âge tournait aux alentours des 50 ans, sauf un jeune ingénieur de 30 ans.

J'ai commencé par dire que j'avais travaillé dans un centre d'appels, ça a tout de suite installé une ambiance terrible. Les gens de gauche, ils aiment les précaires et les pauvres. De loin. 

J'ai vite demandé ce qu'ils comptaient faire en précisant bien que les partis politiques et leur fonctionnement, ça ne m'intéressait pas du tout. On m'a gentiment expliqué qu'il était question de lobbying et de pédagogie envers les élus (car, a-t-on pris la peine de m'expliquer, ce sont eux qui votent les lois). J'ai bien aimé le petit ton un peu condescendant avec lequel tout cela me fut exposé.

J'ai tout de même indiqué que je croyais moyennement à tout ça, vu que les partis politiques avaient démontré et amplement leur incurie et que surtout ils ne représentent plus du tout le peuple. Que je n'avais pas du tout envie de rejoindre un satellite d'un parti politique. J'ai bien senti que mes questions et mes réticences agaçaient mais j'avais pris la peine de me déplacer pour faire connaissance, j'étais fermement décidée à faire le tour de la question.

Après, comme la question des moyens (lobbying et pédagogie, donc) était épuisée, ils ont débattu des prochaines actions. Et la prochaine action, c'était de défiler avec une banderole pour le ler Mai (« Oui, mais est-ce qu'on a le droit et combien doit mesurer la banderole ? »). Je n'invente rien.

Une dame a proposé de creuser la question des banques coopératives et des SCOP. Le sujet n'a pas semblé enflammer les foules. Un des gars a balayé le sujet d'un large revers de la main, après avoir affirmé que l'ADIE est un organisme qui prête 100 ou 200 euros aux chômeurs et confondu la MNEF et La Nef. Rien de plus qui m'énerve que ces imposteurs qui ne savent rien mais le disent sur un ton tel que personne n'ose les reprendre.

Armé d'un Smartphone, il pontifiait. Il semblait avoir une connaissance intime de ce qui était important et brûlait de nous la communiquer. C'était une réunion informelle, alors quand il a commencé à me parler comme un petit chef pénible, je lui ai expliqué que j'avais un peu du mal avec ses façons depuis le début de la réunion.

Le côté leader auto-proclamé qui pérore et prend les rênes du débat en main, distribue la parole, interrompt la discussion et adopte un ton péremptoire, on doit déjà l'endurer dans le monde du travail. Hors contexte, aucune raison de le subir. Un autre type a tenté de m'expliquer que je me faisais des idées et je l'ai envoyé promener : « Tu penses ce que tu veux, et moi aussi, restons-en là. » Le leader charismatique de mes fesses se l'est tenu pour dit et a mis un bémol à son numéro de pénible autocrate. Cela fait un an que le groupe se réunit, si j'ai bien compris. Si ça fait un an qu'ils supportent ce chefaillon sans lui dire de la boucler, je n'ai vraiment rien à leur dire, voilà ce que j'ai pensé.

Bref : on était très contents de se quitter à la fin de la réunion. Comme j'aime rire, en partant je leur ai dit « À bientôt ! » alors que pas du tout. 

Je crois que je ne suis pas faite pour les regroupements de gens de gauche, enfin pas celui-là, parce qu'à vue de nez, ils sont articulés selon un modèle qui ne me convient pas du tout et ils n'aiment pas beaucoup le fluo non plus...

dimanche 17 mars 2013

C'est pas poli de regarder dans l'assiette du voisin !

En ce moment, il y a une espèce de polémique sur ce que gagnent certaines catégories de la population, artistes et footballeurs, par exemple.

A la base, ce genre de débat, je m'en fous un peu et surtout l'énormité des chiffres annoncés me sidère tellement qu'une partie de mon cerveau bloque, comme si les faits évoqués provenaient d'une planète très lointaine.

Sauf que l'autre jour, j'ai entendu un mini-échange à ce propos entre Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Alessandra Sublet sur France 5.

Jean-Pierre Bacri rappelait à juste titre la précarité vécue par les acteurs et Agnès Jaoui rabrouait la présentatrice  sur l'air de « Les présentateurs télé ont eux aussi des salaires pharamineux et personne ne leur en fait grief, alors hein, bon ! » 

Pour finir, Jean-Pierre Bacri demanda qu'on laisse les acteurs amasser de quoi assurer leurs vieux jours le temps de leur brève carrière.

