lundi 5 mai 2014

Circulez, y'a rien à voir !

Hier soir, vu Les Nouveaux Chiens de garde sur LCP. Sur le plateau, après le film, Franz-Olivier Giesbert, que le monde entier nous envie, Elie Cohen et un chercheur du CNRS avec une mignonne tête de souriceau, dont j'ai oublié le nom, vous n'avez qu'à chercher, j'ai la flemme.

Le film est bien intéressant et pointe le fait que les médias dominants sont trustés par des journalistes et des experts acquis à l'idéologie libérale. Idéologie qui a fait ses preuves, dans la mesure où elle leur permet de profiter d'une position enviable et d'ailleurs, circulez y'a rien à voir, toute critique du monde merveilleux dans lequel vivent les élites est sujette à caution parce qu'elle émane d'envieux et de jaloux et puis aussi parce que c'est forcément de l'idéologie (l'idéologie libérale est, elle, la Vérité Vraie Révélée et apporte joie bonheur prospérité à l'humanité prosternée, amen).

Giesbert accabla le film de son mépris de lumière de la pensée (« bêtasson et con », lâcha-t-il dans un rictus) et ça valait le coup de rester devant son poste pour entendre une critique de ce niveau.

Le chercheur du CNRS parla, lui, de nomenklatura, pratiquement en s'excusant.

La journaliste ne titilla pas les invités présents sur le dîner du Siècle, cercle d'autorités dont font partie Cohen et Giesbert, on aurait pourtant aimé qu'ils nous expliquent qu'on était trop cons pour comprendre l'intérêt de ces réunions entre gens du même monde (cherche pas, tu n'es pas concerné, t'es trop con, moi pareil).

Selon Sa Haute Giesbertitude, c'était même pas grave que les grands journaux soient détenus par des marchands d'armes ou des industriels, vu que les journalistes avaient la possibilité de démissionner pour aller travailler ailleurs s'ils n'étaient pas d'accord avec leur patron. En plus, le film avait oublié de parler du numérique et d'internet, et c'était con et bêtasson, parce que ces nouveaux canaux remettaient tout en question.

La journaliste oublia de le titiller sur la télé publique. Il reste encore quelques chaînes censément de service public et donc on est en droit de demander (en tant que cons de base qui paient leur redevance et se gardent bien de regarder les infos sur France 2, tant ils savent que ce sera au mieux une pâle copie du journal de TF1) à Pujadas de ne pas se rendre à des dîners qui regroupent la fine fleur de la pensée libérale française, afin de garantir une vraie diversité de l'information et pas la soupe tiède qu'on nous sert tous azimuts, sur toutes les chaînes, dans la joie et la bonne humeur.

vendredi 2 mai 2014

Tokyo Freeters

Vu ce soir un documentaire sur les freeters (les jeunes travailleurs précaires japonais) sur LCP. 

Ils sont corvéables à merci, gagnent difficilement de quoi survivre et interrogent une société qui les considère comme des perdants : 

« Face à qui ai-je perdu ? 
Qui sont les gagnants ? »

lundi 28 avril 2014

Une matinée à la radio

Grand bonheur ce matin de rester sous la couette à écouter la radio.

Une dame de droite explique qu'elle est libérale et conservatrice mais pas réactionnaire. Libérale parce qu'elle préfère la liberté à l'égalité et conservatrice parce qu'elle veut préparer l'avenir en conservant les valeurs du passé. Il faut voir les choses en face, on ne peut pas tout changer. Elle a commencé sa carrière de conservatrice en combattant l'idéologie stalinienne de Mai 68. 

Sylvie Testud a appris à jouer d'un instrument de musique en 2 mois et demi pour un rôle.  
« Les acteurs sont des gens qui peuvent faire croire qu'ils peuvent tout faire très bien ! » affirme-t-elle. Si on donne des cours pendant 2 mois et demi à qui que ce soit dans des conditions correctes, qui que ce soit devrait arriver à jouer au moins deux morceaux à peu près correctement, non ?

