jeudi 20 mars 2014

Entrez m'sieur dans l'humanité - J. Dutronc



♪♫ 

Parfois, les winneurs eud'la life 
fatiguent et ennuient. 

Vous aimeriez leur dire 
tout ce vous en pensez, 
de leur cirque, de leur foire 
et de leurs vanités. 

Mais leur problème majeur, 
c'est qu'à leurs yeux, personne 
- et vous moins que quiconque - 
n'est qualifié comme interlocuteur valab', 
dans la mesure où vous gagnez 
moins de tant par mois. 

Alors, vous économisez votre salive. 

Et vous fredonnez cette chanson.

mercredi 12 mars 2014

Maxim's - Serge Reggiani


Cette chanson signée Gainsbourg est venue sautiller narquoisement dans ma tête à l'écoute des infos, et en particulier de la bonne nouvelle du jour : le bien public, ça peut rapporter gros, jusqu'à  100 00 euros de bonus !

mardi 4 mars 2014

Ouf ! Youpi !

Ouf ! - J'ai parfois affaire à des personnes que le monde extérieur et ses rigueurs n'affolent pas. 

Elles jouissent d'un bureau, d'un casier et leur nom figure dans un organigramme, assorti de leur grade et de leur catégorie parce que leur environnement de travail est constitué de personnes qui leur ressemblent étrangement et que rien ne les effraie plus que de ne pas savoir où elles mettent les pieds.

Je ne les envie pas, je leur laisse leur confort et leur routine, leur petit monde un peu étriqué et leurs enjeux. Mais il faut reconnaître que c'est parfois très pénible de les voir à l’œuvre, abusant de leurs prérogatives et de la position enviable que leur procure la sécurité de leur situation dans un monde de plus en plus précaire. 

Aujourd'hui, j'ai eu droit aux airs satisfaits et gavés de deux d'entre elles, à leurs échanges de regards rassurés (« Heureusement, j'ai anticipé tout ça ! »), à leur dézingage en règle de la collègue malade que je remplace. 
 En les quittant, j'avais envie de gueuler des grossièretés. Je n'aurai pas à les voir trop souvent, ma précarité consistant entre autres à ne disposer ni de bureau ni de casier, ouf !

Youpi ! - J'ai trouvé un boulot qui m'éloigne du pondoir, de ses téléphones et de son affolante productivité  !


jeudi 27 février 2014

Retour à la galaxie Gutenberg

Un fanzine que j'aimerais bien voir distribuer certains matins dans les transports en commun, à la place de 20 Minutes ou ses équivalents. Le jeune homme chargé, qu'il pleuve ou vente, de nous ravitailler en nouvelles calibrées, à force de recevoir tous les matins un « Non » poli ferme, a fini par s'habituer : il se contente de me sourire timidement.

PS : Tiens, je viens de jeter un coup d’œil sur le programme télé, le prochain épisode de Boulevard du Palais cause des délices du monde du travail. Décidément !

Kèstamatéhalatélé ?

Lundi prochain, c'est les derniers épisodes de Broadchurch.

Et vendredi, Boulevard du Palais reprend. Je ne sais pas s'il s'agit d'anciens épisodes rediffusés en vrac et en dépit du bon sens, à se demander si c'est un entraînement de haut vol destiné à bousculer nos neurones encrassés pour nous préparer à battre tous nos records en matière de reconstitution de puzzle... 

J'aime bien le personnage de Rovère, vieux flic désabusé un rien porté sur la picole. 
J'avoue, comme acteurs français, j'aime bien Balmer et André Wilms.


lundi 17 février 2014

Avant de partir au boulot

Vite fait, parce que j'ai lu ces temps-ci un nombre hallucinant d'articles sur l'Unedic écrits par des journalistes incapables de faire le minimum de recherche nécessaire pour faire comme il faut leur boulot, un lien vers les règles d'indemnisation pour les allocations chômage. 

Donc, non, contrairement à ce que j'ai lu un peu partout (non seulement ils salopent leur boulot mais en plus ils se copient dessus !), il ne suffit pas de travailler 4 mois pour toucher le chômage pendant deux ans.