C'est vrai ça, quoi, merde !

Bien entendu, personne ne réclame à C à vous de traiter les débats de fond, ce n'est pas le propos de cette émission, qui a plutôt pour vocation de détendre le chaland.

Mais tout de même : reprenons l'argument de la précarité et de la brièveté de la carrière et appliquons-le à tous les boulots précaires qui pullulent à l'heure actuelle.
 
Imaginez qu'au lieu du rituel 9,43 € de l'heure qu'on vous propose pour aller bosser dans des conditions que la pression du chômage rend de plus en plus difficiles et mortifères, on tienne compte de votre précarité, du fait qu'on va vous éjecter du monde du travail vers 45 ans, mais aussi de votre désir légitime de vous assurer un train de vie décent qui vous permette de vous soigner lorsque vous en avez besoin, de vous loger dans des conditions correctes voire agréables, de cotiser pour que vos vieux jours ne se résument pas à Canigou Ron-Ron et déprime sévère devant la télé à regarder Alessandra Sublet...

Imaginez donc que les salaires tiennent compte de tous ces paramètres : il est probable que tout le monde gagnerait correctement sa vie et on n'en serait pas à regarder dans l'assiette bien garnie du voisin en tordant le nez. 

Ça fait réfléchir, non ?

Restez calmes, c'est pas demain la veille : on va continuer à parier que la précarisation et la paupérisation d'une partie de la population (les feignants, les médiocres et les maillons faibles) est un gage de sécurité et de bien-être pour une autre partie de la population (qui bien entendu le mérite, au nom de son talent et de son travail).

Et surtout, demander à la première catégorie de trouver ça normal, voire le lui expliquer par tous les moyens.

mardi 12 mars 2013

Mots croisés, l’émission de Yves Calvi, lundi 11 mars à la télé.

M. Woerth reproche à Olivier Besancenot, qui ne défaille pas de ravissement devant la logique libérale, d’être un garçon haineux. Mme Parisot, pour sa part, s’indigne qu’il soit incapable, dévoré qu’il est par une idéologie néfaste, de comprendre les mécanismes de l’économie. M. Woerth et Mme Parisot sont bien entendu étrangers à toute idéologie et à toute haine. Ce sont des esprits cartésiens assaillis par une plèbe ignare et prompte à la détestation.

La populace, de quoi donc qu’elle se plaindrait ? Elle esquisse une caricature de révérence, malaxe son béret entre ses doigts gourds, remercie avec ses pauvres mots maladroits M. Woerth et Mme Parisot et les prie de continuer de l’arroser de leur gros amour compétent et qui réchauffe.

samedi 2 mars 2013

Pasta per tutti !

En Italie, ils ont voté pour un drôle de gars ni de gauche ni de droite, un populiste, un clown. Apparemment, il est très content de foutre le bordel dans un système politique qui le lui permet amplement.

Si j'étais une journaliste sérieuse, je ferais des recherches sur la légendaire instabilité politique de l'Italie, mais je ne suis pas journaliste, pas très sérieuse non plus. Vous ferez ça très bien sans moi.

Des gens sérieux, il y en a un bon paquet qui défilent à la radio en ce moment pour faire le point sur la politique de M. Monti et expliquer doctement qu'il n'a pas eu le temps de faire les réformes rigoureuses et nécessaires qu'il préconisait.

Ils auraient dû comprendre, les Italiens, qu'il fallait qu'ils en chient encore un peu. Ils avaient la chance d'avoir Monti pour guider la barque mais ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et ça les empêche de voir le bout du tunnel.

Les politiques de rigueur, qu'elles soient de gauche ou de droite, ne font pas tellement recette en Europe : les andouilles qui se les prennent dans les dents votent mal et idiot, bien que les journalistes se tuent à leur expliquer que le pays tout entier y trouverait son compte... 

Les pauvres, non seulement, ça ne comprend rien à l'économie, mais en plus ça vote...

A force de faire n'importe quoi avec la démocratie, des petits privilèges aux régimes spéciaux en passant par le cumul des mandats et autres façons plus ou moins gracieuses de prendre le bon peuple pour un gogo, on finit par trouver épatant que des lasagnes au cheval retirées de la vente pour tricherie sur la marchandise puissent être redistribuées aux nécessiteux.

vendredi 15 février 2013

Enlightened

Une série intéressante, sur HBO, bien sûr et sur le câble en France : Enlightened.
La première saison se traînait un peu (mais permettait d'installer les personnages), la deuxième saison est vraiment très bien.