Temps pourri à l'horizon pour cet après-midi, je vais éteindre la radio et finir mon polar.

 


mardi 22 avril 2014

dans l'ensemble correct


Le Monde, 14 avril 2014, rubrique International

Titre : 
« La longue lutte des ouvrières cambodgiennes du textile »



L’article est signé Florence Beaugé, envoyée spéciale à Phnom Penh.

« Difficile de se faire une idée des conditions de travail au Cambodge. […] Les usines de Canadia Industrial Park sont dans l’ensemble correctes : d’immenses hangars éclairés au néon. Des tables en série, chargées de monceaux de tissu. Des machines à coudre en enfilade. Et des centaines de très jeunes femmes attelées à la tâche, dix heures par jour, six jours sur sept.

Le choc, on l’a plutôt quand on tombe sur les logement des ouvriers, à quelques centaines de mètres. [...] »


Je trouve admirable que des journalistes trouvent dans l’ensemble correct que de très jeunes femmes travaillent 60 heures par semaine (pour un salaire qui ne leur permet pas de vivre décemment, cela va de soi) dans des conditions concentrationnaires.

mardi 15 avril 2014

En arrivant dans la rue, on s'est vraiment retrouvés cons, devant des banderoles qui ne nous concernaient pas

Un tract des Lascars du LEP électronique

NOUS CRITIQUONS !

ETUDIANTS , hier nous étions dans la rue avec vous mais autant vous le dire tout de suite, la réforme « 2 paquets* » on s’en fout ! Pour nous la sélection a déjà joué, l’université nous est fermée, et nos CAP, nos BEP nous mènent out droit à l’usine après un petit tour à l’ANPE**.

Pour nous la critique de la loi « 2 baquets » est inutile ; nous critiquons l’université, nous critiquons les étudiants, nous critiquons l’école, nous critiquons le travail.

L’école nous donne de mauvaises places, l’université vous donne des places médiocres.

Ensemble, critiquons-les !

Mais ne nous dites pas : « il faudra toujours des balayeurs, des ouvriers » ou alors allez-y, les gars, ces places-là, on vous les abandonne de bon cœur, ne vous gênez pas !

ON N’EST PAS PLUS BETES QUE VOUS, ON N’IRA PAS A L’USINE

Si vous critiquez la loi « 2 laquais » qui ne fait qu’empirer une situation mauvaise, vous n’avez rien compris ! Du reste, votre situation n’est pas de beaucoup meilleure que la nôtre. Une bonne partie d’entre vous (60 % paraît-il) abandonnera ses études avant le DEUG ; et ces « mauvais étudiants » auront droit aux mêmes boulots subalternes et mal payés qui sont notre lot. Et quant aux « bons étudiants », qu’ils sachent que les places moyennes qu’ils auront (les bonnes, c’est pas à l’université qu’on les trouve) ont beaucoup perdu de leur prestige et de leur pouvoir. Aujourd’hui, un médecin n’est plus un « MONSIEUR », c’est un employé de la Sécu. Et qu’est-ce qu’un professeur, un avocat ? Il y en a tant…

EUTIDANTS, si vous critiquez seulement la loi « 2 caquets » et pas l’université, vous vous battrez seuls et la loi passera d’un coup ou par petits bouts, VOUS L’AUREZ DANS L’CUL !

Et, si par hasard, elle ne passait pas, alors tout serait comme avant et la moitié d’entre vous se retrouverait dans les bureaux, VOS usines aseptisées.

ETUDIANTS c’est vous qui êtes appelés à gérer cette société et nous à la produire.

