mardi 31 décembre 2013

Une dernière pour la route

Dans Télérama, ils aiment les projets qui rassemblent la société française déchirée et encouragent Le Seuil, qui lance une collection qui « donne la parole aux oubliés et aux invisibles ». 

Raconter la vie, la filiale du Seuil qui gère ce magnifique concept, embauche donc un(e) stagiaire titulaire d'une licence ou d'un master, qui doit avoir déjà effectué un stage. Salaire : 450 euros/mois (prime envisageable). 

Allez, on se précipite, il n'y en aura pas pour tout le monde !

Bonne fin d'année ! 

Merci au Seuil et à Télérama de clore cette année en beauté, ça fait du bien de rire, vraiment !

vendredi 20 décembre 2013

Le cours des choses

Je viens de lire cet article énervé, paru sur le site Paye ton précaire, il y a déjà un peu de temps.
 
J'avais une vague colère qui traînait, je ne me souvenais plus trop pourquoi et puis je me suis rappelé.
 
Hier soir, j'ai fait un truc que je ne fais plus depuis longtemps, j'ai jeté un œil sur Le Grand Journal, l'émission animée par de Caunes sur Canal +.
 
Une séquence bien pénible avec exhibition de chômeur au bout du rouleau qui promet qu'il va dormir dans sa voiture le soir de Noël. Mines compatissantes des animateurs et forte impression qu'on nous prend pour des cons.
 
Je redoute autant les mines compatissantes des dames patronnesses qui œuvrent au sein des diverses associations caritatives, humanitaires, sociales, tellement bien décrites par Orwell dans son Down and Out in Paris and London (je l'ai lu en anglais, ouaip).
 
J'ai zappé, bien écœurée, on ne m'y reprendra pas de sitôt.
 
Entendu ce matin très tôt à la radio le programme concocté par l'UMP, qui compte bien reprendre les clés de la caisse, à base de chômeurs feignants, assistanat et autre travail forcé...
 
Repensé à un certain nombre de discussions que j'ai eues récemment avec des gens qui travaillent, avec toute la gamme des « C'est comme ça, on ne peut pas faire autrement »,
« Il faut s'adapter  », « J'ai toujours anticipé » (sous-entendu, tu devrais y mettre un peu du tien) et la lassitude des ceux qui trouvent que le monde n'est pas si mal fait finalement et qu'il y en a marre de tous ces gens négatifs.
 
Comme j'ai mauvais fond, il m'arrive de répondre « Non » quand on me demande si ça va, et même de développer un peu, bien consciente que j'emmerde copieusement mon interlocuteur. Il s'agissait d'une question rhétorique, personne n'a envie de fréquenter une précaire mariée à un cancéreux précaire, encore un coup à se filer le bourdon, merci bien.
 
Du coup, je ne fréquente plus grand-monde en ce moment, il vaut mieux être seule que mal accompagnée.
 
Je cherche d'autres connexions, plus proches de mes préoccupations, des gens qui n'ont pas peur de regarder la réalité en face et qui refusent de laisser le cours des choses suivre son cours.

dimanche 8 décembre 2013

Nous ne voulons pas vivre comme des esclaves !

J'ai donc acheté Alternatives internationales, et je suis en train de le lire (c'est touffu).
 
Je me suis bien évidemment ruée sur les articles annoncés par une belle accroche en couverture et qui concernent les précaires. Précarité galopante dans l'édition et la communication, entre autres, secteurs pourtant pas vraiment réputés pour crever famine.
 
C'est bête, mais je me sens un peu moins seule. A force de me faire regarder dans les trous de nez comme une bête curieuse feignante et maladroite à tout bout de champ, faire partie d'une cohorte statistique, ça me rassure. Tandis que ce qui les rassure, les crapahuteurs de fosses nasales, c'est que je n'ai que ce que je mérite et que ça ne risque pas de leur arriver.
 
Au passage, il fut un temps où je fréquentais Categorynet, forum des correcteurs et des professionnels de la communication écrite. Les personnes qui tenaient en main ce forum (en général affiliées aux principaux syndicats) avaient une seule solution : il ne fallait pas accepter des boulots mal payés. Il y en avait même une qui conseillait à tour de bras de plutôt aller faire des heures de ménage...
 
