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jeudi 1 août 2013

La belle vie

GRRRR ! - Pôle Emploi-La Poste, c'est pas la grosse connectivité : j'ai posté DEUX fois la photocopie de ma feuille de paie du mois dernier, et j'ai fini par recevoir un courrier énervé de Pôle Emploi comme quoi j'étais vraiment trop naze de pas leur envoyer la photocopie de ma feuille de paie et que ça allait les obliger à sévir au niveau de mon portefeuille. Je me suis donc déplacée un midi au bureau de Pôle Emploi et j'ai demandé d'un air las comment il fallait que je fasse pour leur faire parvenir ma feuille de paie (normalement, ils refusent qu'on les dépose dans leurs bureaux, vu que c'est une usine à gaz et que tout est centralisé ailleurs très très loin). Il y avait le connaud butor à rouflaquettes, normalement dès que je le vois je tourne les talons, mais là pas le choix, j'avais juste le temps de déposer mon papir et puis de manger avant de retourner travailler. Heureusement il y avait un de ses collègues, qui était moins bouché à l'émeri que lui, qui a bien voulu me faire une photocopie de ma photocopie avec la date du jour et un tampon pour justifier que j'avais bien déposé le justificatif, parce que le connaud, fidèle à ses convictions (je suis venu sur Terre pour emmerder les chômeurs et je remplis ma mission avec toute la connerie dont je dispose, et c'est pas peu dire), refusais de m'accuser réception de mon dépôt en mains propres (tu postes deux fois un papir, il n'arrive pas, tu finis par développer une défiance qui confine à la parano).

YUMMY ! - J'ai un boulot bien peinard en ce moment, ça me change et ça me repose : je suis concierge dans une société qui loue des bureaux et des espaces de stockage aux entreprises : je réceptionne le courrier le matin, je distribue le courrier dans les boîtes aux lettres (ça me prend bien 10 minutes), je réponds au téléphone (trois appels par jour, grand max), j'affranchis le courrier et je le dépose à La Poste le soir. J'ai aussi des réexpéditions à gérer deux fois par semaine. Je suis seule la plupart du temps. J'ai parfois l'impression d'être payée le SMIC pour bosser mon concours et écrire, ça ne va pas durer toute la vie, encore une grosse semaine, mais j'en profite à fond ! J'ai parfois l'impression d'être une étudiante, ça rajeunit drôlement et c'est moins flippant qu'une piqûre de Botox !
La préparation du concours m'amène à me documenter sur plein de sujets passionnants, du coup je bosse avec plaisir : le numérique et le livre et comment tout ça va bien finir par s'articuler et cohabiter, les nouveaux enjeux autour de l'information et du savoir, bref, un bon gros bonheur que je déguste et savoure. En plus, je me suis acheté pour pas cher une belle paire de sandales bien agréables pour marcher : la belle vie, quoi !

mercredi 30 janvier 2013

Au revoir Président, au revoir !

J'aurai tenu 10 mois, 
je n'en reviens pas !

Parmi les CDI ou les CDD longue durée, certains de mes collègues, sachant que je pars bientôt, commencent à me saluer le matin.

Avec les nouveaux, on se demande encore ce qui explique le comportement de ces connards de CDI qui se croient autorisés à ne pas dire bonjour le matin (sans compter les abrutis de CDD qui font pareil pour montrer qu'ils ont bien compris le genre de la maison). 

Quand j'étais seule à me prendre des grands vents polaires le matin, c'était limite angoissant, maintenant qu'on est plusieurs, ça reste affligeant, mais on peut en rire.

Mon imbécile de sous-off de chef me fout une paix royale. Je l'ai envoyé chier lors d'un coaching dernièrement : « OK, je suis nulle et mon travail est catastrophique, t'as qu'à noter ça, et puis on en reste là, d'autant que n'oublions pas que je me tire à la fin du mois ! » Et j'ai expliqué que certainement, tout ça c'était à cause de mon mauvais caractère. L'autre sous-doué a marmonné des contestations vagues mais comme je m'en foutais, je l'ai laissé divaguer. 

Un peu plus tôt dans le mois, j'avais expliqué à la troupe des managueurs et au chef managueur que je ne ferais pas les frais de leur joli numéro de déglingage de ma pomme, lors de la fameuse séance de debriefing de l'appel enregistré de manière aléatoire. Le managueur en chef m'a alors fait remarquer que mon attitude démontrait mon manque de maturité (« nous sommes entre adultes, Madame ! ») 

L'argument ne manquait pas de sel parce que leur managuement consiste surtout à nous infantiliser gravement tous les jours. Il m'a ensuite démontré que si j'étais en train de faire du 300 sur l'autoroute, je voudrais me faire flasher pour pouvoir corriger mon comportement.

C'était bien cool d'être comparée à une délinquante, mais j'ai quand même, avec la plus grande immaturité, persisté dans mon refus de participer à leur machin.

Se faire déchirer à belles dents sans pouvoir plaider sa cause, si on accepte une fois, c'est de la curiosité, si on y retourne, c'est du masochisme ou de la connerie. J'ai outrageusement abusé de ma position de travailleuse précaire bien décidée à ne surtout pas signer de CDI et ça m'a fait un bien fou.

Dans les semaines qui ont suivi mon refus, j'ai entendu certains de mes collègues se demander à voix haute si ça ne serait pas une solution que tout le monde refuse d'assister à ce cirque, histoire que les managueurs comprennent. J'ai fait celle qui n'entendait pas. Hé ho ! dans la connerie et la candeur, j'ai déjà donné !

Certains des nouveaux me demandent tous les jours comment je me sens à l'idée de ma prochaine évasion et je leur envoie un grand sourire.

Bientôt la quille, les amis !

Je compatis avec eux, tous ces longs jours qu'il leur reste à accomplir, mais en même temps, je suis leur soleil matinal, leur preuve sur pattes que leur calvaire connaîtra une fin dans quelques mois.

Ils me causent facilement de leur peu d'appétence pour la culture d'entreprise (la quoi ?) et le management (le quoi ?) de cette boîte. Et ça me rassure infiniment que les mêmes causes provoquent les mêmes dégoûts, parce qu'à force d'entendre mon blaireau d'ex-chef se gargariser, de voir certains de mes collègues se vautrer dans des comportements louches, j'avais fini par avoir de sacrés doutes sur ma santé mentale.

Autre sujet de contentement qui démontre la furiosité de mon immaturité : la connasse de fayote fourbe qui m'insupporte (championne du monde du refus de salutation matinale, entre autres) est unanimement considérée pour ce qu'elle est par les nouveaux. Cela m'enchante vraiment de le savoir, parce que j'ai été obligée de la supporter pendant la formation et le tutorat avec une autre imbécile de son acabit avec qui elle formait un tandem d'une rare stupidité. Je pensais être la seule à ne pas supporter cette intolérable pimbêche mais je me trompais. 

Bref, je rayonne, je jubile, je savoure. Dernière journée demain chez les mongoliens, ensuite je touche mon chèque et je l'aurai bien mérité !