SI VOUS BOUGEZ,  SI NOUS BOUGEONS, TOUT PEUT BOUGER.
Mais si vous voulez seulement jouer les apprentis Tapie, si vous voulez seulement gérer loyalement cette société et devenir à moindres frais éducateurs, assistantes sociales, animateurs, inspecteurs du travail, cadres, sociologues, psychologues, journalistes, directeurs du personnel ; pour demain nous éduquer, nous assister, nous animer, nous inspecter, nous informer, nous diriger, nous faire bosser…

ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !

Mais si vous voulez pour commencer, critiquer le système scolaire qui nous exclut, et vous abaisse, si vous voulez lutter avec nous, contre la ségrégation sociale, contre la misère, la vôtre et la nôtre, alors…

FRERES, AVEC NOUS, ON VOUS AIME !

DES LASCARS DU LEP ELECTRONIQUE. DECEMBRE 1986

* Réforme Devaquet
**Agence nationale pour l’emploi. L’ancêtre de Pôle Emploi.

Tract reproduit à la fin de La vie sans mode d'emploi (Désirée et Alain Frappier)

Je te mettrais tout ça au travail, tiens !

vendredi 11 avril 2014

Les lascars du LEP électronique

Je viens d'avoir 50 ans et j'ai reçu des livres et des sous, youkaïdi !

Mon travail en ce moment me confronte avec les surfaces de vente sous toutes leurs formes et je suis bombardée d'objets et de choses en position agressive de tantalisation. Je résiste assez bien d'ordinaire, prenant note au passage des différences énormes d'achalandage d'un quartier à l'autre.

Je résiste sauf quand je me retrouve au rayon livres d'une grande surface qui vend des produits culturels. Je m'étais dit que j'allais m'offrir Revolver des Beatles pour fêter mon cinquantenaire (au passage, un cinquantenaire, c'est la moitié d'un siècle, pas une personne atteinte de 50 ans, qui est un ou une quinquagénaire, c'était mon quart d'heure correctrice arcboutée). 

Et puis, il y avait ce bouquin et son « Putain d'années 80 ! » et après avoir pris le temps (22,50 € pour un livre, ça ne m'arrive jamais, c'est n'importe quoi, je pourrais aussi bien l'emprunter à la bibliothèque), feuilleté un peu la bête (ils ont dû bien se marrer les gars de la sécurité, à observer ma danse du ventre autour de l'objet de ma convoitise, en cercles de plus en plus rapprochés !), j'ai fini par m'en emparer, j'ai traversé rapidement la surface de vente, et effectué mon règlement en caisse la respiration suspendue.

Je viens de l'avaler et je crois que ça va me prendre un peu de temps pour digérer tout ce que cette lecture a fait remonter. J'avoue que c'est aussi un peu pour ça que je l'ai acheté.

lundi 31 mars 2014

« Je vous écris du bureau »

Cacahuètes, cacahuètes !

Ils sont deux et entrent en coup de vent dans le tram. Ils jettent des regards entendus autour d'eux et nous font partager à haute et intelligible voix  leurs fortes pensées :

« C'est une belle ville. Combien d'habitants ?
- 300 000.
- Ah oui quand même... Les immeubles sont très beaux, on comprend mieux pourquoi Juppé se sent à l'aise ici.
- Tu as vu le miroir d'eau ? C'est sympa, hein?»

Je me retiens violemment de m'établir ipso facto vendeuse de cacahuètes, tellement ces deux zigotos me font muter spécimen dans un zoo. Après m'avoir bousculée sans s'excuser (j'espère qu'il est clair que le savoir-vivre n'est pas leur qualité principale), ils s'assoient auprès de deux dames, absolument ravies de participer à cet échange crétin. Lorque le tram s'arrête aux Quinconces, les dames et les deux fâcheux se quittent enchantés d'eux-mêmes tandis que je me demande si je n'ai pas un peu mauvais esprit.

samedi 29 mars 2014

Pierre Bourdieu, c'est un punk, en fait...