Alors que la précarité gagnait du terrain de façon alarmante, il n'y a jamais eu d'appel à la grève ou de mouvement général pour protester contre cet état de fait. Ces syndicats ont fermé les yeux sur les CDD en rafale, les formules de rémunération fantaisistes (droits d'auteur et tout ce qui permet de ne pas payer de charges), les incitations à devenir auto-entrepreneur, renvoyant les petites mains de l'édition à la solitude de leurs chambrettes, tout en leur reprochant de ne pas se syndiquer.
 
Sinon, cet après-midi, je suis allée à la manifestation organisée par les associations de chômeurs et de précaires. Un jeune homme rageur a traversé notre petit groupe de quinquas et sexagénaires hérissé de drapeaux en râlant qu'on ferait mieux d'aller bosser.
 
Dans le défilé, des jeunes gens connaissaient toutes les paroles de l'Internationale. Au débouché du cours Aristide Briand, ils chantaient quand nous sommes arrivés place de la Victoire. Un groupe du PCF avec plein de drapeaux attendait en silence (un hommage était prévu pour Mandela), pas un n'a repris la chanson, c'est là qu'on se rend compte qu'il y a de vrais clivages à gauche.

jeudi 28 novembre 2013

860 euros

Les 21 millions que devait toucher Varin (et qu'il ne touchera finalement pas), ça représentait 860 euros par jour, pas loin de la somme mensuelle allouée aux vieux pour leur survie.
 
J'aimerais qu'on m'explique deux choses :
 
1/ Comment on fait pour vivre avec 860 euros par mois ?
 
2/ Comment on fait pour dépenser 860 euros par jour ?

mardi 26 novembre 2013

Tout fout le camp...

La scène se passe à la porte d'une usine.

Ils viennent de se faire licencier, ils veulent informer de leur malheur leurs collègues des autres usines et les inciter à se mettre en grève pour les soutenir.

Ils se font recevoir comme des malpropres: « Quand on est au chômage, on cherche du boulot et on ne vient pas foutre le bordel », leur répondent leurs collègues ouvriers, bougons.

Oublieux qu'ils seront certainement les prochains sur la liste des impétrants à Pôle Emploi. Ou le sachant trop bien et voulant montrer à qui de droit ce qu'ils valent afin d'échapper si possible au sort de leurs collègues.
 
C'est la société tout entière qui fonctionne sur ce schéma du chacun pour sa gueule et qui prône l'élimination du « maillon faible » (en l'occurrence le collègue qui se trouve dans la mauvaise usine au moment où passe le cost killer).

Du coup, j'ai cherché « contrat social » sur Internet et j'ai découvert une entrée sur Wikipédia. 
 
Et aussi qu'il existe évidemment un site Wikiberal, qui explique bien en quoi les libéraux et les libertariens sont opposés au concept de contrat social.
 
Je vous laisse trouver ça tout seuls, je ne vais certainement pas faire de la pub ici pour des idées qui me navrent grandement, surtout quand je vois qu'elles ont contaminés ceux-là mêmes qu'elles sont censées réduire au silence et à l'asservissement.
 
Vous me direz, l'ouvrier ne va pas si loin, il regarde TF1 ou la TNT pour se distraire.

Il a bien tort, l'ouvrier, parce que tant qu'il sera bête à manger du foin, on le prendra pour une bête de somme.


 

lundi 25 novembre 2013

Au chat qui ne fume plus

J'ai arrêté de fumer depuis trois mois sans trop de mal après un passage par les cigarettes roulées (et leur gestuelle un peu Calamity Jane). 

La cigarette qui me manque vraiment, c'est celle du cœur de la nuit, quand je me relève parce que je n'arrive pas à dormir et que ça ne sert à rien de rester à grincer des dents entre les draps, que j'allume la belle lampe offerte par Fred sur le bureau et que je me laisse aller à mes sales manies en dépit des menaces du réveil. La clope transgressive par excellence.

mercredi 20 novembre 2013

L'argent du beurre et le cul du mineur

Gabriel Matzneff, grand écrivain et génie autoproclamé (les meilleurs), vient de recevoir le prix Renaudot essais.
 
C'est effarant comme ces gens qui revendiquent par ailleurs une liberté complète  (dans ce cas précis, celle de copuler à tout va avec des mineurs des deux sexes) au nom de leur supériorité intellectuelle et spirituelle (je veux dire, ce ne sont pas des gros blaireaux de base, leur dépravation est chic, élitiste, incomprise du bas peuple moralisateur qui pousse des hauts cris et condamne la pédophilie), c'est effarant donc, comme ils aiment les décorations, les hochets et les prix.
 