Plus ça va, plus la vie devient complexe

Des fois, la journée, j'ai un peu de temps à perdre, alors j'achète un journal. Si j'avais un smartphone, je n'y penserais même pas, mais ceci est une autre histoire.
L'autre jeudi, donc, j'achète Libération que ça fait des années, j'avoue, que je n'ai pas lu. Il y avait un long article sur un duo de tontons flingueurs bien comme on les aime chez Libération. Sauf que j'ai eu du mal à comprendre l'article : impossible de savoir s'il s'agissait d'une rencontre avec les deux bandits en question chez Bocuse ou quoi ou qu'est-ce tellement le truc était écrit avec les pieds.
Bon.
Je continue à feuilleter le journal, survolant les encadrés à droite à gauche. J'ai failli m'étrangler quand je suis tombée sur une chronique économique signée, je vous le donne en mille... Alain Duhamel.
Et sinon, vous en pensez quoi, vous, de tous ces mecs qui se font cramer d'un bout à l'autre de l'Hexagone ?

jeudi 14 février 2013

Tu sais jouer de la mandoline japonaise, toi ?


Lors de  mon apprentissage éclair de la cuisine, j'ai utilisé une mandoline normale : c'est pratique mais franchement pas facile à régler et cher. Mais pratique. J'ai eu des bons cadeaux pour Noël par la boîte où je travaillais et j'ai trouvé cette mandoline japonaise chez un marchand de trucs à vendre pour ceux qui aiment cuisiner et c'est drôlement bien (rien que pour faire les tranches pour le gratin dauphinois, déjà). 

Tout ça pour dire que comme je ne travaille pas, je me remets à cuisiner : ce soir, c'est patates douces au four + salade de poulet mariné à la mangue et à l'avocat.

Bon appétit !

mercredi 13 février 2013

Picasso et des souvenirs










Dans Hors les murs, une des procureurs avait une reproduction de ces tableaux dans son bureau, ça a fait remonter pas mal de souvenirs. 

Par parenthèses, dans le reportage, dans le bureau de ladite procureur, il y a une belle scène de foutage de gueule jouée par deux avocats qui ont endossé leur belle robe, je vous la recommande tout particulièrement.

Les pauvres, ça regarde la télé

Les pauvres, c'est imbécile. Au lieu d'épargner pour pas crever la dalle dans quelques mois, ça dépense ses sous pour acheter des télés. Bon, en même temps, si on n'achète pas de machins, la conjoncture est morose et la crise galope et du coup, y'a encore plus de pauvres, ces imbéciles. Ha ouais, quand même...

Je disais donc, on vient de s'acheter la première télé de notre vie payée avec notre argent (et aussi un peu beaucoup celui des parents de mon mari, la honte, putain, y'a des jours, on voudrait être babyboomer, tiens... Non je plaisante...). Dans ma vie, on m'a filé des télés, pas mal, j'en ai échangé une une fois contre une Mobylette orange, mais acheter une télé neuve, ça ne m'était encore jamais arrivé.

Je ne vais pas vous fatiguer avec les différents épisodes pourtant passionnants de l'achat de cette télé. 

Ce soir, on était contents de notre achat : on a regardé à 20 h 35 Les Réseaux de l'extrême, de Caroline Fourest, sur France 5, on a enchaîné sur Hors la loi, de François Chilowicz, sur France 2 et on est restés sur la même chaîne pour La mise à mort du travail, de Jean-Robert Viallet.

Ce dernier documentaire m'a fait réaliser que j'avais participé bien malgré moi à créer un monde de cinglés. J'ai travaillé pendant des années sur des ouvrages de management de la qualité (enfin, de «produisons plus avec moins de gestes et moins de gars si on est chanceux»). J'avoue que ça fait vraiment mal au cul de voir un grand imbécile à lunettes appliquer en live les principes du Kanban avec le plus grand sérieux. Lorsque je relisais ces bouquins, je trouvais les principes décrits du plus haut comique. C'est toujours aussi comique en vrai, sauf que le gars qui est chargé de faire appliquer et prospérer les principes du Kanban, lui, il n'a aucun sens de l'humour ! Et sans doute de bonnes raisons pour ça, genre un crédit à la con à payer, comme tout le monde...