« Des conseillers conjugaux aux vendeurs de produits diététiques, ceux qui font aujourd'hui profession d'offrir les moyens de combler l'écart entre l'être et le devoir-être pour tout ce qui touche à l'image ou l'usage du corps, ne pourraient rien sans la collusion inconsciente de ceux qui contribuent à produire un marché inépuisable pour les produits qu'ils offrent en imposant de nouveaux usages du corps et une nouvelle hexis corporelle, celle que la nouvelle bourgeoisie du sauna, de la salle de gymnastique et du ski a découverte pour elle-même, et en produisant du même coup autant de besoins, d'attentes et d'insatisfactions : médecins et diététiciens qui imposent avec l'autorité de la science leur définition de la normalité, « tables des rapports du poids et de la taille chez l'homme normal », régimes alimentaires équilibrés ou modèles de l'accomplissement sexuel, couturiers qui confèrent la sanction du bon goût aux mensurations impossibles des mannequins, publicitaires qui trouvent dans les nouveaux usages obligés du corps l'occasion de rappels à l'ordre innombrables (« surveillez votre poids », etc.), journalistes qui font voir et font valoir leur propre art de vivre dans les hebdomadaires féminins et les magazines pour cadres dorés qu'ils produisent et où ils se produisent, tous concourent, dans la concurrence même qui les oppose parfois, à faire progresser une cause qu'ils ne servent si bien que parce qu'ils n'ont pas toujours conscience de la servir ni même de se servir en la servant.

Et l'on ne peut comprendre l'apparition elle-même de cette petite bourgeoisie nouvelle, qui met au service de sa fonction d'intermédiaire entre les classes de nouveaux instruments de manipulation et qui détermine, par son existence même, une transformation de la position et des dispositions de la petite bourgeoisie ancienne, que par référence aux transformations du mode de domination qui, substituant la séduction à la répression, les relations publiques à la force publique, la publicité à l'autorité, la manière douce à la manière forte, attend l'intégration symbolique des classes dominées de l'imposition des besoins plus que de l'inculcation des normes. »

Pierre Bourdieu, La distinction.

vendredi 21 mars 2014

Big Brother is listening to U

Ces derniers temps, la peur du stalinisme est à son comble et tout citoyen attaché aux vraies valeurs de la République redoute que la Stasi ou les camps sibériens n'envahissent notre beau pays.

Les commerçants adoptent des airs doctes et hochent le chef avec componction afin de vous faire sentir à quel point il serait regrettable que les communistes ne renouvellent leurs sinistres expériences. 

Si vous vous aventurez à leur poser deux ou trois questions, vous constatez vite que leur connaissance de l'histoire reste fragmentaire et surtout empreinte d'une forte idéologie : « Faudrait pas que les feignants d'extrême-gauche viennent me retirer ce que j'ai acquis honnêtement et à la sueur de mon front et les peigne-culs qui confondent patron et ouvriers, faudrait les pendre haut et court. »

Citoyen, si tu souhaites affermir ta foi en l'idéal républicain en lui opposant des contre-exemples frappants et redoutables, pas la peine d'aller chercher outre-Rhin, la France a vécu une période dictatoriale il n'y a pas si longtemps, ça s'appelait le pétainisme, c'était affilié avec le nazisme, et acoquiné avec le franquisme et le fascisme. 

La dictature de la bêtise n'est-elle pas la plus dangereuse, finalement, on se demande, hein ?


jeudi 20 mars 2014

Entrez m'sieur dans l'humanité - J. Dutronc



♪♫ 

Parfois, les winneurs eud'la life 
fatiguent et ennuient. 

Vous aimeriez leur dire 
tout ce vous en pensez, 
de leur cirque, de leur foire 
et de leurs vanités. 

Mais leur problème majeur, 
c'est qu'à leurs yeux, personne 
- et vous moins que quiconque - 
n'est qualifié comme interlocuteur valab', 
dans la mesure où vous gagnez 
moins de tant par mois. 

Alors, vous économisez votre salive. 