Le beurre, l'argent du beurre et le cul du mineur, ils veulent tout !

vendredi 15 novembre 2013

Les bonnes femmes, c'est râleries et compagnie !

Y'a pas que moi que ça dérange, de voir et d'entendre le FN à toutes les sauces, selon l'adage  de pub bien connu, amplement mis à profit par Sarkozy en son temps, peu importe qu'on parle mal ou bien d'un produit, du moment qu'on en parle.
 
Virginie Despentes aussi, ça l'agace, et elle n'y va pas par quatre chemins.

lundi 11 novembre 2013

En rouge et blanc, je ferai chier les gens...

Après une petite promenade en centre ville, une grosse envie de taper dans le tas...

EDIT : Je me rends compte que j'ai oublié d'indiquer où j'ai trouvé l'affiche ci-dessus.

dimanche 10 novembre 2013

Une série avec un rouquin

Louie CK, il déchire ! !

Ca passe sur le câble en ce moment, faites-vous du bien !

Une petite dédicace en passant à Tristan

mardi 5 novembre 2013

Tristus et Rigolus

Les manifestations en Bretagne, qui agglutinent et amalgament sous le même bonnet les patrons d'une industrie polluante et subventionnée et les ouvriers candidats au TMS (trouble musculo-squelettique qu'on chope à force de répéter le plus vite possible le même geste afin de rentabiliser au maximum son temps de travail en tenue de Schtroumpf), j'en suis restée un peu baba, le sentiment qu'un autre monde était en train d'advenir sous mes yeux éberlués. 

Les bonnets rouges, c'est gai et seyant.
 Je crois que je suis vraiment en train de virer vieille conne, le monde d'aujourd'hui me dépasse de plus en plus. Je veux dire avant, on n'en voyait pas tant que ça, des patrons en 4 x 4 dans les manifs, et on aurait certainement éclaté de rire si on nous avait dit que les ouvriers seraient avec eux, et avec des bonnets rouges, encore !

J'ai fini par trouver ça, d'un qui partage ma surprise (pour pas dire plus).


samedi 2 novembre 2013

La naïveté, un concept qui commence à me courir sévère

Ce matin, le nez dans l'oreiller, j'ai supporté vaillamment une édition de plus de l'émission de cinéma de France Inter. C'est la dernière fois. Christine Masson évoquait un film que je n'ai pas vu (je préfère préciser). C'est donc un film qui se passe après une apocalypse, les survivants se sont regroupés dans un train. Le wagon de tête contient les riches et le wagon de queue le lumpen prolétariat. Révolte façon Spartacus.

Masson trouve le film d'une grande beauté formelle mais regimbe devant l'intolérable naïveté du propos et de la lutte des classes en général.

C'est en effet d'une naïveté sans nom de dire les choses suivantes :
  • Une ou des classes dirigeantes monopolisent la plupart des richesses.
  • L'éducation et l'organisation de la société concourent  à maintenir en place ces classes dirigeantes sous couvert d'un contrat social dont tout le monde bénéficierait.
  • Plus ça va, plus les riches s'enrichissent, et plus les pauvres s'appauvrissent.
  • Non seulement les riches voudraient que les pauvres bossent comme les esclaves qu'ils sont destinés de tout temps à devenir, mais aussi qu'ils disparaissent totalement de l'espace public et médiatique.

  • Tout le monde a les mêmes chances (ah oui, non, oups, celle-là, c'est vrai, ce n'est pas naïf, c'est tellement vrai).

Autre remarque totalement non idéologique dont le duo a le secret. C'était il y a quelque temps. Il s'agissait cette fois de Alabama Monroe, un film du réalisateur de La Merditude des choses. Delmas a sabordé le film en s'indignant : « Non mais ho, comment, quoi, c'est quoi ce film qui nous inflige de regarder quelqu'un regarder la télé comme un zombie ? On ne veut pas voir ça, ouste, du balai ! »

Ce qui est fort là-dedans, c'est la propension de ces gens à s'imaginer que leur blabla est tellement légitime. Sur sa page sur le site de France Inter, l'émission se décrit elle-même comme « prescripteur ».
 
Imaginez que lors d'une émission de radio nationale, vous dézinguez un film au prétexte que vous ne souhaitez pas voir pour la millième fois comment fonctionnent la psyché et la libido des gens des beaux quartiers ou comment vivent les familles bourgeoises françaises, vous allez voir ce que vous allez vous prendre dans le nez comme suspicion d'extrémisme idéologique et d'intolérance...
 

lundi 14 octobre 2013

Les précaires et les chômeurs, ils devraient déjà être contents de travailler pour moins de 5 euros de l'heure

Une petite vidéo bien éclairante sur une arnaque comme une autre du monde du travail, avec son lot de discours lénifiants et de grumeaux qui collent aux dents. Enjoy !