Attention  ! Ne regardez pas ce documentaire si vous trouvez votre boulot nul, mal payé et abrutissant, vous risquez de mal le prendre, car son réalisateur aurait tendance à laisser croire que tout ça, ces souffrance au travail et ces vies de merde de millions de gens qui se cassent le cul à gagner des clopinettes dans un boulot pas marrant dans lequel on exige toujours plus, sans compter ceux qui crèvent de misère, c'est pour qu'un sale type puisse valser avec une brune maigre qui a une tronche en biais. A moins que ça ne vous console de vous dire qu'il y en a au moins un qui s'amuse...

Et c'est pas pour dire mais pour voir certains trucs, faut vraiment veiller tard, ça m'étonne moins certaines discussions d'andouilles à la machine à café dans les entreprises...

mercredi 30 janvier 2013

Au revoir Président, au revoir !

J'aurai tenu 10 mois, 
je n'en reviens pas !

Parmi les CDI ou les CDD longue durée, certains de mes collègues, sachant que je pars bientôt, commencent à me saluer le matin.

Avec les nouveaux, on se demande encore ce qui explique le comportement de ces connards de CDI qui se croient autorisés à ne pas dire bonjour le matin (sans compter les abrutis de CDD qui font pareil pour montrer qu'ils ont bien compris le genre de la maison). 

Quand j'étais seule à me prendre des grands vents polaires le matin, c'était limite angoissant, maintenant qu'on est plusieurs, ça reste affligeant, mais on peut en rire.

Mon imbécile de sous-off de chef me fout une paix royale. Je l'ai envoyé chier lors d'un coaching dernièrement : « OK, je suis nulle et mon travail est catastrophique, t'as qu'à noter ça, et puis on en reste là, d'autant que n'oublions pas que je me tire à la fin du mois ! » Et j'ai expliqué que certainement, tout ça c'était à cause de mon mauvais caractère. L'autre sous-doué a marmonné des contestations vagues mais comme je m'en foutais, je l'ai laissé divaguer. 

Un peu plus tôt dans le mois, j'avais expliqué à la troupe des managueurs et au chef managueur que je ne ferais pas les frais de leur joli numéro de déglingage de ma pomme, lors de la fameuse séance de debriefing de l'appel enregistré de manière aléatoire. Le managueur en chef m'a alors fait remarquer que mon attitude démontrait mon manque de maturité (« nous sommes entre adultes, Madame ! ») 

L'argument ne manquait pas de sel parce que leur managuement consiste surtout à nous infantiliser gravement tous les jours. Il m'a ensuite démontré que si j'étais en train de faire du 300 sur l'autoroute, je voudrais me faire flasher pour pouvoir corriger mon comportement.

C'était bien cool d'être comparée à une délinquante, mais j'ai quand même, avec la plus grande immaturité, persisté dans mon refus de participer à leur machin.

Se faire déchirer à belles dents sans pouvoir plaider sa cause, si on accepte une fois, c'est de la curiosité, si on y retourne, c'est du masochisme ou de la connerie. J'ai outrageusement abusé de ma position de travailleuse précaire bien décidée à ne surtout pas signer de CDI et ça m'a fait un bien fou.

Dans les semaines qui ont suivi mon refus, j'ai entendu certains de mes collègues se demander à voix haute si ça ne serait pas une solution que tout le monde refuse d'assister à ce cirque, histoire que les managueurs comprennent. J'ai fait celle qui n'entendait pas. Hé ho ! dans la connerie et la candeur, j'ai déjà donné !

Certains des nouveaux me demandent tous les jours comment je me sens à l'idée de ma prochaine évasion et je leur envoie un grand sourire.

Bientôt la quille, les amis !

Je compatis avec eux, tous ces longs jours qu'il leur reste à accomplir, mais en même temps, je suis leur soleil matinal, leur preuve sur pattes que leur calvaire connaîtra une fin dans quelques mois.

Ils me causent facilement de leur peu d'appétence pour la culture d'entreprise (la quoi ?) et le management (le quoi ?) de cette boîte. Et ça me rassure infiniment que les mêmes causes provoquent les mêmes dégoûts, parce qu'à force d'entendre mon blaireau d'ex-chef se gargariser, de voir certains de mes collègues se vautrer dans des comportements louches, j'avais fini par avoir de sacrés doutes sur ma santé mentale.