Et vous fredonnez cette chanson.

mercredi 12 mars 2014

Maxim's - Serge Reggiani


Cette chanson signée Gainsbourg est venue sautiller narquoisement dans ma tête à l'écoute des infos, et en particulier de la bonne nouvelle du jour : le bien public, ça peut rapporter gros, jusqu'à  100 00 euros de bonus !

mardi 4 mars 2014

Ouf ! Youpi !

Ouf ! - J'ai parfois affaire à des personnes que le monde extérieur et ses rigueurs n'affolent pas. 

Elles jouissent d'un bureau, d'un casier et leur nom figure dans un organigramme, assorti de leur grade et de leur catégorie parce que leur environnement de travail est constitué de personnes qui leur ressemblent étrangement et que rien ne les effraie plus que de ne pas savoir où elles mettent les pieds.

Je ne les envie pas, je leur laisse leur confort et leur routine, leur petit monde un peu étriqué et leurs enjeux. Mais il faut reconnaître que c'est parfois très pénible de les voir à l’œuvre, abusant de leurs prérogatives et de la position enviable que leur procure la sécurité de leur situation dans un monde de plus en plus précaire. 

Aujourd'hui, j'ai eu droit aux airs satisfaits et gavés de deux d'entre elles, à leurs échanges de regards rassurés (« Heureusement, j'ai anticipé tout ça ! »), à leur dézingage en règle de la collègue malade que je remplace. 
 En les quittant, j'avais envie de gueuler des grossièretés. Je n'aurai pas à les voir trop souvent, ma précarité consistant entre autres à ne disposer ni de bureau ni de casier, ouf !

Youpi ! - J'ai trouvé un boulot qui m'éloigne du pondoir, de ses téléphones et de son affolante productivité  !


jeudi 27 février 2014

Retour à la galaxie Gutenberg

Un fanzine que j'aimerais bien voir distribuer certains matins dans les transports en commun, à la place de 20 Minutes ou ses équivalents. Le jeune homme chargé, qu'il pleuve ou vente, de nous ravitailler en nouvelles calibrées, à force de recevoir tous les matins un « Non » poli ferme, a fini par s'habituer : il se contente de me sourire timidement.

PS : Tiens, je viens de jeter un coup d’œil sur le programme télé, le prochain épisode de Boulevard du Palais cause des délices du monde du travail. Décidément !

Kèstamatéhalatélé ?

Lundi prochain, c'est les derniers épisodes de Broadchurch.

Et vendredi, Boulevard du Palais reprend. Je ne sais pas s'il s'agit d'anciens épisodes rediffusés en vrac et en dépit du bon sens, à se demander si c'est un entraînement de haut vol destiné à bousculer nos neurones encrassés pour nous préparer à battre tous nos records en matière de reconstitution de puzzle... 

J'aime bien le personnage de Rovère, vieux flic désabusé un rien porté sur la picole. 
J'avoue, comme acteurs français, j'aime bien Balmer et André Wilms.


lundi 17 février 2014

Avant de partir au boulot

Vite fait, parce que j'ai lu ces temps-ci un nombre hallucinant d'articles sur l'Unedic écrits par des journalistes incapables de faire le minimum de recherche nécessaire pour faire comme il faut leur boulot, un lien vers les règles d'indemnisation pour les allocations chômage. 

Donc, non, contrairement à ce que j'ai lu un peu partout (non seulement ils salopent leur boulot mais en plus ils se copient dessus !), il ne suffit pas de travailler 4 mois pour toucher le chômage pendant deux ans.

Et dire qu'il suffit d'une petite recherche qui prend cinq minutes pour découvrir cette vérité que nul chômeur n'ignore... Des fois, on se demande...

samedi 15 février 2014

De ça je me console, Lola Lafon

Petit tour sur les blogs que je consulte régulièrement. Je tombe là-dessus, qui m'a donné envie d'acheter un livre. 