Si vous connaissez des gens qui ont travaillé dans le secteur de la distribution de prospectus tellement ils étaient tenaillés par l'envie de travailler pour des clopinettes, le film contient des infos intéressantes qui devraient leur permettre de faire requalifier leur CDD en CDI (le contrat par défaut selon le Code du travail).

mercredi 9 octobre 2013

Qu'ils mangent de la brioche !

Ce soir, un prof d'économie à Polytechnique qui défend sur le plateau de 28 minutes les contrats zéro heure anglais, parce que tout vaut mieux que le chômage.
 
Finalement, rester disponible tout le temps, sans garantie aucune qu'on aura un nombre d'heures suffisant pour boucler ses fins de mois, ça lui paraît plutôt pas mal, à ce monsieur dont on doute fortement qu'il ait jamais éprouvé les affres du manque.

En Angleterre, ces contrats concernent aussi l'enseignement, alors on espère que ce monsieur pourra rapidement tester pour lui-même ce qu'il prône pour les autres avec tant de conviction.

Un de ses voisins de plateau réclame lui plus de coercition à l'encontre des chômeurs.

Moralité, pour sortir du chômage, il faut :
  • forcer les chômeurs à travailler (ça serait sans doute pas mal d'arrêter de supprimer plein d'emplois, du coup, non ?)
  • précariser de plus en plus de monde
Parce que maintenant, le principal, c'est que tout le monde soit au travail, peu importent les conditions. 

Fini de faire la fine bouche et de se gaver comme des porcs, il faut se rendre à l'évidence, la situation est vraiment grave et réclame des sacrifices et des efforts.

Comment ça, c'est tout le temps les mêmes qu'on admoneste et qu'on sermonne ? Tout le temps les mêmes qu'on accuse d'être responsables du déclin et des mille malheurs de la France, qu'on envoie au charbon, au front et au casse-pipe, à qui on réclame de la sueur et des larmes, à qui on explique qu'ils sont entièrement reponsables de leur situation de merde, laquelle est par ailleurs tout à fait normale et juste.

Au passage, le prof de Polytechnique avait l'air de ne pas du tout être au courant que le chômage concerne aussi des jeunes gens fort diplômés. Tant que le chômage de masse ne touchera pas les étudiants qui sortent des grandes écoles...

mardi 8 octobre 2013

Éloge de la moule accrochée à son rocher

Ça m'arrive de fréquenter des gens qui ne galèrent pas, qui ont des bons jobs et des payes correctes.

Ce sont des bosseurs. Ils ont vu le vent tourner, ils ont toujours su anticiper. Ils ont une épargne et ils en causent avec gourmandise. Ils savent exactement combien ils toucheront lorsqu'ils seront à la retraite. Ils aiment bien te rappeler en passant avec un petit sourire en coin que tu ne pourras pas profiter de ton épargne. Tu le sais, merci, il se trouve que ça n'a jamais été ton but premier dans la vie.
 
Ça te choque quand même un peu qu'ils semblent prendre tant de plaisir à ta future misère. Ils doivent se réciter La Cigale et la Fourmi tous les soirs, comme d'autres consultent des sites pornos sur Internet, et prendre leur pied. Il faut des compensations dans la vie.

Ils ne sont pas tous de droite. Ils trouvent tout à fait normal que des personnes convenablement éduquées et formées connaissent une précarité galopante, on n'avait qu'à faire comme tous les gens raisonnables : s'accrocher à nos boulots, encaisser, subir et devenir fonctionnaires, c'est tout ! Si on est pauvres, c'est qu'on le mérite, comme les prolos, comme tous les va-nu-pieds, les crevards, les pas-grand-chose.
 
Issus de familles qui ont toujours respecté l'ordre établi et marché droit, ils sont heureux de toucher enfin les dividendes des comportements exemplaires et prudents des générations qui les ont précédés.
 
Certains se prennent pour des pédagogues et des lumières et nous expliquent que l'avenir de notre fille dépend de ses performances mathématiques.
 
On est tellement cons, en plus d'être précaires et pauvres, qu'on n'est pas au courant qu'on vit dans un pays qui voudrait bien balancer aux oubliettes tous les apprentissages inutiles qui attirent les parasites et les asociaux : lettres, histoire, philosophie, sociologie, etc.
 