Autre sujet de contentement qui démontre la furiosité de mon immaturité : la connasse de fayote fourbe qui m'insupporte (championne du monde du refus de salutation matinale, entre autres) est unanimement considérée pour ce qu'elle est par les nouveaux. Cela m'enchante vraiment de le savoir, parce que j'ai été obligée de la supporter pendant la formation et le tutorat avec une autre imbécile de son acabit avec qui elle formait un tandem d'une rare stupidité. Je pensais être la seule à ne pas supporter cette intolérable pimbêche mais je me trompais. 

Bref, je rayonne, je jubile, je savoure. Dernière journée demain chez les mongoliens, ensuite je touche mon chèque et je l'aurai bien mérité !

vendredi 30 novembre 2012

un peu de lecture, pour oublier qu'il faut bosser pour payer le loyer

En ce moment, je lis un bouquin un peu écrit avec les pieds parfois, mais bien intéressant. Il y a différents contributeurs, et le style de certains est fort indigeste, mais leur intervention permet toutefois de se faire une idée (en s'accrochant parfois fort aux branches, il faut le reconnaître) des débats qui pourraient exister sur la question.

La question ? Le travail et son avenir. 

Si certains parmi les auteurs débattent, avec des arguments datés, du partage du temps de travail et des 35 heures (le bouquin n'est pas d'hier, je l'ai attrapé sur l'étal de mon bouquiniste préféré de Saint-Michel), d'autres envisagent déjà la situation dans laquelle nous pataugeons à l'heure actuelle.

Ils questionnent la valeur travail, remettent en cause la notion de plein emploi (une notion toute récente, selon certains auteurs, et surtout héritée des Trente Glorieuses) et se demandent si la façon dont on envisage globalement la chose n'aurait pas urgemment besoin d'un bon coup de brainstorming.

Si l'on en croit les joyeuses conneries qu'on continue à entendre tous les jours, d'où qu'elles viennent, cette urgence n'est pas partagée par tout le monde, loin s'en faut.

Je bouquine quelques pages le midi, dans le centre commercial d'une hideur qui dépasse tout que je suis obligée de fréquenter pour ma pause déjeuner, et ça fait du bien à la tronche, au milieu du flot mainstream, clonique et triomphant qui va et vient de boutique en boutique. 

Parfois au sein de la foule se glissent quelques non-inclus, au look improbable, qui flottent là-dessus comme des grumeaux que rien ne saurait dissoudre, ça fait du bien de les voir, même si je me doute que leur vie n'est pas plus facile que la mienne.


jeudi 29 novembre 2012

Tu devrais être contente d'avoir un boulot, par les temps qui courent...

Le matin, on a droit à un mail agressif, genre « Vous êtes des buses, vous ne faites pas vos chiffres, vous craignez tellement qu'on se demande ce que vous foutez là ». Ça met en jambes pour la journée. 

Si un appel dure un peu trop longtemps, on se fait allumer. Les gens à l'autre bout du fil, et qui appellent pour demander des infos sur leur dossier, râler parce qu'ils n'ont pas eu leurs sous, ne sont pas au courant qu'on doit les expédier en 4,30 minutes.

4,30 minutes pour vérifier leur adresse, leurs numéros de téléphone, leur envoyer leurs codes d'accès, les abonner au service de e-relevés, répondre à leurs questions, leur demander s'ils ont tout compris, verrouiller la conversation en leur demandant si on peut faire autre chose pour eux. C'est là que certains repartent pour une autre question et tu ne peux tout de même pas les envoyer chier. Si ? 

En plus, tu dois leur proposer un contrat de prévoyance, parce que si tu ne fais pas tes chiffres, tu vas te prendre un autre mail dans la journée (en plus de celui du matin où on t'a bien expliqué que tu étais une merde) dans lequel ton managueur développe à quel point tu es vraiment une pure merde, tellement tu as eu d'appels et tu n'as pas fait tes chiffres, pas assez proposé de prévoyance, pas fait de bilans, pas respecté les 4,30 minutes de durée moyenne de communication et les 45 secondes de temps de saisie. 