Et dire qu'il suffit d'une petite recherche qui prend cinq minutes pour découvrir cette vérité que nul chômeur n'ignore... Des fois, on se demande...

samedi 15 février 2014

De ça je me console, Lola Lafon

Petit tour sur les blogs que je consulte régulièrement. Je tombe là-dessus, qui m'a donné envie d'acheter un livre. 

En prime, dans l'article, de quoi s'énerver un peu sur un gros con qui méprise en vrac les bonnes femmes et les pauvres qui lisent des poches dans les transports en commun. 

Le genre de trucs qui me conforte dans ma décision de ne surtout pas lire certains torchons.

un peu de lecture

Je viens de lire ce (très) long article parsemé de fautes. 

Si vous avez un peu de temps, ça vaut le coup, parce que l'article résume les diverses questions que soulève le chômage et le travail salarié dans une société qui nie le chômage de masse qu'elle génère et les souffrances que le fait de travailler dans des conditions dégradées provoquent chez certains travailleurs.

mercredi 5 février 2014

Échange boulot très chiant et mal payé contre sinécure grassement rémunérée avec avantages à chier partout. Annonce sérieuse.

7 heures au téléphone à raconter la même chose, ça laisse le temps aux pensées de vagabonder, aux questions de tourner tandis que la pendule fait son boulot benoîtement dans le coin gauche de l'écran de l'ordinateur. 

Le temps de travail est organisé en session de deux heures ou une heure et demie de travail ("blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla")
avec une pause de quinze minutes entre chaque session. 

Je fuis les pauses : j'ai arrêté de fumer et tout le monde se précipite dehors pour téter goulûment sa clope, tandis que je résiste vaillamment à la tentation d'aller sniffer toute cette bonne nicotine et toutes ces non moins délicieuses cochonneries qui flottent dans l'air. Et puis les discussions sans fin sur le nombre de ventes et est-ce que les primes seront payées, ça m'épuise. 

C'est fou comme c'est l'aventure, la vie sur les plateaux téléphoniques, un monde bourré d'inconnues incertaines et mystérieuses, du genre est-ce que si je cartonne au niveau de mes ventes, j'aurai autant d'argent qu'on me l'a annoncé.

La vie au turbin devient de plus en plus compliquée, et le salaire un sujet sans fin d'expectatives et de supputations.

Les plus méritants et les plus efficaces à pulvériser les objectifs tirent des tronches de trois pieds de long lorsqu'ils reçoivent leur fiche de paie : « Comment ça, je vends comme un mongolien pour me retrouver avec à peine plus du SMIC ? »

Certains de mes collègues, qui s'étaient déjà construit veaux vaches cochons couvées et toute la smala, redescendent brutalement sur terre et se demandent si par hasard on ne leur aurait pas vendu du rêve : ils ont quitté d'autres plateaux ou d'autres boulots pour celui-ci et au final, c'est pour toucher exactement le même salaire, avec un boulot difficile (le fichier n'est pas qualifié et on tape dans le dur du dur en pratiquant de la vente en un temps, les forçats du casque apprécieront), beaucoup de blabla émotionnel mais pas beaucoup de reconnaissance sonnante et trébuchante... et l'impression de moins en moins fugace qu'on nous prend en prime pour des gogos. 

Le travail, c'est décidément l'alpha, l'oméga et tout le tralala !

samedi 1 février 2014

Le travail, c'est la santé !

L'autre matin, Vincent Lindon était en pleine forme sur France Inter. Il vantait les vertus du travail et compatissait bruyamment sur les chômeurs, parce que le travail c'est la santé, comprenez-vous ? 

Sa mine de cocker triste dégoulinait jusque dans mon thé, c'est quelque chose, les acteurs, quand même !

Il était un peu tôt pour évoquer des sujets aussi trapus que la division du travail, la précarisation, la dévalorisation et la répartition des salaires, le rôle des artistes, et l'intense pathos radiophonique semait des yeux dans mon thé.

J'ai préparé ma gamelle pour ma pause déjeuner et me suis propulsée hors de l'appartement. 
 
