Affichage des articles dont le libellé est contrat social my ass !. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est contrat social my ass !. Afficher tous les articles

vendredi 18 septembre 2015

Mauvais esprit

Vous l'avez vue, la pub d'Erik Orsenna pour inciter les détenteurs de patrimoine à faire un legs à l'Unicef pour que les pauvres petits nenfants puissent aller à l'école ?

C'est le côté éducation qui permet de trouver un « bon travail » qui me hérisse un peu le poil, je dois dire.

Au passage, ces temps-ci, on oublie un peu que l'éducation  peut aussi apporter un tas de trucs qui ne servent à rien du tout, voire qui iraient un tantisoit à l'encontre de la volonté farouche de faire de nous de bons travailleurs bien dressés.

Mais c'est sans doute un détail.

Non, moi, ce qui me fait vraiment halluciner c'est ce que ce genre d'appel à la générosité propose en filigrane : on ne va rien changer du tout, il y aura encore des pauvres et des boulots dégueu et sous-payés, juste, toi qui as les moyens de t'acheter une bonne conscience, vas-y, fais péter le chèque.

En plus, je ne veux pas lui faire de peine, à ce grand tendre au regard si bleu, mais l'éducation, de nos jours, n'est même plus tout à fait une garantie que tu vas trouver un « bon travail ».

Bien sûr que je suis pour l'éducation de tous les enfants et contre l'exploitation de l'homme par l'homme, n'allez pas vous méprendre.

On pourrait même commencer par notre si beau pays, dans lequel les masses laborieuses bénéficient d'une éducation depuis quelque temps déjà, sans que, globalement, ça change grand-chose : c'est à peu près les mêmes qui se tapent les boulots de merde.

vendredi 20 décembre 2013

Le cours des choses

Je viens de lire cet article énervé, paru sur le site Paye ton précaire, il y a déjà un peu de temps.
 
J'avais une vague colère qui traînait, je ne me souvenais plus trop pourquoi et puis je me suis rappelé.
 
Hier soir, j'ai fait un truc que je ne fais plus depuis longtemps, j'ai jeté un œil sur Le Grand Journal, l'émission animée par de Caunes sur Canal +.
 
Une séquence bien pénible avec exhibition de chômeur au bout du rouleau qui promet qu'il va dormir dans sa voiture le soir de Noël. Mines compatissantes des animateurs et forte impression qu'on nous prend pour des cons.
 
Je redoute autant les mines compatissantes des dames patronnesses qui œuvrent au sein des diverses associations caritatives, humanitaires, sociales, tellement bien décrites par Orwell dans son Down and Out in Paris and London (je l'ai lu en anglais, ouaip).
 
J'ai zappé, bien écœurée, on ne m'y reprendra pas de sitôt.
 
Entendu ce matin très tôt à la radio le programme concocté par l'UMP, qui compte bien reprendre les clés de la caisse, à base de chômeurs feignants, assistanat et autre travail forcé...
 
Repensé à un certain nombre de discussions que j'ai eues récemment avec des gens qui travaillent, avec toute la gamme des « C'est comme ça, on ne peut pas faire autrement »,
« Il faut s'adapter  », « J'ai toujours anticipé » (sous-entendu, tu devrais y mettre un peu du tien) et la lassitude des ceux qui trouvent que le monde n'est pas si mal fait finalement et qu'il y en a marre de tous ces gens négatifs.
 
Comme j'ai mauvais fond, il m'arrive de répondre « Non » quand on me demande si ça va, et même de développer un peu, bien consciente que j'emmerde copieusement mon interlocuteur. Il s'agissait d'une question rhétorique, personne n'a envie de fréquenter une précaire mariée à un cancéreux précaire, encore un coup à se filer le bourdon, merci bien.
 
Du coup, je ne fréquente plus grand-monde en ce moment, il vaut mieux être seule que mal accompagnée.
 
Je cherche d'autres connexions, plus proches de mes préoccupations, des gens qui n'ont pas peur de regarder la réalité en face et qui refusent de laisser le cours des choses suivre son cours.

mardi 26 novembre 2013

Tout fout le camp...

La scène se passe à la porte d'une usine.

Ils viennent de se faire licencier, ils veulent informer de leur malheur leurs collègues des autres usines et les inciter à se mettre en grève pour les soutenir.

Ils se font recevoir comme des malpropres: « Quand on est au chômage, on cherche du boulot et on ne vient pas foutre le bordel », leur répondent leurs collègues ouvriers, bougons.

Oublieux qu'ils seront certainement les prochains sur la liste des impétrants à Pôle Emploi. Ou le sachant trop bien et voulant montrer à qui de droit ce qu'ils valent afin d'échapper si possible au sort de leurs collègues.
 
C'est la société tout entière qui fonctionne sur ce schéma du chacun pour sa gueule et qui prône l'élimination du « maillon faible » (en l'occurrence le collègue qui se trouve dans la mauvaise usine au moment où passe le cost killer).

Du coup, j'ai cherché « contrat social » sur Internet et j'ai découvert une entrée sur Wikipédia. 
 
Et aussi qu'il existe évidemment un site Wikiberal, qui explique bien en quoi les libéraux et les libertariens sont opposés au concept de contrat social.
 
Je vous laisse trouver ça tout seuls, je ne vais certainement pas faire de la pub ici pour des idées qui me navrent grandement, surtout quand je vois qu'elles ont contaminés ceux-là mêmes qu'elles sont censées réduire au silence et à l'asservissement.
 
Vous me direz, l'ouvrier ne va pas si loin, il regarde TF1 ou la TNT pour se distraire.

Il a bien tort, l'ouvrier, parce que tant qu'il sera bête à manger du foin, on le prendra pour une bête de somme.