Pour chaque appel, tu dois vérifier le dossier avec un logiciel très con et fort peu convivial (genre toutes les infos sont soigneusement dissimulées à des endroits improbables et pour les découvrir, c'est un vrai jeu de piste à base de trois milliards de clics), et tout en faisant ça, tu dois en même temps (tu es une merde multitâche) renseigner le logiciel de traçage et indiquer pourquoi le gars t'appelle (il y a des menus déroulants dans lesquels tu peux choisir, mais bien sûr, tous les cas n'ont pas été prévus et on  peut te péter la tête si tu ne choisis pas comme il faut), éventuellement lui envoyer un mail avec un doc à l'aide d'un outil agaçant de lenteur (les documents ne sont bien sûr pas centralisés à un seul endroit, ça serait trop simple, il faut aller les chercher à droite à gauche en haut en bas, et si tu perds du temps, tu te sens devenir la grosse merde qu'on t'a déjà expliqué que tu étais), et puis passer rapidement à l'appel suivant.

Mon temps moyen de communication est d'au moins 6 minutes (je crois que je bats tous les records de merditude !!), je suis rarement à l'objectif pour les propositions de prévoyance, j'oublie souvent de réaliser des bilans (des questions à la noix sur les dossiers, surtout destinées à placer encore et toujours des contrats de prévoyance, ça dure des plombes, un message te signale en début de communication que tu dois le faire, mais si la communication est un peu ardue, tu perds le fil et tu te rends compte que tu as oublié le bilan au moment où tu raccroches et tu dis des gros mots...).

Je crains de ne pas avoir un vrai tempérament de commerciale. Je fais ce boulot pour gagner ma croûte, pas par vocation, les conditions dans lesquelles je l'exerce ne me semblent pas propices à un dépassement de ma compétitivité car je ne suis pas du genre que les coups de pompe dans le cul galvanisent.

Cette semaine, on a déjà eu droit à deux mails de notre managueur, qui nous explique que respecter nos objectifs fait partie de notre fiche de poste (pas eu le temps d'aller consulter cette fiche de poste, moi) et qu'il est lassé de nous rappeler à l'ordre constamment.

Pour nous aider à sortir de notre merde, on a le droit aussi à des doubles écoutes en live : le managueur prend un écouteur et nous flique pendant une communication ou deux. Après, il démonte systématique tout ce qu'on a fait, afin de nous aider à progresser, il paraît. Nos communications sont enregistrées de manière aléatoire. Ces enregistrements sont debriefés par tous les managueurs réunis en aréopage, toi au milieu qui te fais redémonter. Si tu te risques à émettre des objections, il y aura toujours quelqu'un pour te dire que le but de la manœuvre c'est de te faire progresser, alors ne le prends pas mal. 

Tu as tout le temps tort, tout ce que tu fais est nul et sujet à caution, il faut admettre le fait dès le départ, sinon tu risques d'y laisser des plumes. 

Le pire, c'est qu'il n'existe aucune solidarité entre collègues, qu'on ne peut absolument pas faire front, parce que notre boulot, toujours au téléphone, avec 10 minutes de pause le matin et l'après-midi fait qu'on ne peut pas échanger plus de 3 secondes avec les autres galériens qui nous entourent. Cela fait deux jours que je n'ai pas pu prendre mes pauses.

Il y a quelques personnes qui respectent les temps imposés sur le plateau d'appels. Nos chiffres sont affichés à côté de l'entrée et les bad boys sont indiqués en rouge. Il y a finalement assez peu de vert, je trouve, si on tient compte du nombre de rappels à l'ordre et de menaces voilées qui sont censés nous remettre dans le droit chemin. 

Je jette juste un coup d’œil de loin certains matins à ce truc pour constater la persistance du rouge, qui me rassure : je ne suis pas la seule merde, finalement. Certaines de mes collègues se délectent de ces informations, je me demande si elles ont une vraie vie en dehors de ce petit univers étouffant et mesquin dans lequel elles s'épanouissent.

J'ai discuté trois secondes l'autre matin avec une de mes collègues, le matin très tôt avant de commencer à bosser, en prenant le café : j'étais soulagée et elle aussi de partager enfin, si peu que ce soit, ces sales moments, parce qu'au bout d'un moment, le mal-être et la colère, tu te persuades que c'est parce que tu es une merde que tu les éprouves.

dimanche 25 novembre 2012

En parlant de Chinois...