Le trottoir était mouillé, le ciel menaçait de crever et je me suis dit que mon chef actuel ressemblait un peu à Vincent Lindon, tics compris.
 
 Ça n'a pas beaucoup arrangé les choses.

mercredi 29 janvier 2014

Retour au pondoir

A force de ne pas trouver de travail, vous finissez par arriver en fin de droits. Il s'agit alors d'accepter tout et n'importe quoi, vous avez une gamine en âge d'aller à l'école à élever, sinon vous vous casseriez volontiers à la campagne faire pousser des poules.

Vous voici donc de retour dans un centre d'appels à inciter les naïfs qui laissent traîner leurs coordonnées n'importe où à souscrire à une couverture santé totalement indispensable. 

Tronche de dégoûté de la plupart des gens quand vous leur avouez, un rien honteuse, à quelle activité vous consacrez vos journées. Les gens de gauche vous sauteraient bien à la gueule, vous faites un boulot vraiment inutile, vous participez au grand merdier, vous seriez Satan que ça les étonnerait moyen. Ils vous enveloppent du même mépris que les femmes de ménage. Au moins, elles font un travail dégradant mais utile, est-ce que vous avez bien compris la nuance ? Les gens de droite ne vous causent pas du tout, il faudrait voir à ne pas mélanger les torchons et les serviettes, nous n'avons pas les mêmes valeurs, pas de ça chez nous, etc.

Bref, vous êtes soit une feignasse, soit une moins que rien, c'est agréable, comme sensation !

dimanche 19 janvier 2014

J'aime beaucoup ce que vous faites, mais ça m'embête de vous payer, uniquement à cause de l'argent !

« Fais ce que tu aimes, aime ce que tu fais. »

L'auteur de l'article considère que ce mantra met la pression et dévalorise la vie de ceux qui travaillent pour de sordides raisons d'argent (la majorité des travailleurs, tout de même).

Il rappelle aussi que ce credo amène des gens à travailler gratuitement dans certains secteurs prestigieux ou glamour (médias, mode, etc). Tous les gens qui ont besoin de leur salaire pour vivre sont donc pratiquement absents de ces secteurs (à part dans la production proprement dite, cela va de soi).

Je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle une anecdote que j'ai toujours un grand plaisir à raconter. Un de mes amis musiciens avait dû harceler un édile pour se faire payer une prestation. Le maire a fini par lui affirmer sans rire : « Moi, je voudrais bien vous payer, ce qui m'embête, c'est pour l'argent ! » Mon ami est monté direct sur le bureau du maire, qui a fini par le payer en bramant comme un goret.

Y'a qu'à supprimer les chômeurs, comme ça, y'aura plus de chômage !

C'est si simple qu'on se demande comment ça se fait que quelqu'un n'y a pas pensé plus tôt.

C'est vrai ça,  les chômeurs et ceux qui râlent parce qu'ils pensaient que vivre, c'était autre chose que cavaler après juste de quoi régler les factures, y'a qu'à les forcer à rester dans leurs boulots de merde sans espoir d'en sortir  et aussi les menacer, les précariser et leur promettre des lendemains bien pourris, c'est de leur faute après tout, tout ça. 

Le chômage, la crise, tout ça, c'est de leur faute. Bah si. 

Vous êtes bien d'accord avec moi : s'il n'y avait pas de chômage et de précarité, on serait quand même vachement moins emmerdés. On coulerait des jours paisibles dans nos petites vies bien tranquilles, à aller bosser nos 35 heures, payer nos factures et à rester bien concentrés sur nos vies, histoire de ne surtout pas regarder ni les mecs qui stagnent devant le supermarché canette à la main du matin au soir, ni les tentes qui envahissent peu à peu le dessous du pont qui amène le TGV au cœur de la ville, ni les articles qui parlent des esclaves qui bétonnent à grande échelle pour des dictateurs au nom de la beauté du sport, ni ce qui, ailleurs ou en bas de chez nous, fait que parfois, on se demande.

Les salauds qu'il faut qu'ils paient, c'est ceux-là.

Ceux qui dérangent nos petites vies bien proprettes et bien standardisées.