En prime, dans l'article, de quoi s'énerver un peu sur un gros con qui méprise en vrac les bonnes femmes et les pauvres qui lisent des poches dans les transports en commun. 

Le genre de trucs qui me conforte dans ma décision de ne surtout pas lire certains torchons.

un peu de lecture

Je viens de lire ce (très) long article parsemé de fautes. 

Si vous avez un peu de temps, ça vaut le coup, parce que l'article résume les diverses questions que soulève le chômage et le travail salarié dans une société qui nie le chômage de masse qu'elle génère et les souffrances que le fait de travailler dans des conditions dégradées provoquent chez certains travailleurs.

mercredi 5 février 2014

Échange boulot très chiant et mal payé contre sinécure grassement rémunérée avec avantages à chier partout. Annonce sérieuse.

7 heures au téléphone à raconter la même chose, ça laisse le temps aux pensées de vagabonder, aux questions de tourner tandis que la pendule fait son boulot benoîtement dans le coin gauche de l'écran de l'ordinateur. 

Le temps de travail est organisé en session de deux heures ou une heure et demie de travail ("blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla")
avec une pause de quinze minutes entre chaque session. 

Je fuis les pauses : j'ai arrêté de fumer et tout le monde se précipite dehors pour téter goulûment sa clope, tandis que je résiste vaillamment à la tentation d'aller sniffer toute cette bonne nicotine et toutes ces non moins délicieuses cochonneries qui flottent dans l'air. Et puis les discussions sans fin sur le nombre de ventes et est-ce que les primes seront payées, ça m'épuise. 

C'est fou comme c'est l'aventure, la vie sur les plateaux téléphoniques, un monde bourré d'inconnues incertaines et mystérieuses, du genre est-ce que si je cartonne au niveau de mes ventes, j'aurai autant d'argent qu'on me l'a annoncé.

La vie au turbin devient de plus en plus compliquée, et le salaire un sujet sans fin d'expectatives et de supputations.

Les plus méritants et les plus efficaces à pulvériser les objectifs tirent des tronches de trois pieds de long lorsqu'ils reçoivent leur fiche de paie : « Comment ça, je vends comme un mongolien pour me retrouver avec à peine plus du SMIC ? »

Certains de mes collègues, qui s'étaient déjà construit veaux vaches cochons couvées et toute la smala, redescendent brutalement sur terre et se demandent si par hasard on ne leur aurait pas vendu du rêve : ils ont quitté d'autres plateaux ou d'autres boulots pour celui-ci et au final, c'est pour toucher exactement le même salaire, avec un boulot difficile (le fichier n'est pas qualifié et on tape dans le dur du dur en pratiquant de la vente en un temps, les forçats du casque apprécieront), beaucoup de blabla émotionnel mais pas beaucoup de reconnaissance sonnante et trébuchante... et l'impression de moins en moins fugace qu'on nous prend en prime pour des gogos. 

Le travail, c'est décidément l'alpha, l'oméga et tout le tralala !

samedi 1 février 2014

Le travail, c'est la santé !

L'autre matin, Vincent Lindon était en pleine forme sur France Inter. Il vantait les vertus du travail et compatissait bruyamment sur les chômeurs, parce que le travail c'est la santé, comprenez-vous ? 

Sa mine de cocker triste dégoulinait jusque dans mon thé, c'est quelque chose, les acteurs, quand même !

Il était un peu tôt pour évoquer des sujets aussi trapus que la division du travail, la précarisation, la dévalorisation et la répartition des salaires, le rôle des artistes, et l'intense pathos radiophonique semait des yeux dans mon thé.

J'ai préparé ma gamelle pour ma pause déjeuner et me suis propulsée hors de l'appartement. 
 
Le trottoir était mouillé, le ciel menaçait de crever et je me suis dit que mon chef actuel ressemblait un peu à Vincent Lindon, tics compris.
 
 Ça n'a pas beaucoup arrangé les choses.