Les maths, c'est clair et net, c'est fiable comme un algorithme mouliné par des machines molles, c'est l'alpha et l'oméga d'une humanité hygiénique enfin débarassée de ses interrogations superfétatoires et obsolètes.
 
C'est l'outil de sélection ultime d'une main-d'oeuvre évaluée et consentante, obéissante et sans états d'âme, confiante dans la bienveillance de ses chefs, rétive au bizarre et attachée à la permanence des choses de sa vie.
 
Quel que soit le prix à payer pour que le nouvel ordre mondial, qui saccage tant de vies, ne trouble pas son petit confort, n'entame pas ses certitudes et n'obère pas ses privilèges.

lundi 7 octobre 2013

Équanimité, indifférence, insensibilité

Hier soir, enfin ce matin très tôt, après avoir écrit ça, je lis un peu avant de m'endormir. Ça s'appelle Remonter la Marne, c'est ma belle-mère qui me l'a prêté, je continue à le lire mais je me demande parfois pourquoi, peut-être parce que je me dis que ce n'est pas possible, que le gars va finir par se rendre compte.

Je vous livre ce que j'ai lu page 160 :

« Je ne refuse pas de voir les disgrâces de la France marnaise, ni même de les raconter, mais à quoi bon s'attarder sur cette partie si voyante et trop souvent décrite ? Une certaine dose d'insensibilité et même d'indifférence est nécessaire. 

Marcel Duchamp, à qui l'on demandait : 
« Pourquoi êtes-vous pour l'indifférence ? », 
avait répondu : 
« Parce que je hais la haine. » 

La haine anime ceux qui se plaisent à décrire la France comme une entreprise en liquidation. Ils se délectent de cette veillée funèbre, de l'attente de la catastrophe. Dans cet élan destructeur se mélangent la rancoeur, le reniement de soi, le plaisir trouble qu'engendre le refus de connaître et de comprendre. 

Dommage que l'équanimité, qualité d'une âme détachée, à l'humeur égale, ait pratiquement disparu du vocabulaire. »

Coluche le présentait autrement : « Dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer. » 

Et si vous pouviez faire moins de bruit et être moins voyants, histoire de ne pas troubler notre ascèse philosophique, ça serait parfait.

Circulez, y'a rien à voir !

Vous avez remarqué, certains films ou livres contemporains se passent dans un milieu présenté comme neutre, comme si les personnages vivaient dans un bocal et n'étaient absolument pas concernés par les données économiques (genre les trucs triviaux et un peu sales comme revenu moyen du ménage, patrimoine culturel ou financier).
On est bien d'accord, on n'a pas envie d'entendre vrombir la Mobylette d'Arlette dès qu'on ouvre un livre ou qu'on pose son cul dans une salle obscure, mais tout de même...
Vivons-nous l'âge d'or ? Est-ce totalement la même chose d'être riche ou pauvre ? Vit-on la même réalité ?
J'adore aussi les gens qui me reprochent, lorsque je fais ce genre de remarque (car il m'arrive de prendre un plaisir pervers à mettre les pieds dans le plat et à installer des ambiances pourries), de parler d'argent.
Parler d'argent, mais vous n'y pensez pas, c'est dégoûtant, c'est caca ! Croyez-vous que la littérature ou le cinéma soient là pour faire de la politique ?
Il faut donc accepter comme normal que la plupart des films et des livres, écrits la plupart du temps par des gens issus des classes dominantes, nous concassent avec les heurs et malheurs de gens issus de ces mêmes classes dominantes.
Et surtout accepter comme allant de soi que cela ne relève pas de la politique mais d'un état de fait normal et juste.
S'il arrive qu'un film aborde la vie des pauvres ou des prolos, cette singularité sera tout de suite mise en avant, comme si c'était tellement inhabituel qu'il faille le signaler. Alors qu'on ne se croira pas obligé de signaler systématiquement pour chaque film ou chaque livre le milieu social dans lequel l'intrigue est située si ce milieu est la bourgeoisie.

En plus, les films ou les livres qui parlent des pauvres ont une tendance sordide à parler de pauvreté et de manque d'argent. C'est tout de même quelque chose, ce manque de dignité et ce besoin de gratter ses croûtes, c'est vraiment nécessaire de nous écoeurer avec tout ça ? Et puis, franchement, tout cela est très exagéré : à l'heure actuelle, tout le monde a les mêmes chances.
Les mêmes chances de quoi, on ne sait pas trop exactement.
Les aigris ratés miteux devraient comprendre qu'il faut qu'ils se taisent. Comment ça, ça risque de les aigrir encore plus ?

vendredi 4 octobre 2013

Avocats dans la misère et chômeurs atteints d'Alzheimer : elle est fraîche, mon actu, elle est fraîche !