Ceux qui font exprès d'être de plus en plus nombreux à faire exprès de miner le moral des ménages. 

 Ceux qui râlent parce qu'ils ont des salaires bien inférieurs à ce qu'ils gagnaient il y a dix ans.
 
Ceux qui rechignent parfois à faire des boulots de merde parce que merde, putain, pourquoi ça serait toujours aux mêmes d'en chier et toujours aux mêmes de les encourager à ne pas faire la grimace et à faire contre mauvaise fortune bon cœur, tas de feignasses entretenues à rien foutre.





samedi 18 janvier 2014

Une série bien poilante - Bret et et Jemaine forment le groupe néo-zélandais Flight of the Conchords, qui essaie de percer à New York, grâce au management de Murray, employé à l'ambassade nouvelle-zélandaise. Ils aiment entre autres le rock, le jazz, le rap, le heavy metal et la pop. Bret possède un casque à vélo chevelu et ils auraient dû continuer à partager un mug au lieu de s'endetter gravement pour en acheter un deuxième. Bref, c'est bien barré !,

Une autre série - True Detective. On a parié sur le contenu de l'épisode 2. Addiction violente et instantanée garantie.

lundi 13 janvier 2014

Revenu de base, dernière ligne droite

Demain, date limite pour signer l'initiative européenne pour un revenu de base universel.

Voici un article qui présente la chose. 

Si vous en avez assez 
des incantations 
et des danses de la pluie 
autour du retour 
de la croissance 
et du plein emploi, 

si vous croyez moyennement 
que la courbe du chômage 
va connaître 
une inversion spectaculaire 
à condition qu'on lui fasse les yeux doux, 

Signez cette initiative, 
afin que l'on puisse aborder les vrais problèmes de fond.

dimanche 12 janvier 2014

Ils sont fous, sur Arte !

Journal d'Arte ce soir : rien sur Dieudonné et rien non plus sur les frasques de François Hollande.

samedi 11 janvier 2014

Une vraie teigne, celui-là !

Une vraie teigne, celle-là !

Je reviens sur ce recrutement de stagiaire pour Le Seuil, parce que ça m'énerve. 

Je sais que ça n'étonne plus personne, ces recrutements de gens diplômés et déjà largement efficaces (ils recrutent une personne qui a déjà effectué un stage et vu la liste des trucs qu'elle aura à faire, il vaut mieux qu'elle soit déjà pas mal débrouillée) comme stagiaires. 

Lors de ma formation, on s'est entendus dire par une prof (qui n'avait pas l'air du tout de trouver ça anormal, toujours la même chanson du  
« c'est comme ça, on peut rienyfèèèèèèèèèèèèèèèèèère ») 
que ce qui nous attendait après notre DUT, c'était deux ans de stage mal, voire non, payés. 

Qui peut se permettre de ne pas toucher de salaire pendant deux ans ? 
Qui peut vivre à Paris (où se trouvent la plupart des maisons d'édition, dont Le Seuil) avec 450 euros ? 

Moralité : qui travaille dans l'édition ?

A quoi ça ressemble, une maison d'édition qui participe au et profite du merdier général et qui professe pourtant qu'elle veut donner la parole aux invisibles et aux oubliés ?

jeudi 2 janvier 2014

Journaliste, c'est un métier !

Les intermittents du spectacle n'aiment pas trop qu'on leur raconte des salades à la télé, surtout quand on les attaque au portefeuille. 

Chômeur(se) ou précaire, employé(e) dans un boulot tout pourri parce qu'il faut bien bouffer, c'est aussi ton portefeuille qui est concerné (tu le sais sans doute, la convention Unedic ne va pas tarder à être renégociée, le sujet est épineux, d'autant que la courbe refuse de fléchir dans le bon sens), je te conseille donc de regarder cette vidéo sur le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle, on apprend plein de trucs, en dépit des journalistes... 

Parce que des conneries, tu ne vas pas tarder à en entendre tous azimuts des gros paquets bien ficelés, présentées comme de la vérité qui blesse et qui force les instances qui nous veulent du bien à nous demander de nous serrer la ceinture un cran de plus, des fois que ça nous donnerait l'air intéressant.