Je me suis gondolée comme une bossue en faisant un tour sur le site (très laid) d'une boîte de pas beaux chez qui j'ai travaillé il y a quelques années.

Cette boîte fait fabriquer la plupart de ses produits (des jouets) en Chine, mais sur son site, elle communique haut et fort sur la Fabrication Française et Européenne des ses produits (les majuscules sont d'origine, ces gens n'ont aucun goût et aucune culture typographique).

J'ai travaillé notamment sur la mise en page de leurs packagings avec la boîte qui gère leur production en Chine, et ça m'étonnerait qu'ils aient rapatrié leurs usines en France et en Europe, on en aurait entendu causer dans les chaumières.

Je serais Chinois, je le prendrais drôlement mal.

L'ami Ricoré a des amis dans la pub

La pub, c'est un univers à part. Un monde protégé plein de gens et de meubles blonds. Une fenêtre ouverte sur la quatrième dimension.

Exemple : ils ont tous les deux trente ans ou à peu près. Ils bataillent pour savoir qui va pouvoir se morfaler le dernier gâteau. Le débat est consistant mais courtois. Monsieur a deux réunions dans la journée et Madame une seule réunion mais avec des Chinois. Monsieur objecte qu'il mérite le gâteau parce que lui sa réunion c'est avec les informaticiens, et c'est pire que du chinois, ah ah ah ! Madame rétorque qu'elle a rendez-vous à 11 h 30 avec la directrice de l'école. Monsieur reconnaît qu'en effet, il ne peut pas lutter et concède le gâteau à Madame. 

Passé trente ans, les pubs c'est toujours pour des couches anti-fuites ou des assurances obsèques, avant vingt ans pour des yaourts ou des gels pour les cheveux, je ne sais pas si c'est révélateur, je constate, c'est tout.

Pour en revenir à cette pub, on est quand même très contents que la dame, malgré son emploi du temps hyper de la ouine, puisse assister à des rendez-vous avec la directrice de l'école de son enfant, ça prouve que dans le monde merveilleux de la pub, on peut gratter quelques heures dans sa journée pour gérer sa vie. Essayez dans la vraie vie et vous allez voir comment vous allez vous faire recevoir par votre boss !

lundi 19 novembre 2012

La tête hors de l'eau

Il me reste 2 mois et demi à tenir !


Dans deux mois et demi, la question ne sera plus « Comment je fais pour tenir ? » mais « Comment on fait pour bouffer ? »

Youpi tralala.

Je viens de faire un tour à droite à gauche pour regarder les annonces de boulot et ça donne toujours autant envie de rigoler massivement. 

De ci de là, des blogueurs s'indignent, communiquent leur désespoir et leur impuissance face à une situation qui nous échappe tellement qu'on se reprend à rire, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire.

Il y a aussi ceux qui ont des solutions intelligentes à proposer. 

Tiens, l'autre jour au Zapping, un type éructait dans une langue étrangère qu'il allait falloir mettre les chômeurs au pas, qu'il était bien fini le temps où on pouvait choisir de travailler ou pas.

Par parenthèse, quelqu'un a-t-il souvenir de cette époque bénie ? Moi pas. J'ai toujours dû travailler pour payer mes factures et mes menus plaisirs, sauf quand je me suis retrouvée sans boulot sans l'avoir choisi, mais je m'égare. 

Ordoncques, le monsieur disait comme ça d'un ton extrêmement convaincu que c'était bien fini la chienlit et le brossage de mouches, qu'il allait falloir que les chômeurs comprennent que s'ils ne travaillaient pas (vous vous rendez compte : un chômeur qui ne travaille pas, mais le monde est devenu une pétaudière !!!), ils n'auraient pas d'allocation et pis c'est tout !

C'est intéressant comme solution, parce que les allocations que perçoivent les chômeurs, c'est encore, jusqu'à preuve du contraire, des sous qu'ils ont cotisés quand ils travaillaient (avant de décider de ne plus travailler, sur un coup de tête et parce que c'est vraiment des inconscients qui ne prennent pas la pleine mesure de la crise.).

En gros, le monsieur fâché remet en cause un principe bien couillon : sur ton salaire, tu cotises à une caisse de solidarité, pour le cas où tu te retrouverais au chômage, parce que les factures, elles, continueront de tomber. Et que donc, lorsque tu te retrouves au chômage (parce que tu l'as bien cherché, vu que le chômeur, c'est jamais qu'un travailleur qui fait sa mauvaise tête), tu es indemnisé avec ces sous.