La justice, c'est vous qui y croyez,
c'est nous qui en vivons.
Honoré Daumier, deux avocats.

 Avocats au RSA, justice dans le caca - Afin de défendre une justice égale pour tous, le syndicat des avocats (déjà, moi, un syndicat des avocats, ça me fait rire, mais il faut le reconnaître, j'ai mauvais esprit à la base), le... pouf pouf ! syndicat des avocats donc, s'indigne haut et fort. Voilà-t-il pas qu'on veut les dépouiller tout debout, leur ôter le pain de la bouche, les réduire à la mendicité pour tout dire ? Est-ce que vous vous rendez compte qu'il est question de diminuer les honoraires alloués aux avocats commis d'office ! Vous ne vous en étiez sans doute pas rendu compte, mais en France, la justice est la même pour tous et chaque citoyen bénéficie des mêmes armes pour obtenir justice. Tout cela grâce, notamment, aux avocats, dont la principale préoccupation est, bien entendu, que la justice soit juste, loin de triviales préoccupations mercantiles voire pognonesques. Il faut donc maintenir leurs revenus, c'est le prix à payer, les pauvres !
Le jeune homme qui est venu plaider cette intéressante vision de la chose au journal de France 3 pouffait d'aise d'avoir réussi à placer l'expression « Justice à deux vitesses ». Il avait sans doute fait un pari avec un pote. Ils sont sans doute en train de boire un coup pour arroser ça.
 
Inversion de la courbe du chômage - Enquête rapide auprès d'une personne de mon entourage, concernée comme moi par le pointage mensuel : on ne reçoit ni l'une ni l'autre de SMS pour nous rappeler que nous devons pointer en fin de mois pour toucher nos indemnités. C'est qui, ces gens à qui il faut rappeler qu'ils doivent pointer ? Des gens qui sont arrivés en fin de droit, qui oublient d'actualiser leur situation parce qu'ils ne touchent pas ou plus d'indemnités ? J'ai vu passer un appel à témoin d'un journaliste (« vous êtes à la recherche d'un emploi mais vous n'êtes plus inscrit à Pôle Emploi, contactez-nous pour nous raconter tout ça »), peut-être qu'on aura des nouvelles dans quelque temps ?
 
La politique, c'est pas bien simple  - Je n'ai pas regardé le débat sur la suppression de quelques unités militaires. J'ai préféré éteindre le poste : M. Bompard, maire d'Orange, supporte difficilement la contradiction, autant le laisser s'exprimer tout son saoul et tout seul. J'ai un peu du mal à comprendre que les débats soient tous plus ou moins confisqués par le Front national en ce moment. C'est le seul parti d'opposition ou bien ? Ils sont compliqués, ces politiques : Marine Le Pen ne veut plus qu'on dise que le FN est d'extrême droite, tandis que Hollande jure sur tous les tons qu'il est socialiste...

mardi 1 octobre 2013

La télé, c'est mauvais, il ne faut pas en abuser !

Deux séries - Under the Dome (King au scénario, Spielberg à la production), j'avoue que j'abordais ça avec un peu de recul (j'ai lu longtemps les histoires horrifiques à lire toutes fenêtres fermées et avec un bon générateur sous la main présentées par Hitchcock, je ne crache pas sur un petit Poe ou un Ranpo Endogawa, mais le gore brutal me fout vraiment les jetons, c'est pour ça que j'ai vite du mal avec les polars à base de serial killers ou autres vrais gros tapés, mon truc c'est plutôt Maigret et ce genre-là, voyez), bref, j'étais largement sceptique, et puis on se laisse prendre par l'histoire, même si franchement, le héros blond est tout sauf sexy et si parfois le scénario est un peu du genre accumulatif...
 
Fais pas ci, fais pas ça : enfin une série française qui déchire, c'est vraiment marrant, intelligent, les acteurs sont excellents, ça donne des idées de reconversion assez perchées même si elles impliquent de supprimer définitivement les escaliers...
 
Actualité potagère - Bon, sinon, je suis rien contente, j'ai un beau potiron dans mon jardin (sur l'air de Strawberry Fields Forever) !