Comme dirait l'autre, au moment de te prendre tes sous, tout le monde est d'accord, mais au moment où tu passes à la caisse, y'a toujours une dame pointue ou un type convaincu pour te regarder de travers et te demander si par hasard t'aurais pas un peu un fier culot.


Le truc, c'est que les gens qui travaillent, ils en ont assez de cotiser pour les glandus crasseux qui se complaisent dans leur oisiveté et leur incurie, le Nord en a marre de payer pour le Sud, tout ça tout ça. 

C'est sûr qu'au train où vont les choses, les chômeurs se reproduisant comme des lapins (l'oisiveté mère de tous les vices, histoire connue), la crise s'éternisant et se propageant, le marasme s'installant, les caisses de solidarité sont fort sollicitées.  

La solution est lumineuse : faisons cotiser les futurs chômeurs à des caisses de solidarité et puis refusons-leur une prise en charge décente, foutons-les dans la merde, la misère noire et l'indigence, ça leur apprendra à ces trouducs !

Puisqu'on vous dit que c'est la crise, vous croyez quoi ? Qu'on va vous payer à rester devant votre télé dorloter votre petite déprime ? Qu'on va vous laisser vous empiffrer comme des gorets au Leader Price ?
Ha ça non ! 

Une saine révolte monte et gronde dans le pays, les nantis du RSA et de Pôle Emploi n'ont qu'à bien se tenir, le peuple souverain nimbé de lumière est debout ! Citoyens, l'heure est grave, il est urgent et nécessaire, indispensable et salutaire de faire rendre gorge à ces odieux profiteurs qui nous mangent la laine sur le dos depuis trop longtemps et nous narguent avec leurs odieux privilèges. Nous ployons sous le joug mais déjà nous relevons notre front pur vers les cieux céruléens et, le poing dressé face à l'iniquité, l'adversité et toutes ces choses, nous marchons, soulevés par un espoir immense.

C'est con, ça faisait un moment que je n'avais pas écrit sur ce blog, je reconnais que d'écrire des petites conneries, ça détend.

C'est tout, vous pouvez fumer.

mercredi 9 mai 2012

Mes amis les hommes

Ces derniers temps, j'ai eu le bonheur de semer quelques sourires sur les visages de mes connaissances : depuis le temps que je joue les outsiders, il fallait bien que je m'attende à quelques retours de bâton. L'annonce que je me farcis en ce moment un horrible boulot alimentaire a de quoi allumer de fugaces mais ardents sourires qui s'éteignent aussitôt sous mon regard pas dupe du tout.

Enfin punis, les horribles rêveurs qui croyaient qu'ils pouvaient se permettre de jouer les dilettantes (est-ce que je m'amuse, moi ?), les inutiles qui n'ont pas fait de plan sur l'avenir et croyaient qu'ils allaient pouvoir continuer à se la couler douce sans payer la note.

Et comme je suis de la même race que vous, croyez bien que j'attends moi aussi les récits de vos captivantes aventures et que comme vous je me retiendrai de laisser paraître l'immense joie que m'inspirent en sourdine  vos déconvenues. Et j'effacerai moi aussi le plus vite que je peux, mais pas suffisamment rapidement pour que vous ne puissiez en profiter, le lumineux sourire qui tentera d'envahir mon visage.

dimanche 6 mai 2012

Le dimanche soir, l'angoisse me prend. Demain matin, je devrai endosser ma vêture d'employé impersonnelle et performante et chaque fois que je veux aller aux toilettes, placer un  pion rouge (sans doute pour qu'on le voie bien) sur un tableau magnétik pour indiquer que je suis en pause.

Je me demande qui a inventé ce système débile. Je n'ai pas pris de pause vendredi dernier parce que j'avais un peu honte qu'on me prenne pour une débile.

J'ai un peu honte, globalement, de devoir accepter qu'on me quizze, qu'on me surveille et qu'on m'évalue à tout bout de champ. Je me demande parfois ce que j'ai merdé, j'entends parfois que nous sommes pas mal nombreux dans cette situation, à faire des boulots sous-qualifiés, ça ne change pas ma putain de question : un pion rouge pour aller pisser !!!!!??????